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Rhétorique politique de guerre dans la pandémie de Covid-19

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Propagation de la pandémie de Covid-19 en Europe

La rhétorique politique de guerre dans la gestion de crise de la pandémie de Covid-19 est l'ensemble du discours politique international majoritaire pour désigner la pandémie de Covid-19.

L'attribution de la métaphore de la guerre à une crise sanitaire a fait polémique, notamment la quatrième allocution télévisée du règne de la reine Élisabeth II où elle fait explicitement parallèle avec la Seconde Guerre mondiale et en France, où l'expression « Nous sommes en guerre », « une guerre sanitaire » a été mise en exergue par la presse écrite pour évoquer la métaphore filée au long des discours gouvernementaux d'annonces sanitaires. Cette phrase choc des discours martiaux de gestion de crise épidémiologique utilisée par divers gouvernements, notamment par le président de la République française Emmanuel Macron lors de ses allocutions télévisées en réponse à la crise sanitaire contre la Covid-19, alors en pleine expansion pandémique en France est largement commentée et reprise dans tous les médias français et internationaux pour désigner les positions stratégiques de communication en pleine crise sanitaire pandémique.

Cette symbolique martelée introduit une communication nudge qui consiste à conditionner l'opinion de la société en vue de la faire agir mieux dans le sens de l'intérêt personnel et dans le sens de l'intérêt général. En ce sens, les moyens mis en place par le gouvernement français parallèlement à d'autres est un exemple d'application de l'ingénierie sociale. L'originalité est d'introduire par la métaphore de la guerre l'annonce de mesures sanitaires dont l'ampleur s'étend à toute la population française et tous secteurs économiques confondus, ayant donné naissance à la législation d'un état d'urgence sanitaire (restriction des libertés publiques) sans comparaison dans l'histoire.

La rhétorique choisie a été analysée en sciences humaines, en psychologie, en sémiologie et en rhétorique politique. Une étude pluridisciplinaire (« Com-Covid-19 ») conduite à l'université d'Aix-Marseille révèle comment la communication présidentielle française axée sur un discours guerrier n'a produit un effet moindre par rapport aux messages assertifs. Un groupe de linguistes espagnols et anglais ont initié une campagne de métaphores alternatives, et un collectif d'experts français en promotion de la santé recommandent de changer de communication.

Rhétorique martiale[modifier]

Le Covid-19 a généré diverses métaphores bien que les métaphores de guerre dominent le discours, comme l'ont noté les médias en France[1], en Espagne[2], au Royaume-Uni[3] et aux États-Unis[4], et ont fait l'objet de questionnements[5] et de suspicions : « Les dirigeants se tournent vers les métaphores du champ de bataille. Mais ce sont vos libertés civiles qui sont attaquées »[6]

En Roumanie, comme en Chine, Italie, et France, la police diffuse des messages sur ordre du gouvernement, parfois par drones.

Annonces de la police en Roumanie : Stay at home! Obey the Military Ordinance! Observe the rules and curfew schedules! (Traduction : Restez chez vous ! Obéissez à l'ordonnance militaire ! Respectez les règles et les horaires de couvre-feu !), 28 mai 2020

Lors de la pandémie de Covid-19, le Premier ministre de Grèce, Kyriákos Mitsotákis, a également utilisé la métaphore[7]. Le commissaire européen, chargé de la politique industrielle, du marché intérieur, du numérique, de la défense et de l'espace, Thierry Breton, a déclaré : « Nous sommes en guerre contre le virus. Une guerre économique. »[8]

Le vocabulaire choisi pour parler de l'épidémie est moins martial en Belgique selon le politologue André Dumoulin[9].

Le Président allemand Frank-Walter Steinmeier a pris le contre-pied du Président français lors d'une allocution télévisée : « Non, cette pandémie n'est pas une guerre. Les nations ne s'opposent pas à d'autres nations, les soldats à d'autres soldats. C'est un test de notre humanité » (voir l'allocution du Président Allemand dans i24News-AFP, 11 avril 2020)[10].

« La chancelière allemande Angela Merkel a fait le parallèle avec la Seconde Guerre mondiale dans son discours de couronnement. La reine Elizabeth a également comparé le déclenchement de la crise pandémique au début de la Seconde Guerre mondiale. Ne serait-ce que parce que, comme à l'époque, elle se sentait obligée de s'adresser à la nation britannique. »[11].

Le Premier ministre du Royaume-Uni Boris Johnson a déclaré : « Nous devons agir comme tout gouvernement de guerre et faire tout ce qu'il faut pour protéger notre économie. » Simon Jenkins commente : « Jamais, au grand jamais, un gouvernement ne devrait utiliser la guerre comme une métaphore en temps de paix »[12].

Le président des États-Unis Donald Trump a déclaré : « Je suis président de guerre. C'est une guerre - un genre de guerre différent de celui que nous ayons jamais eu »[13]. Après l'élection présidentielle américaine de 2020 le 46e président des États-Unis Joe Biden déclare la guerre au Covid-19[14] et promet un « effort de guerre massif »[15].

Le gouvernement indien a édité des timbres célébrant les « vainqueurs » de l'épidémie.

Timbres indiens : Tribute to COVID 19 Warriors (Hommage aux guerriers du Covid 19)

Les métaphores de la guerre sont également rencontrées en Indonésie, à Singapour et en Malaisie. En Indonésie, le président Joko Widodo a invité les dirigeants du G20 à « mener une guerre »[16] : selon lui, les Indonésiens peuvent combattre l'assaut parce qu'ils sont une « nation de combattants »[17]. À Singapour, le Premier ministre Lee Hsien Loong rappelle que « le monde est dans une bataille qui s'intensifie et la bataille sera longue ». Les citoyens sont directement impliqués, au « frontline », mot d'origine militaire en relation avec le virus. En Malaisie, le Premier ministre Muhyiddin Yassin utilise également des métaphores de guerre : le Covid-19 est une source de préoccupation sérieuse et tout le monde devrait avoir une responsabilité dans « la guerre ».

Cependant, certains dirigeants ont utilisé d'autres métaphores. La reine du Danemark Margrethe II a qualifié le virus d'« hôte dangereux dans nos maisons »[18], [19].

Au Québec, le choix s'est porté sur un message de communication positive : Ça va bien aller.

L'Organisation mondiale de la santé déclare le la flambée épidémique due au 2019-nCoV comme urgence de santé publique de portée internationale pour prévenir sa transmission interhumaine à l'extérieur de la Chine[20].

En Angleterre[modifier]

Le , Élisabeth II s'adresse à la nation britannique et au Commonwealth lors d'une allocution télévisée exceptionnelle, la quatrième depuis le début de son règne, enregistrée depuis le château de Windsor où la reine est confinée avec son époux. Portant masque et gants, elle déclare : « J’espère que dans les années à venir, tout le monde pourra être fier de la façon dont [le peuple britannique] a répondu à ce défi. Ceux qui nous succéderont diront que les Britanniques de cette génération étaient aussi forts que tous. Que les attributs de l’autodiscipline, de la bonne résolution tranquille et de la camaraderie caractérisent toujours ce pays »[21].

Les commentateurs ont insisté sur le parallèle que la reine a dressé entre la crise actuelle et la Seconde Guerre mondiale, qu'elle a vécue adolescente. Elle fait une allusion à une chanson très populaire pendant la guerre, elle a terminé son adresse par les mots « We Shall Meet Again » (nous nous retrouverons)[21].

Le suivant, à l'occasion des commémorations de la fin de la Seconde Guerre mondiale, la reine prononce un nouveau discours, diffusé sur la BBC à 20 heures, soit l'heure exacte à laquelle son père le roi George VI s'était exprimé à la radio en 1945, dans lequel elle appelle notamment les Britanniques à ne « jamais perdre espoir »[22].

En Belgique[modifier]

le nouveau porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus, Yves Van Laethem, parle d'« un relâchement post-combat » [23].

Au Canada[modifier]

L’équipe du premier ministre du Québec François Legault utilise des termes guerriers adéquat dans le contexte. L’utilisation de ce langage pouvant nous aider à comprendre son urgence, son importance et les opérations essentielles[24].

En France[modifier]

En France, le président Emmanuel Macron a fait deux allocutions à rhétorique martiales, notamment avec sa punchline « Nous sommes en guerre » volontairement répétée et déployée. Le nombre de sources, d'articles rédigés par politistes, philosophes, épidémiologistes, la couverture médiatique, en font une des phrases marquantes de son quinquennat.

Contexte[modifier]

Les discours d'annonce dans lesquelles elle a été dite le 16 mars 2020 et réemployée le 25 mars suivant. Cette citation du président Emmanuel Macron étant la dominante du corps rhétorique de ses discours et servant au cadre d'introduction de ses séries d'annonces sanitaires[25], est l'emblème de sa position politique en contexte de réponse sanitaire. Cette rhétorique est analysée par le doctorant Damien Deias, spécialiste en sciences du langage en politique, comme une métaphore filée « qui dépasse le cadre des petites phrases »[26]. Selon lui, c'est les médias qui ont sélectionné l'une de ses « portions de discours qu'ils jugent remarquables »[26], et qui leur et si ciselée qu'elle leur est fournie. Cette rhétorique marque « un changement de stratégie de discours avec un retour à la solennité »[26]. Le Premier ministre Édouard Philippe l'a précédé deux jours plus tôt : « Nous sommes en guerre ! » « Nous sommes en guerre sanitaire ! » rappelle Jean Gicquel, un juriste français[27]

Au cours de la journée du , François Braun, président de Samu-Urgences de France, décrit l'état des services d'urgence et parle du combat des professionnels de santé de la région de Mulhouse (épicentre de l’épidémie en France) contre le coronavirus en déclarant au micro de la radio RTL : « Nous sommes en guerre »[28].

Le au matin, une coordination européenne a lieu entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen, Charles Michel, la chancelière allemande, Angela Merkel et le président français, Emmanuel Macron[29]. C'est un équilibre des menaces (formation d'alliances entre États à partir de la perception de menace de la part d'entités étrangères) qui explique qu'à l'issue de cette réunion, le président français annonce sur Twitter qu'il prendra « des décisions exigeantes dans les prochaines heures[30] ». L'après-midi, il convoque un conseil restreint de Défense à l'Élysée[29], et la progression de la Covid-19 est, au même moment, qualifiée d'« inquiétante » par le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, au vu de la « courbe exponentielle » de l'épidémie entraînant l'augmentation du nombre de personnes atteintes et donc de morts[31],[32].

Sémantique commune des allocutions[modifier]

Le discours du est une allocution depuis le palais de l'Élysée, celui du est un discours devant l'hôpital militaire déployé à Mulhouse qu'il venait de visiter, épicentre de la pandémie.

La sémantique commune de ces discours est celle du combat pour sauver des vies. Les acteurs cités le sont avec un vocabulaire ordinairement réservé aux temps de guerre, et transposé à des fins politiques dans le domaine d'urgence sanitaire. Émetteur des principales annonces prises, le président Emmanuel Macron les donne au sein d'un discours dont la rhétorique est celle d'une guerre non-belliqueuse mêlée d'un imaginaire belliqueux.

La punchline présidentielle met en relief le paradoxe de devoir prendre des mesures militaires alors même que « jamais la France n'avait eu à prendre de telles décisions par temps de paix » selon le président français. Le caractère exceptionnel de l'utilisation volontaire de cette formule est destinée aussi à laisser trace dans l'histoire, et permet de faire contre-poids aux critiques de manque de vigueur dans les décisions du président.

La dramaturgie, appliquée à ces discours d'annonces, est faite des tensions sous-jacentes que le président doit surmonter, et comment il s'y prend pour les résoudre. Il doit tenir un discours de crise voire de drame sans faire paniquer ses auditeurs ni leur paraître autoritaire, tenir la fermeté attendue dans des mesures capables de trancher entre l'impopularité éventuelle de l'autorité et les recommandations scientifiques, et prendre son rôle de chef des armées mais sans nationalisme et en union avec les pays voisins. L'enjeu est l'unité nationale, au-delà des clivages politiques et des polémiques.

Allocution du [modifier]

La formule est employée la première fois par le président de la République française Emmanuel Macron pour annoncer la quarantaine nationale, lors de sa seconde allocution sur les chaînes télévisées françaises au sujet de l'épidémie le au soir.

Dans son discours du , la phrase « Nous sommes en guerre » est prononcée à six reprises[33],[34], martelée[34] pour marquer les esprits. Mais « il peut en outre être contre-productif d'asséner le même message sans relâche »[35]. Au cours de la allocution citée, il précise : « Nous sommes en guerre, en guerre sanitaire, certes : nous ne luttons ni contre une armée, ni contre une autre Nation. Mais l'ennemi est là, invisible, insaisissable, qui progresse. Et cela requiert notre mobilisation générale. »

Mesures d'« état d'urgence sanitaire »[modifier]

La mesure massive annoncée au cours du discours présidentiel du est le confinement de 2020 en France pour « au moins 15 jours ». Il a aussi annoncé le déploiement d'un hôpital de campagne par l'armée à Mulhouse. Les autres mesures annoncées sont :

  • Tous les déplacements seront réduits au strict nécessaire, les « réunions familiales ou amicales ne seront plus permises », chaque infraction à cette nouvelle règle « sera sanctionnée » ;
  • Les frontières de l'espace Schengen seront fermées ;
  • Les voyages entre pays non européens et de l'Union européenne seront suspendus. Les ressortissants français pourront tout de même rentrer en France ;
  • Le second tour des élections municipales est reporté. Toutes les réformes en cours sont elles aussi "suspendues", "y compris la réforme des retraites". Un projet de loi permettant au gouvernement de répondre à l'urgence et, lorsque nécessaire, de légiférer par ordonnances dans les domaines relevant strictement de la gestion de crise, sera présenté en Conseil des ministres sous 48 heures[36] ;
  • Une nouvelle politique des préservations des masques est instaurée. Ceux-ci sont désormais réservés en priorité pour les hôpitaux et médecins ;
  • Un service minimum de garde pour les enfants des soignants est mis en place. Les taxis et les hôtels seront mobilisés pour le personnel des hôpitaux ;
  • Les loyers et les factures d'eau, gaz et électricité devront être suspendus pour les « plus petites » entreprises « livrées au risque de faillite »[37].

Cette politique d'urgence a ainsi introduit un « état d'urgence sanitaire », déclinaison inédite de l'état d'urgence permettant l'instauration des mesures restrictives de libertés, en raison du danger sanitaire pandémique de la Covid-19. Ces discours de « guerre sanitaire » se concrétisent par une série de mesures sans précédent dans l'histoire du pays et de l'Union européenne[10], tel que le confinement de la France, la fermeture des frontières de l'espace Schengen et l'Union européenne pendant un minimum de 30 jours[38], ou des opérations militaires sanitaires de l'armée française comme l'opération Résilience.

Au cours de la première semaine de confinement national, un « état d'urgence sanitaire » est décrété[39] et s'ajoute au Code de la santé publique (il est le chapitre Ier bis « État d'urgence sanitaire », du titre III du livre Ier de la troisième partie, et forme les articles L3131-12 à L3131-20) applicable jusqu'au [40]. C'est un régime qui encadre le confinement, et qui instaure d'autres mesures restrictives : un encadrement plus strict des sorties, de nouvelles règles pour les marchés et les transports[41].

Cet « état d'urgence sanitaire » s'accompagne de la suspension de « toutes les réformes », notamment la plus emblématique : celle des retraites, mais non les lois bioéthiques. Cependant, le premier tour des élections municipales est maintenu[42].

Allocution à Mulhouse le [modifier]

À la suite de sa visite de l'hôpital de campagne le déployé à Mulhouse à sa demande, le président français a tenu un discours de soutien au personnel soignant et à tous les travailleurs obligés de rester en activité[43], répétant à nouveau plusieurs fois le terme de « guerre »[44]. Cette nouvelle prise de parole intervient avant l'annonce de la prolongation du confinement, dans la semaine où la France se trouve dans « la pire semaine » depuis le début de l'épidémie d'après l'ancien Directeur général de la santé William Dab, avec le nombre de cas qui double tous les quatre jours[45].

Dans son discours du , le terme de « guerre » est repris six fois, la phrase « Nous sommes en guerre » est reprise une fois, et dans une autre occurrence il y renvoie : « Je vous ai dit il y a quelques jours que nous étions engagés dans une guerre. Lorsqu'on commence une guerre, on s'y engage tout entier, on s'y mobilise. »[44]. Il structure tout ce discours autour d'une typologie de guerre (voir sections suivantes). De manière moins métaphorique dans ce discours que dans le précédent, il précise qu'il entend par cette « guerre » une « mobilisation » déployée, et le fait de « faire bloc »[44].

Ainsi le champ lexical de la lutte se concrétise dans le déploiement militaire en renfort des hôpitaux de la région de Mulhouse, plus important foyer épidémique de France, ainsi que pour le contrôle des laissez-passer requis pour tout déplacement fait par la population.

Mesures de « défense sanitaire »[modifier]

Cette allocution du annonce une opération militaire française en métropole et en Outre-mer : l'Opération Résilience[46]. Cette opération « sera entièrement consacrée à l'aide et au soutien aux populations, ainsi qu'à l'appui aux services publics pour faire face à l'épidémie, en métropole et en Outre-mer. »[44]. Dans le cadre de cette opération, le porte-hélicoptères amphibie Mistral est envoyé dans le sud de l'océan Indien, et le porte-hélicoptères Dixmude à partir de début avril dans la zone Antilles-Guyane[43].

Le lendemain, , le Premier ministre français annonce une prolongation du confinement jusqu'au au moins[47].

Quelle ingénierie sociale[modifier]

Citation volontairement emblématique[modifier]

Le discours donné par les dirigeants politiques ont un poids : leur position de force garantit la diffusion de leurs idées, et leur position signifie souvent que de nombreuses personnes leur font confiance. Les dirigeants influencent notre perception du Covid-19 et peuvent augmenter ou diminuer la panique. Outre les politiciens, les médias influencent notre perception[48]. Le sentiment de conflit inspire des métaphores connexes. Par exemple, les États-Unis sont un « pirate moderne » qui détourne les livraisons de masques[48].

Alors que la phrase « Restez chez vous » couvre les médias en France, l'expression Nous sommes en guerre est souvent retenue comme emblème du coup d'arrêt marqué par le confinement national pour l'année 2020[49],[50].

Emmanuel Macron a justifié après-coup l'emploi de cette expression en vue de créer un « électrochoc »[51],[52]. Il a d'ailleurs réutilisé l'expression en désignant sa propre contamination (je suis en guerre)[53].

Fin 2020, la citation a endossé une charge symbolique forte dans son "nous", les citoyens ayant traversé ensemble plus de trois mois confinement national : ce pronom personnel symbolise la mobilisation nationale citoyenne exprimée et incarnée par le président.« Classiquement le représentant politique est biface, double médiateur : d’un côté, il exprime une force qui le légitime, il est le messager d’une référence qu’il rend présente en l’incarnant, et de l’autre, il est l’expression d’une population qui l’a choisi ou élu dont il redouble la présence »[54].

Stratégie de communication[modifier]

La durée de ces allocutions présidentielles françaises conjuguée à l'attente des annonces ayant donné un audimat record pour un président en fonction, sont analysées comme tournant de communication et de position politique d'Emmanuel Macron, et ne s'identifie pas à une simple macronade. Cette stratégie est ainsi analysée par Christophe de Voogd, docteur en Histoire, spécialiste des idées et de la rhétorique politiques à Sciences Po de Paris :

« L’on se souvient des discours-fleuves de la campagne électorale ou des grands panoramas européens d’Athènes et de la Sorbonne ; et plus encore, des marathons du Grand débat. Même dans ses allocutions, forme normalement brève de la communication publique, le président ne fait jamais sous les 20 minutes. Or, règle d’or de la rhétorique, en situation de crise majeure le chef doit faire bref. Lincoln à Gettysburg, de Gaulle et Churchill à Londres restaient sous les 5 minutes. Roosevelt, après Pearl Harbour, sous les 8 minutes. Et que dire de ce qui est probablement le meilleur discours politique jamais émis en France, celui du 30 mai 1968, par de Gaulle encore : 2 minutes 40 ? »

— Christophe de Voogd, Emmanuel Macron, du discours du progrès à la rhétorique de guerre : le changement dans la continuité, Revue politique et parlementaire, Colin, avril 2020[55]

Le lexique est recherché et le texte est dense : c'est un « rendez-vous symbolique avec les Français » que Macron a donné[35]. À titre de comparaison, « les allocutions, déclarations et adresses à la Nation de François Hollande à la suite des attentats de janvier et novembre 2015 duraient toutes moins de cinq minutes en moyenne. Quant à la déclaration clef du président du Conseil italien Conte du 11 mars 2020, elle durait un peu plus de neuf minutes ; celle d'Angela Merkel douze minutes le 19 mars. La longueur de ces prises de parole n'est pas anecdotique car le message en se diluant perd de sa force et son auteur de son autorité. »[35].

Pierre-louis Boyer, maître de conférences en Droit à l'Université du Mans, pense que cette communication dénote « un basculement au réalisme » présidentiel, de type aristotélicien[56].

Devant les incertitudes gouvernementales quant aux réponses à apporter à la pandémie, invoquer la notion faussement claire de guerre présenterait des similitudes avec brouillard en temps de guerre[57]. Il y aurait une tentative d'établir une hégémonie politique par l'influence verbale dans l'optique d'une ingénierie sociale empruntant des ressorts de la gestion de la perception.

Mesure de l'efficacité de cette ingénierie sociale[modifier]

L'impact social de la rhétorique politique de guerre appliquée à la situation de pandémie a été analysée en psychologie comportementale. Une étude pluridisciplinaire conduite à l'université d'Aix-Marseille à l'IMSIC (Institut mediterranéen des sciences de l'information et de la communication)[58] a publié les premiers résultats suivants :

« Quatorze chercheurs ont testé, dans un processus rigoureux auprès de deux panels de 1 200 personnes, les messages qui ont été les plus efficaces. Verdict : les discours les plus épurés (« restez chez vous ») ou incitant à protéger sa famille et à se protéger soi-même ont eu le plus d’impact. La phrase d’Emmanuel Macron « nous sommes en guerre contre le virus » n’arrive qu’en septième position sur un total de 12 messages testés. Quant aux appels à l’unité de la nation et au lien collectif, ils font carrément un flop : les messages affirmant que les Français sortiront plus forts de cette crise (10e position), que la nation est avec les Français et qu’elle sera reconnaissante (11e position), ou que chacun doit se comporter comme tous les autres Français (12e position) arrivent derniers du classement. »

— Géraldine Woessner, Emmanuel Macron et le pouvoir du « nudge », Le Point, 4/06/2020[59].

Message du gouvernement français sur les téléphones portables le .

Selon eux, les meilleurs messages à faire passer par les pouvoirs publics pour se protéger du Covid-19 seraient plus efficaces selon le sexe : « des messages épurés pour les femmes, autoritaires pour les hommes »[58].

Pertinence de cette rhétorique[modifier]

La rhétorique de guerre est transposée à la santé. Les acteurs en présence sont les soignants, le contrôle policier, la population civile dans son ensemble, et la sollicitation d'opérations non-belliqueuses organisées par l'armée. Pourtant la forme de mobilisation citoyenne est l'immobilisation de la quasi-totalité de la population civile, soumise à des couvre-feux limités décrétés dans certaines localités, n'est pas une mobilisation armée mais solidaire, en contradiction avec le terme de guerre. Les notions de contraintes de guerre, protection de guerre, effort de guerre sont présents depuis ce discours, accompagnés de l'idée de chamboulement de la vie familiale, sociale, et économique, à toutes les échelles jusqu'à un niveau international.

Cependant, des analystes perçoivent dans cette « rhétorique martiale »[60] que la relation du combat de l'épidémie avec la guerre serait analogique, le virus étant un ennemi sans « intentionnalité ». L'imaginaire rhétorique se puiserait dans un imaginaire du XXe siècle sur l'ennemi invisible[61]. Veronika Koller (en), linguiste à l'Université de Lancaster, « Le virus n'est pas un ennemi, un virus n'a aucune hostilité »[62].

La question de vivre une guerre est très régulièrement soulevée[63], [64].

Elle entraîne des comparaisons tirées de l'histoire[65], ou de comparaisons d'ordre rhétorique : à propos du manque de masques « …le sentiment de faire la guerre de 14 avec les armes de 1870 »[66].

En France comme à l'international, cette phrase est retenue en titre et a reçu de nombreuses critiques, qui montrent qu'on ne peut sérieusement parler de « guerre sanitaire »[67].

Point de vue historique[modifier]

« Le langage guerrier fait partie de notre discours depuis si longtemps qu'il passe généralement inaperçu. Lorsque la grippe espagnole a frappé l'Angleterre durant l'été 1918, les journaux ont averti leurs lecteurs de préparer des "défenses" contre la maladie. Très vite, ils ont décrit la grippe comme un "nouvel ennemi", et les gens ont paniqué, achetant de la quinine en panique »[68]. La métaphore de combat n'était pas arrivée dès les premières semaines de contagion. En effet, les professeurs Hayagreeva Rao et Henrich R. Greve relèvent qu'au début de la grippe espagnole en Europe, « les journaux l'ont dépeinte comme un symptôme de "frissons", et à mesure que la grippe devenait plus virulente, elle a été décrite comme une peste ou traitée comme un ennemi. Le schéma de la couverture médiatique en Angleterre en est une illustration. Par exemple, au cours de la première semaine de juin, le Daily Mail en Angleterre avait un titre intitulé "La grippe arrive" et informait ses lecteurs que ce n'était pas pire qu'un rhume, mais les invitait à préparer leurs "défenses". Fin juillet 1918, le Salford Reporter en Angleterre l'a décrit comme un "nouvel ennemi" et les chimistes ont fait état d'un achat panique de quinine et d'autres médicaments »[69]

Tamás Vonyó, professeur d'histoire économique à l'Université Bocconi en Italie, estime que les guerres totales ont plus en commun avec des économies de temps de paix fonctionnant normalement qu'avec ce que nous pouvons observer aujourd'hui :

« Hiberner les économies pendant des mois est une terra incognita , tant pour le gouvernement que pour les entreprises. Les guerres mondiales n'ont rien fait de ce genre. Bien au contraire: le but de la guerre totale était d'exploiter toutes les capacités de production et de mobiliser tous les travailleurs au-delà de ce qui était considéré comme faisable en temps de paix. Aujourd'hui, nous faisons le contraire: nous fermons toute production qui est pas indispensable, en utilisant aussi peu de capacité et aussi peu de travailleurs que possible, pour que nous puissions tous rester à la maison.
C'est pourquoi la rhétorique de la guerre est aujourd'hui si trompeuse, en politique comme en affaires. Il s'agit d'une urgence de santé publique, pas de guerre, quoi que vous disent certains dirigeants mondiaux. La logique de l'économie de guerre ne prévaut que dans les services d'urgence. […] Enfin, rappelez-vous que la Seconde Guerre mondiale a duré cinq ans et incinéré 60 millions d'âmes. Dans la pandémie actuelle, le pire sera peut-être passé dans quelques mois, les économies étant rétablies dans quelques années. »

— Tamás Vonyó, Pouvons-nous comparer la pandémie COVID-19 à une guerre mondiale?[18]

Selon le sociologue Éric Macé du Centre Émile Durkheim, l'expression présidentielle face à l’épidémie de Covid-19 est apparue comme un contre-sens historique, témoin de la difficulté qu'ont les acteurs de l'ancien monde à comprendre, qu'à l'inverse, « nous sommes en care », c'est-à-dire obligés de « prendre soin » des humains et des non-humains à tous les niveaux d'échelle[70].

Point de vue juridique[modifier]

Selon le maître de conférence en droit Raphaël Piastra, « une sorte de médicocratie s’est installée en France », appuyée par des décrets immédiats : « Dans son allocution solennelle le président a fixé des règles et a confié au gouvernement le soin de mettre en œuvre celles-ci. Ainsi un décret du 16 mars 2020 (N°260) a été pris portant réglementation des déplacements dans le cadre de la lutte contre la propagation du virus Covid-19. De même un décret du même jour (N°261) a posé l’entrée en vigueur immédiate d’un arrêté »[71].

Et, selon Patrick Martin-Genier, professeur de droit public public à l'Institut d'études politiques de Paris et le droit constitutionnel et administratif à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), « il existe un vide abyssal entre le terme lui-même et la réalité juridique et politique que cette expression recouvre. […] En parlant de guerre, le président de la République s’appuie implicitement sur la Constitution. Or, celle-ci ne lui confère aucun autre pouvoir que celui de déclarer la guerre à un Etat étranger ». Cependant, l'état d’urgence est invocable : « l'article 1er de la loi du 3 avril 1955, modifié par la loi n°2011-525 du 17 mai 2011 prévoit que « L’état d’urgence peut être déclaré sur tout ou partie du territoire métropolitain, des départements d’outre-mer, des collectivités d’outre-mer ». Il conclut qu'« en tout état de cause, l’état d’urgence ne transfert aucun pouvoir à l’armée, mais aux préfets et forces de police », et ainsi « il n’y a donc pas de guerre au sens juridique du terme ni à l’extérieur, ni à l’intérieur. Politiquement, cette expression suscite des passions et débats. Elle permet aux responsables politiques d’inscrire le pays dans un tel cadre qui n’existe pas et au chef de l’Etat de se poser en chef de guerre qu’il n’est pas »[72].

Si le coronavirus était vraiment une guerre, les États-Unis seraient les mieux préparés au monde, avec un budget dit de défense de 700 milliards de dollars par an, soit plus que la dépense cumulée des sept plus grands pays qui le suivent[68].

Point de vue sémiologique[modifier]

La sémiologue Cécile Alduy estime que l'emploi de ce champ lexical est « utile du point de vue de l’efficacité rhétorique […] pour enjoindre à une mobilisation générale de tous les Français, et susciter un choc des consciences ». « Mais c’est éthiquement et politiquement problématique, selon la sémiologue. Il édulcore du même coup la réalité encore actuelle du mot 'guerre' [ce qui rend l'expression] assez indécente. »[73]. Cette forme de déclaration de guerre est selon elle une « hyperbole », qui contraste avec « une réponse timorée et un peu désinvolte («La vie continue» pour enjoindre aux Français de continuer d'aller au théâtre le 7 mars) »[73]. Selon Cécile Alduy, « l'idée de «guerre» nous prépare psychologiquement à l'idée de ce décompte morbide – et l'impératif disciplinaire et de mobilisation nationale »[73]. Et cette mobilisation s'adresse à la masse citoyenne, non aux entreprises. De plus, « la « guerre » suppose aussi des sacrifices : ceux des soignants, qui commencent à tomber sur le «champ de bataille» et à qui on promet la Légion d'honneur comme une sorte de médaille »[73]. Nommer « guerre » ce problème social lui conférerait un statut de probème d'État, puis la récompense de la «prise de risque» servirait à légitimer les dirigeants[74].

Emmanuel Macron portant un masque en .

En parlant d'« Union sacrée » prônée en 1914, le président français évoque explicitement la Grande Guerre[75],[76].

Le président ferait allusion à la mobilisation ou l'union nationale des Français durant la seconde guerre mondiale en disant, dans son allocution : « J’appelle tous les Français à s’inscrire dans cette union nationale qui a permis à notre pays de surmonter tant de crises dans le passé » rappellerait la Résistance et serait une posture gaullienne de chef de guerre dans une France attaquée[77]. L'imaginaire suscité est l'image d'une solidarité de résistance, traduite dans son discours par l'expression d'une « France fraternelle »[43].

L'appel à l'imaginaire des guerres passées (« Agissons avec force, mais retenons cela : le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d’avant ») a pour but selon la sémiologue Cécile Alduy d'« incarner le Père de la Nation à la Clemenceau, imposer par ricochet une unité nationale que seule la guerre justifie, faire taire donc les oppositions et les critiques »[73]. L'identification à Georges Clemenceau pour convaincre les Français « d’accepter ces contraintes » est également relevée par les médias[78]. Le président français a, selon elle, « théorisé que les Français avaient besoin de «héros» et s'attache toujours à inscrire son action ou les événements dans un storytelling plus large que lui-même, un roman national en actes »[73]. Tobias Rothmund, professeur de psychologie des médias à l'Université Friedrich-Schiller de Jena, explique qu'« en temps de guerre, la plupart des conséquences de l'utilisation de mots qui se réfèrent à la guerre sont bonnes pour les dirigeants politiques : les citoyens s'unissent derrière leur chef politique »[79]. D'après Pierre Musso, docteur en sciences politiques et professeur en Sciences de l'information et de la communication, « le Président se dresse en chef de guerre pour rassembler et sortir des « conflictualités sociales » antérieures (gilets jaunes, réforme des retraites, etc.). Il tente d’endosser les habits de Georges Clemenceau face à la guerre, la vraie, et adopte un ton martial ». Cela est renforcé le 25 mars, alors que le président est « devant l’hôpital de campagne installé par l’armée sur le parking du centre hospitalier de Mulhouse sur fond de tentes kaki », où il apparaît « comme « Le Père de la Victoire » »[54].

Le discours du est finalisé par la reconnaissance faite au soutien des soignants, et par l'annonce de l'Opération Résilience. Le lieu choisi est devant l'hôpital de campagne déployé par les services de santé et l'armée, annoncé par son précédent discours. En liguistique, le discours est compris comme quelque chose qui englobe le texte - la partie linguistique, observable de l'interaction - et le contexte - l'extralinguistique, qui conditionne la production du premier[80]. Ce discours extralinguistique est totalement militarisé : le fond composé des tentes de l'hôpital aux couleurs de l'armée, qui remplacent le décor du palais de l'Élysée et ses deux drapeaux national et européen, renforcent l'image du chef de l'Etat en chef des armées, et chef de guerre dont la première opération est rendue visible. Dans le discours explicite, l'Opération Résilience est distinguée de l'Opération Sentinelle « qui continue de se concentrer sur la lutte contre le terrorisme quant à elle »[43]. Cela dresse une ligne de démarcation entre le rôle dévolu à l'armée de combat et son rôle de soutien, tous deux étant un service visant la protection de la population civile.

Point de vue linguistique[modifier]

De nombreuses maladies, telles que le SIDA, Ebola, SRAS, Zika, la grippe aviaire et la grippe porcine sont décrites et expliquées à l'aide de métaphores[81].

« La guerre et d'autres métaphores du danger identifient une menace et sa gravité. Ces métaphores justifient le monopole gouvernemental des actions et des décisions. […] De plus, les métaphores de guerre justifient des réactions draconiennes, et nos systèmes et pratiques démocratiques peuvent être mis en veilleuse »[48].

Ce que les annonces ont de remarquable, c'est que le président Emmanuel Macron n'emploie pas le terme « confinement » ni « stade 3 », laissant à la suite de son allocution le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner préciser les mesures décidées, comme le relève le linguiste Alain Bentolila[82]. La notion de « guerre sanitaire » serait donc la pointe du discours, la punchline destinée à être retenue.

La métaphore de la guerre dans l'allocution du président le 25 mars procède donne matière à de multiples angles d'analyse (linguistiques, politiques, sémiologiques, psychologiques, historiques) :

  • L'ennemi : « Nous ne luttons ni contre une armée, ni contre une autre Nation. Mais l'ennemi est là, invisible, insaisissable, qui progresse », « une guerre contre un ennemi invisible : ce virus, le COVID-19. »[43], la fermeture des frontières européennes,
  • registre du combat et d'unité nationale : « battre le virus »[43], « mobilisation nationale »[43], « tenir, vaincre »[43], trois « lignes » de front[43], « Je vous ai dit il y a quelques jours que nous étions engagés dans une guerre. Lorsqu'on commence une guerre, on s'y engage tout entier, on s'y mobilise. Nous ne devons avoir qu'une obsession : être unis contre le virus. »[44], il fustige « les facteurs de divisions »[44] dans ce contexte. L'emploi de la deuxième personne du pluriel montre que ce n'est pas l'armée qui devrait combattre un ennemi visible, mais chaque habitant qui doit obéir aux mesures de distanciation sociale dans la lutte contre le virus, invisible. Le confinement national est la principale arme à l'encontre du virus en absence de vaccin. Cet emploi du « nous » suppose que le président se range du côté de la population, pour susciter une unité nationale avec ses mesures.
  • la déploration de victimes, parmi les soignants identifiés à des combattants : « le premier soignant est tombé il y a quelques jours à Compiègne »[43], « plusieurs centaines de nos compatriotes ont perdu la vie »[43].
  • la présence de l'armée : « trois opérations menées par les armées ont permis de transférer 18 patients vers d'autres régions »[43], « dans ce contexte nos armées ont un rôle [comme] les opérations Morphée de l'armée de l'air, le porte-hélicoptère amphibie tonnerre. […] Partout je le sais, nos militaires sont prêts et déterminés »[43], « J'ai décidé, sur proposition de la ministre des armées et du chef d'État major des armées, de lancer l'Opération Résilience »[43]
  • l'idée de victoire, et de persévérance : « nous vaincrons », « dans cette guerre nous devons faire bloc, être unis. […] L'unité et le courage nous permettront de vaincre. […] Nous ne sommes qu'au début mais nous tiendrons. Nous tiendrons parce que nous ne céderons rien. Nous tiendrons parce que nous en avons la force »[43].

L'écrivain et metteur en scène Vincent Stuer, qui a écrit des discours pour l'ancien président de la Commission européenne José Manuel Barros, justifie l'emploi de la métaphore de guerre « parce que c'est une situation où vous avez besoin d'être ensemble. Ensuite, il est utile de créer l'image d'un ennemi commun contre lequel vous, en tant que peuple, devez vous battre »[11].

Dans sa structure, le discours du est une description topologique des acteurs du combat, scindés en trois « lignes de front » par analogie avec celles des guerres armées : « Dans cette guerre, il y en première ligne l'ensemble de nos soignants. […] Tous sont en première ligne. Les yeux sont cernés, la fatigue est présente, l'angoisse est là. […] Nos soignants qui se battent aujourd'hui pour sauver des vie se sont hier battu. Souvent pour sauver l'hôpital, notre médecine. […] L'ensemble des femmes et des hommes qui sont en deuxième ligne [il cite l'ensemble des employeurs des secteurs obligés de maintenir une activité en présentiel]. […] Cette deuxième ligne est indispensable. […] Et il y a la troisième ligne. Celles et ceux qui […] contribuent aussi à l'effort de la nation en restant chez eux en respectant les règles de confinement. » ; « La France est en guerre contre le coronavirus et si c’est bien le personnel de santé qui est en première ligne, l’armée aussi peut apporter son aide »[43], }[83].

La métaphore sert à faire comprendre à la population la gravité de la situation. D'après Veronika Koller (en), linguiste à l'Université de Lancaster, « La métaphore de la guerre peut faire des choses particulières qui pourraient être utiles à certains moments d'une crise. Ainsi, surtout au début, les métaphores de la guerre peuvent aider à faire comprendre aux gens que la situation est urgente, qu'elle est critique et sérieuse et que les gens doivent faire quelque chose, et aussi favoriser la résilience en eux et un certain sentiment de solidarité. » Barbara De Cock, chercheuse en linguistique à l'Université Catholique de Louvain, se range à cet avis, de cette métaphore très puissante : « La comparaison avec une guerre montre immédiatement à quel point la situation est grave et exceptionnelle. Et bien sûr, il y a des parallèles. Il y a des victimes, on voit soudain des files d'attente devant les magasins et le virus semble - tout comme une guerre - provoquer une transformation complète de notre société »[11].

La terminologie de « guerre sanitaire » porte l'idée de solidarité selon Bissiriou Kandjoura de l'Institut d'Études de Droit public de l'Université Paris-Saclay[10]. Il s'agit selon lui de chercher à concilier la liberté individuelle avec la responsabilité collective imposée par le coronavirus, l'individu est amené à se percevoir comme un « maillon dans la chaîne des générations ». Cela implique de la part de l'État le déblocage d'un « Fonds en faveur des victimes » de la guerre sanitaire. De plus, l'expression s'exprime dans le contexte de résolution d'une solidarité mondiale, appelant ainsi à la coopération internationale et au multilatéralisme au sein des Nations unies. Ces vues du point de vue sémantique sont diverses au niveau européen[10]. « Les métaphores de la guerre supposent l'unité, où tout le monde se bat ensemble. Le comportement de groupe est encouragé, ce qui rend vertueux le don de ressources, telles que de la nourriture, des masques et de l'argent »[48]. Pour résumer, une action collective contre cette pandémie permet à la fois de gagner la « guerre » et d'apporter l'assistance nécessaire en faveur des victimes.

Cependant, les termes militaires peuvent ne pas avoir le bon effet sur une grande partie de la population selon la linguiste Barbara De Cock qui se réfère à une étude américaine que les professeurs Hauser et Schwarz ont menée sur des patients atteints de cancer. « Cette maladie est également souvent désignée en termes militaires. Selon cette rhétorique de guerre, les patients atteints de cancer doivent faire la guerre à leur maladie »[11]. De même, les recherches du professeur Elena Semino de l'Université de Lancaster montrent que l'histoire de la guerre a un arrière-goût amer pour de nombreux patients atteints de cancer. Car qu'est-ce que cela dit sur qui meurt ? Qu'il ou elle n'a pas combattu assez fort ? Qu'ils n'étaient pas assez courageux ?[11]

Le chercheur belge Koert Debeuf de l'université d'Oxford, auteur de discours pour Guy Verhofstadt ajoute que « la comparaison avec une situation de guerre fonctionne, surtout au début d'une crise. Cela montre immédiatement à tout le monde que c'est grave. Mais à mesure qu'une telle crise progresse, il devient de plus en plus difficile de continuer à faire ce parallèle. Une guerre, par exemple, a un point final très clair. Lorsque l'ennemi est vaincu, n'importe qui peut descendre dans la rue et la fête peut commencer. C'est beaucoup plus compliqué avec la crise corona. Quand l'ennemi a-t-il été vaincu? Personne ne sait. On parle déjà d'une deuxième et troisième vague »[11]. Veronika Koller (en) précise que ce passage en langage de force de guerre « peut aider les gouvernements à obtenir le soutien du public pour des actions à court terme qui seraient normalement impopulaires, comme la fermeture des frontières ou l'exercice de pouvoirs d'urgence. Mais pour une crise prolongée, il en résulte une lassitude. Du changement climatique au cancer en passant par les coronavirus, la lutte n'est pas une question de semaines, mais de mois, d'années et de décennies »[68].

La linguiste Aleksandra Salamurović pense également que les caractéristiques de base de la métaphore de la guerre sont d'évoquer la polarisation (nous/ennemi), tandis que sa fonction première sur le plan émotionnel, comme le montrent de nombreuses études linguistiques, est de provoquer des sentiments de menace, de peur et de panique. Son utilisation et surtout son effet dépendent cependant à grande échelle du contexte de son usage, c'est-à-dire de qui l'utilise, quand il est utilisé, à quelle fréquence et quels sont les autres moyens linguistiques et rhétoriques qui suivent cette métaphore.[79].

Point de vue psychologique[modifier]

La rhétorique guerrière est arrivée graduellement dans le discours de chaque État. Par exemple aux États-Unis, la rhétorique de guerre arrive « trop tard » pour être « mieux utilisée comme un effort de mobilisation : nous avons échoué » selon Stephen Flusberg, professeur associé de psychologie au Purchase College (Université d'État de New York au Purchase)[68]. En effet, le New York Times a décrit pour la première fois comme une maladie « mystérieuse » en janvier[84], quelque chose à « combattre »[85] en février et une « guerre totale » en mars[86], [68].

L'inconvénient est que le langage de la guerre simplifie une situation très complexe et encourage des actions irrationnelles telles que le stockage et l'achat de panique. La notion de guerre donne aussi une idée de durée, avec des efforts de guerres par et pour la population, pouvant susciter une fatigue pandémique.

La psychothérapeute Sylvie Nay-Bernard montre la stratégie cognitive : en « 28 secondes et 67 mots, les esprits sont frappés par cette expression martiale répétée quatre fois dans les quatre minutes suivantes, assorti de la promesse que « la nation soutiendra ses enfants »[87].

Cette adresse du président aux Français appuie sur l'état de guerre, comme état d'urgence, pour mieux demander l'obéissance à ces mesures vigoureuses en faveur de la santé publique. Elle suscite la responsabilité d'un chacun, la conscience citoyenne et la « mobilisation générale », opposées à l'insouciance ou un manque de rigueur de la part de ses destinataires. Le Docteur en psychopathologie Michel Normand analyse que : « cet état de fait a eu pour conséquence un sentiment diffus, mêlé de crainte face à la menace de la contamination, mais aussi face à celle que représentaient alors la surveillance généralisée et les sanctions policières éventuelles en cas de non-observance des protocoles sanitaires obligatoires… »[88].

Modèles anti-martiaux[modifier]

Mouvement alternatif de linguistes[modifier]

En période de pandémie, qualifier le virus d'« ennemi invisible » peut être vecteur de la xénophobie et le racisme. Ce cadre linguistique incite les gens à considérer des problèmes comme un champ de bataille où l'on est de tel ou tel côté, creusant ainsi les divisions entre les partis tout en occultant tout terrain d'entente[68].

Pour y remédier, en Espagne, un groupe de linguistes (Inés Olza, Paula Perez-Sobrino) a initié le projet d'action linguistique et sociale #ReframeCovid. L'initatiative a promu un langage non lié à la guerre et proposer des métaphores et d'autres types de langage figuratif pour encourager et unir les gens dans les moments difficiles et se donner les moyens d'y faire face[89]. D'autres linguistes de premier plan du Royaume-Uni (par exemple Elena Semino, Veronika Koller (en)) et de nombreux autres collègues du monde entier ont rapidement rejoint ce projet[79]. Elle a fait émerger plus de trois cents métaphores de vingt-trois langues, qui sont toutes des alternatives à la métaphore de la guerre, des métaphores de voyage, de musique, de sport… Certains proposent, par exemple, « ramer ensemble » au lieu de « combattre » et la linguiste Inés Olza voudrait « récupérer des espaces de santé ensemble » au lieu de « vaincre l'ennemi ensemble ». Comme l'explique Toni Gomila, « Les mots disent qui nous sommes, comment nous vivons, ce que nous apprécions et ce que nous méprisons […] Et si nous changeons les mots, nous changeons le monde »[80].

Par exemple, « sortir de ce long tunnel », « Ce n'est pas un sprint, c'est un marathon »[18], ou la métaphore sportive : « nous devons travailler en équipe », « le match contre le Covid-19 se poursuit », ou l'image alternative pour rallier les nations évoquée par Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé : le sport : « Vous ne pouvez pas gagner un match de football uniquement en défendant. Vous devez aussi attaquer ». (“You can’t win a football game only by defending. You have to attack as well.”)[90], [19]. Les métaphores du football sont souvent utilisées en Italie : l'épidémie se décrit comme la situation comme un match de football dans lequel la population est à quelques buts derrière, en attendant on a rattrapé mais pas encore gagné.

Le langage est une action qui suscite toujours une réaction. Il y a donc des efforts à déployer pour utiliser un nouveau vocabulaire afin d'aborder les problèmes sociaux. « Un choix holistique de métaphores peut inspirer la solidarité, les soins et la force physique et mentale. Les métaphores devraient souligner notre humanité commune parce que la pandémie ne connaît pas de frontières. Nous ne sommes pas en guerre »[48].

Collectifs d'experts en promotion de la santé[modifier]

La communication gouvernementale en 2020 « a été centrée sur la promotion des mesures barrières, et sur le décompte officiel des malades hospitalisés et des décès. Associée à des mesures de coercition allant jusqu'au confinement de la population, cette communication a souvent pris un ton martial. Elle a mis en exergue la responsabilité des personnes quant à leur protection et l’évolution de l’épidémie, recourant pour ceci largement à des mécanismes de peur et de culpabilisation »[91]. Plutôt que suivre le gouvernement qui prévilégie le bâton à la carotte[91], une approche mobilisant les citoyens et jouant moins sur la peur serait plus efficace selon un collectif d'experts en promotion de la santé qui recommande :

« 1) Privilégier une communication positive qui valorise les ressources et capacités de chacun pour lutter contre l’épidémie plutôt qu’un registre anxiogène et culpabilisateur inadapté et délétère. La nouvelle campagne lancée par le ministère en chargé de la Santé est un tout premier pas dans ce sens.

2) Mettre en place une stratégie de communication proportionnée et ciblée au niveau des risques et des vulnérabilités, plutôt qu’universelle et homogène, en mobilisant les professionnels de santé et de prévention de terrain.

3) Réduire l’incertitude liée au contexte pandémique et améliorer la visibilité des décisions en communiquant plus efficacement sur ce que l’on sait, et avec quelle certitude on le sait, et sur ce que l’on ne sait pas, et sur comment on cherche à le savoir. »

— Marc Bardou (CHU Dijon Bourgogne) ; Basile Chaix (Sorbonne Université) ; Linda Cambon (Université de Bordeaux) ; Laurent Gerbaud (CHU de Clermont-Ferrand) ; Claire Granon (Santé Publique Nice) ; Marina Honta (Université de Bordeaux) ; Jean-Christophe Mino (Sorbonne Université) ; Ilaria Montagni (Université de Bordeaux) ; Christian Pradier (Université Côte d’Azur) ; Maria-Paola Simeone (Bari, Italie) ; Sarah Vernier (étudiante) ; Oulmann Zerhouni (Université Paris-Nanterre)[91]

Déploiement médiatique[modifier]

Reprises sémantiques[modifier]

La reprise de la sémantique de la guerre est faite par les ministres[92], comme par des acteurs[93].

Il est réinvesti dans toutes ses formes lexicologiques pour décrire l'action des soignants[94], [95], qui se voit être applaudie les soirs à 20h. Le respect du confinement est commenté comme une guerre domicile : « La guerre va donc s'écrire chacun chez soi, plus le choix. »[66].

La citation nourrit la critique de pénurie de masques de protection[96], « puisque on nous dit que nous sommes en guerre, et qu'on ne nous donne pas d'armes… »[66], comme Yves Lefebvre du Syndicat Unité SGP Police : « On est en guerre, et on envoie les soignants et les flics comme de la chair à canon aujourd'hui, et ça c'est inacceptable. »[66].

Le terme de guerre sanitaire est étendu au secteur de l'économie[97],[98], à la production alimentaire [99], au domaine social [100], et aux Nations unies[101],

Les représentations du traitement médiatique de la guerre sanitaire par ceux qui l'ont couverte a aussi été étudiée. Une enquête sur les représentations des journalistes sur le traitement médiatique de l'annonce du confinement strict le 16 mars 2020 (« Nous sommes en guerre ») se concentre sur ce que les journalistes pensent de la couverture de cette « guerre » contre un « ennemi invisible », avant qu’ils ne se penchent aussi sur les conséquences du « quoi qu'il en coûte »[102].

Réactions politiques[modifier]

Jean-Luc Mélenchon, chef de la France insoumise, a fustigé « une sorte de flou », dans les instructions données. Le parti des écologistes EELV déplore « une rhétorique guerrière inutile ». Marine Le Pen, chef du Rassemblement national, a dénoncé des annonces pas « suffisamment claires pour que chacun comprenne qu’il s’agit de confinement »[103].

Analyses politiques[modifier]

Alain Duhamel analyse que le président se positionne à la fois en chef de guerre et en père de famille par les détails donnés concernant les activités possible dans l’espace privé au cours de la période de confinement.

L'exode parisien massif pour le confinement serait dû à cette rhétorique, et il est erroné de parler de guerre contre un virus « très inférieur à d’autres connus en termes de létalité »[104]. Aussi, cette pensée a contraint les libertés « outre-mesure » selon le maître de conférence en droit Raphaël Piastra[105].

Le HuffingtonPost note que cette rhétorique a aggravé la crise sociale[106].

Bibliographie[modifier]

Etudes scientifiques[modifier]

Sciences politiques[modifier]

  • Barthélemy Courmont (géopolitologue), « « Nous sommes en guerre » : vulnérabilité et sécuritisation face au coronavirus », Revue internationale et stratégique, vol. 118, n° 2, 2020, p.  25-34 (Cairn).
  • Laurie Boussaguet et Florence Faucher, « Comment mobiliser les populations ? La réponse symbolique des exécutifs français, italien et britannique », Marc Lazar éd., Le monde d'aujourd'hui. Les sciences sociales au temps de la Covid, Presses de Sciences Po, 2020, p.  241-261 (Cairn).
  • André Dumoulin (politologue belge), « L’armée belge face au Covid-19 : le choix de la sémantique », Revue Défense Nationale, vol. 831, n° 6, 2020, p.  131-136 (Cairn).
  • Laurie Boussaguet (Docteure en science politique de l’IEP de Paris, maîtresse de conférences en science politique à la faculté de droit et de science politique de l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines) et Florence Faucher (Professeure à Sciences Po de Paris au Centre d'études européennes et de politique comparée), Comment Emmanuel Macron a raté son rendez-vous symbolique avec les Français, 27 mai 2020 https://theconversation.com/comment-emmanuel-macron-a-rate-son-rendez-vous-symbolique-avec-les-francais-139077 Repris le 28/05/2020 sur https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/comment-emmanuel-macron-a-rate-son-rendez-vous-symbolique-avec-les-francais-848877.html
  • Pierre-louis Boyer, Revirement macronien : de Hegel à Pascal. Le choc de la réalité, Revue politique et parlementaire, Colin, 2020 Disponible sur : Pierre-louis Boyer, « Revirement macronien : de Hegel à Pascal. Le choc de la réalité », sur www.revuepolitique.fr, (consulté le 12 février 2021)
  • Pierre Musso (docteur en sciences politiques et professeur en Sciences de l'information et de la communication), La présidence Macron ou la quête du Graal symbolique, Revue politique et parlementaire, Colin, 2020 (Hal-archives ouvertes) Disponible sur : Pierre Musso, « La présidence Macron ou la quête du Graal symbolique », sur www.revuepolitique.fr, (consulté le 12 février 2021)

Histoire[modifier]

  • Marco Mondini (Università degli studi di Padova), Nicolas Beaupré (historien français à l'Université Clermont-Auvergne) et Emmanuel Debruyne (UCLouvain), En guerre, mais sans guerre. Une conversation en confinement entre historiens de la Grande Guerre, 8 mai 2020. En ligne sur : https://louvanhist.hypotheses.org/2174
  • Christophe de Voogd (docteur en Histoire, spécialiste des idées et de la rhétorique politiques à Sciences Po de Paris), Emmanuel Macron, du discours du progrès à la rhétorique de guerre : le changement dans la continuité, Revue politique et parlementaire, Colin, 2020. Disponible sur : Christophe de Voogd, « Emmanuel Macron, du discours du progrès à la rhétorique de guerre : le changement dans la continuité », sur www.revuepolitique.fr, (consulté le 12 février 2021)
  • Stéphane Audoin-Rouzeau (historien directeur d’études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS)) Sylvain Courage et Stéphane Audoin-Rouzeau, « Quand crise sanitaire rime avec rhétorique guerrière », sur www.franceculture.fr, (consulté le 12 février 2021), article et podcast de 15min

Psychologie[modifier]

  • Gaëlle Pradillon, « Ce que la rhétorique guerrière fait à la capacité de penser (des psychologues) », Revue de psychothérapie psychanalytique de groupe, vol. 75, n° 2, 2020, p.  157-160 (Cairn).
  • Sevan Minassian, « Où est la guerre ? », L'Autre, vol. volume 21, n° 2, 2020, p.  122-125 (Cairn).
  • Emma Richaud, « Le choc des mots du pouvoir », Psychotropes, vol. vol. 26, n° 2-3, 2020, p.  107-114 (Cairn).

Droit[modifier]

  • Pierre-louis Boyer (maître de conférences en Droit à l'Université du Mans), Revirement macronien : de Hegel à Pascal. Le choc de la réalité, Revue politique et parlementaire, Colin, 2020 Disponible sur : Pierre-louis Boyer, « Revirement macronien : de Hegel à Pascal. Le choc de la réalité », sur www.revuepolitique.fr, (consulté le 12 février 2021)
  • Serge Schweitzer, (enseignant-chercheur en Droit et de Science Politique de l'Université Aix-Marseille), Serge Schweitzer, « « Nous sommes en guerre » : une faute de communication », sur www.contrepoints.org, (consulté le 11 février 2021)
  • Raphaël Piastra (maître de conférence en droit), « Nous sommes en guerre » ?…, Revue politique et parlementaire, Colin, 2020 (Hal-archives ouvertes) Disponible sur : Raphaël Piastra, « « Nous sommes en guerre » ?… », sur www.revuepolitique.fr, (consulté le 11 février 2021)
  • Patrick Martin-Genier (professeur de droit public public à l'Institut d'études politiques de Paris et le droit constitutionnel et administratif à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco)), La « drôle de guerre » d’Emmanuel Macron, Revue politique et parlementaire, Colin, 2020. Disponible sur : Patrick Martin-Genier, « La « drôle de guerre » d’Emmanuel Macron », sur www.revuepolitique.fr, (consulté le 12 février 2021)
  • Damien Deias (spécialiste en sciences du langage en politique), Petites phrases politiques en temps de pandémie, 25 mai 2020 https://theconversation.com/petites-phrases-politiques-en-temps-de-pandemie-138880
  • Jean Gicquel (juriste français) et Jean-Éric Gicquel, « Chronique constitutionnelle française. (1er janvier – 31 mars 2020) », Pouvoirs, vol. 174, n° 3, 2020, p.  159-188 (Cairn).
  • Bissiriou Kandjoura (chercheur de l'Institut d'Études de Droit public de l'Université Paris-Saclay), Le Coronavirus: entre mesures d'urgences et action collective, 2020 ([PDF] Hal-Archives ouvertes)

Sémiologie[modifier]

Linguistique[modifier]

Sociologie[modifier]

  • Éric Macé (sociologue au Centre Émile Durkheim), Nous sommes en care, AOC [Analyse Opinion Critique], société AOC, 2020 (Hal-archives ouvertes).

Analyses polémiques[modifier]

  • Le professeur controversé Didier Raoult livre son opinion sur la gestion de la pandémie dans son livre Carnets de Guerre Covid-19[107].

Notes et références[modifier]

  1. Maxime Combes (économiste), Non, nous ne sommes pas en guerre. Nous sommes en pandémie. Et c'est bien assez, 20/03/2020
  2. Santiago Alba Rico (philosophe) et Yayo Herrero (activiste), ¿Estamos en guerra?, 22/03/2020
  3. https://www.theguardian.com/commentisfree/2020/mar/21/donald-trump-boris-johnson-coronavirus
  4. https://nationalinterest.org/blog/paul-pillar/trump-wrong-dont-call-coronavirus-crisis-war-140117
  5. Marina Hyde, The horror of coronavirus is all too real. Don't turn it into an imaginary war, 7/04/2020 ; Emily Tamkin, New Statesman, Using military language to discuss coronavirus is dangerous and irresponsible – the US must stop, 1/04/2020
  6. Adam Westbrook, Beware of Politicians Who Declare “War” on the Coronavirus, vidéo de 5min57, 20/04/2020.
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  61. Drôle de déclaration de guerre…
  62. „Das Virus ist kein Gegner in einem Krieg, ein Virus hat keine Feindseligkeit“. RadioFM4, Die richtige Wortwahl in Krisenzeiten, Veronika Koller entrevistada por Joanna Bostock (traduction : Le bon choix de mots en temps de crise), 7/4/2020
  63. « Ce que nous vivons n'est pas une guerre »
  64. «Coronavirus: sommes-nous en guerre?»
  65. Hubert Bonin : « En 1914, l’urgence de la guerre conduit à une économie administrée »
  66. 66,0 66,1 66,2 et 66,3 Journal télévisé de 20h de France 2, le 20 mars 2020
  67. On y rencontre aussi la variante : « La France est en guerre ». www.bbc.com ; www.reuters.com ; www.chinadaily.com
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  90. « On ne peut pas gagner un match de football uniquement en défendant. Il faut aussi attaquer » selon Tedros Adhanom Ghebreyesus
  91. 91,0 91,1 et 91,2 Covid-19 : une communication inadaptée depuis le début, 15/02/2021
  92. Pénurie de masques : "Ça n’est pas quand on est en guerre qu'il faut faire des polémiques", répond Darmanin
  93. Laurent Kérusoré (Plus belle la vie) en "guerre générale" : des internautes s'insurgent
  94. Coronavirus. Journal de « guerre » : l’infirmière nantaise prête au combat
  95. À la clinique comme à la guerre
  96. "On nous demande de partir à la guerre à mains nues" : face au coronavirus, les foyers d'accueil médicalisés démunis
  97. Elisabeth Borne : «Nous sommes entrés en économie de guerre»
  98. Coronavirus: «Nous sommes aussi en guerre économique»
  99. Nourrir un pays « en guerre » : la chaîne alimentaire sur le front
  100. «De la guerre sanitaire à la guerre économique et sociale»
  101. « Les Nations unies doivent déclarer une guerre mondiale au coronavirus »
  102. Alexandre Joux, « Les représentations du traitement médiatique de la crise sanitaire par ceux qui l’ont couverte », documentaire (20’) sous forme de projet pédagogique et de recherche, disponible en ligne : https://festivaljeudeloie.fr/projet/les-representations-du-traitement-mediatique-de-la-guerre-sanitaire-par-ceux-qui-lont-couverte-16-mars-13-avril-2020/. Festival des sciences sociales et des arts, décembre 2020, Marseille, France.
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Annexes[modifier]

Liens externes principaux[modifier]

Liens externes audio-visuel[modifier]

Articles connexes[modifier]

Mesures spéciales que ces allocutions ont annoncées :

  • Confinements de 2020 en Italie
  • Confinements de 2020 en Espagne
  • Confinements de 2020 au Royaume-Uni
  • Confinements de 2020 en France
  • État d'urgence sanitaire
  • Hôpital militaire de Mulhouse
  • Opération Résilience



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