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Guerre et criminalité

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Les terroristes doivent-ils être traités en ennemis ou en criminels ?

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Guerre et criminalité ✒️📰
Thème Philosophie, Terrorisme


On peut utiliser pour réfléchir à cette différence la distinction que proposait Vergez, l'avocat, entre procès de connivence et procès de rupture. Procès de connivence quand l'accusé reconnaît la loi et les institutions au nom desquelles se fait son procès. La défense a alors le choix entre plaider l'innocence ou les circonstances atténuantes.

Procès de rupture quand les accusés ne reconnaissent pas l'autorité de la loi et des institutions au nom desquelles se fait leur procès et ne se considèrent donc pas même comme justiciables.

Dans le premier cas,c'est bien affaire de police et de justice. Les justiciables sont bien internes à l’État qui les juge. Il n'y a pas atteinte à l’État dans ce qui le constitue mais seulement transgression de ses lois par ailleurs reconnues comme légitimes par les justiciables eux-mêmes. "Le crime est normal" dit Durkheim.

Dans le second cas que ça puisse être simplement affaire de justice et de police fait problème: les accusés se placent à l'extérieur de l’État qui, pour eux, les juge illégitimement : le rapport n'est plus de droit mais de simple force qu'ils dénoncent alors. Ils ne sont pas en infraction au regard d'une loi qu'ils reconnaissent mais, précisément, en guerre contre elle, ce qui se rend manifeste, par exemple, dans les actions violentes à l'égard des représentants de l'autorité, en tant que tels. Quand cette opposition se fait armes à la main, ça s'appelle guerre.

Donc si on définit la guerre par l'entrée en lutte d'un État contre un autre État (chacun légitimant son action) par l'intermédiaire de militaires les représentant et à qui est donné droit de tuer du fait qu’ils s'exposent eux-mêmes volontairement à l'être, il n'y a pas guerre tant que les terroristes ne représentent pas un État.

Mais ce n'est là que définition juridique.

Or il me semble possible de définir la guerre par toute action qui menace intentionnellement et par recours à la violence un État dans ce qui le constitue, c'est-à-dire sa constitution ou certains de ses principes (par exemple la laïcité) et non pas simplement ce qui menace, par crapuleries diverses, les personnes et les biens (ce qui est criminalité), alors par les attentats terroristes il y a guerre.

Ce qui conditionne les réactions.

Si on considère qu'il s'agit d'une guerre, on répond par la guerre elle-même (Afghanistan), par des lois d'exception, par un "patriot act", etc. Ce qui est certainement faire trop d'honneur aux terroristes.

Si on se refuse à considérer qu'il y a guerre, on doit s'efforcer de répondre en se maintenant dans l’État de droit (par quoi on le préserve), en n'usant que des outils ordinaires de la justice.


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