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Pourquoi s'en prendre aux joyeux humoristes laïques plutôt qu'aux islamophobes sérieux et avérés ?

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Pourquoi s'en prendre aux joyeux humoristes laïques plutôt qu'aux islamophobes sérieux et avérés ? ✒️📰
Thème Philosophie

Parce que le véritable ennemi des islamistes radicaux, ce n'est ni le christianisme, ni le judaïsme… ni aucune religion déterminée. Ils rêvent au contraire d'un affrontement de civilisation, d' une guerre de religion car, en se faisant la guerre, comme forces politiques, les religions se renforcent, agrègent et se légitiment. Leur projet véritable, c'est le califat, la soumission totale du politique au religieux (ou identification des deux, leur confusion dans un même pouvoir). Leur véritable ennemi est donc la laïcité, c'est-à-dire l'anticléricalisme (si on définit le cléricalisme comme l'ambition politique du religieux, l'ambition pour la religion de déterminer la loi commune -par exemple pour rester dans le thème : le droit d'imposer une loi sur le blasphème-), la séparation de la politique, comme gestion du bien commun et public, et du religieux. Et la laïcité, c'est la liberté de conscience (c'est sa finalité) - plus précisément, c'est l'ensemble des principes qui conditionnent la possibilité de la liberté de conscience (dont le principe de la séparation du religieux et de l’État est un des principes-moyens)- elle même manifeste dans la liberté d'expression dont Charlie Hebdo est l'incarnation la plus désinhibée.

Le danger pour les islamistes n'est donc pas que le prophète soit visé comme un ennemi sérieux -ce  qui le ferait exister plus éminemment- c'est qu'il soit ridiculisé donc désacralisé. Noter que C.H. ne le désacralise pas dans sa pure dimension religieuse (il ne s'agit nullement, laïcité oblige, de dénigrer la foi musulmane) mais dans son usage clérical et violent : la caricature du prophète au turban remplacé par une bombe ne concerne pas le prophète en tant que tel, mais cette représentation (utilisation) du prophète au nom de laquelle on peut massacrer des innocents, au nom de laquelle, dans d'autres caricatures, on peut soumettre les femmes, on peut interdire l'éducation aux jeunes filles… Et à tout le moins, il semble bien légitime de se donner le droit (et peut-être même le devoir) de désacraliser une telle conception religieuse.

On peut dire ça autrement (car ils s'en sont aussi pris aux juifs et en tant que tels, parallèlement) : Il y a toujours deux types d'ennemis ou deux « régimes d'ennemis » : -L'ennemi « positif », c'est-à-dire celui dont on a besoin pour exister, celui contre lequel et donc grâce auquel on se définit et existe : « on se pose en s'opposant » dit Hegel, « si le juif n'existait pas, l'antisémite l'inventerait » dit Sartre ou encore : « l'antisémite a un besoin vital de l'ennemi qu'il veut détruire ». Bref, l'islamisme a besoin du juif ou de l'israélien ou encore, il a besoin de l'islamophobe, de l'islamophobie qui se caractérise par le fait de mettre tous les musulmans dans le même sac ( le fameux amalgame) : les islamistes intégristes désirent l'amalgame par lequel ils ne sont plus réduits à n'être qu'un groupuscule extrémiste et criminel, mais les représentants, la garde avancée, de l'Islam, les croyants véritables (les mous et les modérés sont des mécréants). C'est vouloir le passage de la criminalité à l'état de guerre : si les musulmans sont tous des islamistes, alors la République ne lutte pas, par des moyens policiers, contre un groupe criminel , mais il existe alors deux peuples qui ne peuvent coexister au sein d'une même nation : on est alors authentiquement en guerre, au moins civile. (Voilà pour la responsabilité des islamophobes).

-Deuxième type d'ennemi : l'ennemi véritable, celui qui menace notre existence authentiquement, au contraire d'en être la condition. Ici c'est la laïcité. La laïcité qui réduit toute ambition cléricale, toute ambition politique de la part du religieux, bien sûr interdit tout califat, fait avorter toute guerre religieuse, qui interdit toute sacralisation absolue... Et on voit alors en quoi consiste authentiquement le refus de l'amalgame : il est pour partie sous la responsabilité des musulmans eux-mêmes. Ce sont les discours, peut-être rares, qui ont été entendus dans le Paris du 11 janvier, quand, par exemple, une femme de confession musulmane disait : « je suis française, républicaine et musulmane. D'abord républicaine, ce qui signifie que je suis musulmane dans ma sphère privée ».C'est une femme laïque de confession musulmane. L'amalgame n'est réellement combattu que par l'adhésion, de la part des musulmans, en l’occurrence, au principe de laïcité. Ce qui fait authentiquement la séparation entre les islamistes et les musulmans qui refusent de se reconnaître en eux, c'est l'adhésion au principe de laïcité.

Alors, pour certains, la question est alors là : l'Islam est-il compatible avec la laïcité ?


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