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René Panthier

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Erreur Lua dans Module:Wikidata à la ligne 118 : attempt to index field 'wikibase' (a nil value). René Panthier (18 janvier 1915 à Montloué – 10 juillet 1970 à l’hôpital de l’Institut Pasteur à Paris) est un médecin et microbiologiste français pasteurien. Il est assistant (1941), chef de laboratoire (1944), et chef de service (1957) à l’Institut Pasteur. Il est nommé sous-directeur (1966) de l’Institut Pasteur, et directeur (1967) du centre d’application de l’Institut Pasteur.

Dans les années 1938-1944, il étudie avec Paul Giroud l’adaptation de Rickettsia prowazekii, l’agent responsable du typhus exanthématique, au lapin inoculé par voie respiratoire. Ces recherches fournissent la base du vaccin Giroud-Durand[1],[2]. Lors de l’épidémie de grippe de 1948-1949, il isole avec Geneviève Cateigne et Claude Hannoun les premières souches du virus grippal en France[3],[4]. En 1964, il isole avec Claude Hannoun, Jean Mouchet et Jean-Pierre Eouzan les premières souches du virus du Nil occidental en France, en Camargue[5]. Il développe également une méthode de titrage des anticorps antiviraux par un test de séroprotection[6],[7],[8],[9].

Éléments biographiques[modifier]

René Panthier nait dans la maison familiale du village de Montloué en Thiérache. Il est âgé de 4 ans lorsque son père, Irénée Raoul Panthier, meurt des suites de la première guerre mondiale. Pupille de la nation, René Panthier est interne au lycée de Laon pendant ses études secondaires. Il poursuit des études de médecine à la Faculté de médecine de Paris. Il est nommé externe des hôpitaux de Paris en 1934, puis interne à l’hôpital Pasteur en 1938. Il y acquiert aux côtés de René Martin une formation de clinicien des maladies infectieuses et collabore aux premières applications thérapeutiques des sulfamides[10],[11],[12]. Il prépare sous la direction de Paul Giroud une thèse sur les fièvres exanthématiques qu’il soutient en septembre 1939[13], quelques jours après la déclaration de guerre de la Grande-Bretagne et de la France à l’Allemagne.

Seconde guerre mondiale[modifier]

En 1939, René Panthier est appelé et incorporé à la 22e S.I.M. (section d’infirmier militaire), il suit le peloton des élèves officiers à Angers, puis est nommé médecin-auxiliaire, affecté à l’HOE (Hôpital origine d'étape) no 7. Il est démobilisé en août 1940 à Castres. Il reprend ses recherches sur le typhus sous la direction de Paul Giroud dans le service des vaccins de l’Institut Pasteur. Il participe à un des premiers groupes de résistants, l’Armée des Volontaires (A.V.). À la suite de l’arrestation le 11 février 1942 de Marie-Auguste Chabaud, assistant dans le service de la Lèpre de l’Institut Pasteur et chef du groupe du 15e arrondissement de l’A.V.[14],[15], il est envoyé précipitamment en mission par Jacques Trefouël, directeur de l’Institut Pasteur, tout d’abord à l’Institut Pasteur d’Alger puis à La Roche Beaulieu en zone non occupée, pour créer des centres de production de vaccin antityphique[16]. À cette époque, l’Institut Pasteur est confronté à des problèmes délicats : l’occupant allemand réquisitionne les sérums et les vaccins alors que le typhus sévit dans les camps de prisonniers français en Allemagne. On décide de produire du vaccin à grande échelle selon le procédé Giroud-Durand. Le vaccin produit dans les territoires non-occupés partira à destination des camps de prisonniers[17]. À son retour en zone occupée en mai 1943, il participe aux activités du réseau d’action Wizard (Jean Millet/William Savy) Buckmaster du Special Operation Executive, et devient agent clandestin (P2) de mars à septembre 1944[18],[19]. L'activité du réseau Wizard a permis de connaître la position exacte et le contenu d'un dépôt d'armes secrètes dans les carrières souterraines de Saint-Leu-d'Esserent dans l'Oise: 2000 fusées V1 prêtes à être mises à feu. Ce dépôt de munitions fût détruit après sept bombardements successifs opérés par la Royal Air Force et l'US Air Force entre le 4 juillet et le 5 août 1944[20]. René Panthier se voit confier en novembre 1944 la mise en place d'un service médical chargé de l'accueil des prisonniers, déportés et réfugiés dans la région de Lille. Rappelé sur sa demande dans le corps expéditionnaire d’Extrême-Orient, il est volontaire pour participer à la réduction de la poche de Royan. Il est détaché au bataillon de Somali, et est blessé le 15 avril 1945 par un éclat de mortier au cours des opérations de la Pointe de Grave. Il embarque comme médecin lieutenant le 5 novembre 1945 à bord du victory ship « Kings Point Victory » pour l’Indochine où il est nommé médecin chef du laboratoire militaire Indochine-Sud et chef du laboratoire de bactériologie de l’Institut Pasteur de Saïgon (actuellement Hô-Chi-Minh-Ville). Il est démobilisé à Marseille le 28 février 1947, et regagne l’Institut Pasteur de Paris.

Activités scientifiques et fonctions de direction après-guerre[modifier]

Il entre alors dans le laboratoire de la grippe dirigé par René Dujarric de la Rivière. À la demande de ce dernier, il essaye d’appliquer au virus grippal la méthode utilisée par Paul Giroud et Paul Durand pour préparer le vaccin antityphique. Cette stratégie s'avère infructueuse; elle ne permet pas de remplacer la préparation du vaccin antigrippal sur œuf. Il rencontre Paule Descola qui préparait sa thèse de doctorat en médecine sur les poliovirus, agents responsables de la poliomyélite, dans le laboratoire de Jean Vieuchange à l’Institut Pasteur[21]. Il l’épouse en mars 1948. Quatre enfants naquirent de cette union: Marie-Lise, Gilles, Jean-Jacques et Jean-Noël. Durant l'hiver 1948, il isole, avec ses collaborateurs les premières souches de virus de la grippe en France. Il est nommé en juillet 1949 directeur de l’Institut Pasteur Hellénique. La seconde guerre mondiale et la guerre civile grecque qui a suivi ont laissé l’Institut Pasteur d'Athènes en piteux état. À l’issue de cette mission il est nommé directeur honoraire de l’Institut Pasteur Hellénique. Il regagne l’Institut Pasteur de Paris en 1952 pour travailler sur le virus de la fièvre jaune. Il met en place des laboratoires de recherche et la production de vaccin antiamaril selon la méthode de Max Theiler, prix Nobel de médecine en 1951. Il développe en particulier une méthode de titrage des anticorps antiamaril par un test de neutralisation. Il assure également une production croissante du vaccin antigrippe. Il rejoint en 1962 l’Institut Pasteur de Guinée en qualité de directeur. La situation de cet Institut Pasteur, à Kindia, est alors difficile en raison des tensions politiques existant entre la France et la Guinée qui vient d’accéder à l’indépendance. À son retour à l’Institut Pasteur de Paris, il étend son activité à d’autres virus transmis par des insectes (arbovirus). Il contribue à plusieurs études épidémiologiques et virologiques sur des infections virales en France et en Afrique[22],[23],[24],[25],[26],[27],[28]. Avec ses collaborateurs, il isole en France des souches d’arbovirus pathogènes pour l’Homme, le virus du Nil occidental (1964)[29],[5] et le virus Tahyna (1965)[30].

En mars 1964, la situation de l'Institut Pasteur est préoccupante. Une commission d’étude pour la réforme de l’Institut Pasteur composée d’Élie Wollman, René Panthier, et Bernard Virat est constituée[31],[32],[33]. Elle rédige un projet de réorganisation qui sera mis en œuvre avec l’arrivée du directeur Pierre Mercier. René Panthier est nommé en 1966 sous-directeur de l’Institut Pasteur par le directeur Pierre Mercier[34].

Il est mort le 10 juillet 1970 à l’Hôpital Pasteur, à Paris, à l’âge de 55 ans des suites d’un cancer. Sa veuve est décédée en 2003 à 84 ans.

Prix et distinctions[modifier]

  • Officier de la Légion d’honneur.
  • Croix de Guerre.
  • King’s commendation for brave conduct.
  • Médaille d’honneur des Epidémies.
  • Chevalier de la Santé Publique.
  • Médaille de vermeil de l’Académie nationale de médecine.

Notes et références[modifier]

  1. Giroud P et Panthier R, « Il est possible de cultiver et de conserver par passages sur poumon de lapin une souche de typhus épidémique européen », C. R. Acad. Sci. Paris, vol. 213,‎ , p. 462-464. (lire en ligne)
  2. Durand P et Giroud P, « Le lapin inoculé par voie respiratoire avec les rickettsies du typhus historique. Pouvoir antigénique des suspensions », Ann. Inst. Pasteur, vol. 68, no 6,‎ , p. 425-437. (lire en ligne)
  3. Panthier R, Cateigne G et Hannoun C, « Adaptation à l'oeuf et à la souris d'un virus récemment isolé d'un cas de grippe », C.r. séances Soc. biol. ses. fil., vol. 143, no 1,‎ , p. 72-74. (PMID 18125725, lire en ligne)
  4. Panthier R, Cateigne G et Hannoun C, « Isolement d'une souche de virus grippal. Réaction du jeune singe à l'inoculation intra-nasale de ce virus », C. R. Acad. Sci. Paris, vol. 228,‎ , p. 347-348. (PMID 18117802, lire en ligne)
  5. 5,0 et 5,1 Hannoun C, Panthier R, Mouchet J et Eouzan JP, « Isolement en France du virus West Nile à partir de malades et du vecteur Culex modestus Ficalbi », C. R. Acad. Sci. Paris, vol. 259,‎ , p. 4170-4172 (PMID 14260659, lire en ligne)
  6. Panthier R, « Recherche d'une méthode précise de titrage des anticorps par test de séroprotection », Bull. Soc. Pathol. Exot., vol. 49,‎ , p. 759-763. (PMID 13396532, lire en ligne)
  7. Panthier R, Carteaud AJP et Husson RA, « Recherche d'une méthode précise de titrage des anticorps par test de séroprotection : II. Etude de la variation sytématique du rapport virus anticorps », Bull. Soc. Pathol. Exot., vol. 50, no 2,‎ , p. 282-295. (PMID 13460689, lire en ligne)
  8. Panthier R et Carteaud JP, « Recherche d'une méthode précise de titrage des anticorps par test de séroprotection : III. Variation du temps de contact et de la température du mélange virus-sérum in vitro avant l'inoculation », Bull. Soc. Pathol. Exot., vol. 51, no 2,‎ , p. 159-162. (PMID 13561024, lire en ligne)
  9. Panthier R, « Recherche d'une méthode précise de titrage des anticorps par test de séroprotection : IV. Interprétation des résultats. Résultats complémentaires. Discussion et conclusion », Bull. Soc. Pathol. Exot., vol. 51, no 2,‎ , p. 183-197. (PMID 13561031, lire en ligne)
  10. Decourt J, Martin R, Hérault et Panthier R, « Méningite à méningocoques compliquée de septicémie à méningocoques : Guérison de la méningite par une dose faible de sulfamide. Nécessité de prescrire de fortes doses de sulfamide pour guérir la septicémie », Arch. de Médecine des Enfants, vol. 42, no 6,‎ , p. 367-370. (lire en ligne)
  11. Martin R, Panthier R, Nouaille et Mlle Hamond, « Discussion sur l'intérêt des injections de sulfamide par voie rachidienne dans le traitement des méningites purulentes », La Presse Médicale, vol. 10-11,‎ 31 janvier - 3 février 1940, p. 101-103.
  12. Mercier P, « Le cinquantième anniversaire de la découverte des sulfamides », Bull Acad Natle Méd, vol. 169, no 9,‎ , p. 1443-1448, p. 1445. (lire en ligne)
  13. Panthier René, Notions actuelles sur les anticorps des fièvres exanthématiques (Thèse de Doctorat de Médecine), Paris, , 30 p.
  14. Service Historique de la Défense, dossier administratif de résistant. Archives militaires du Fort de Vincennes, côte GR16P 115769.
  15. « Remise de la cravate de commandeur de la Légion d'Honneur au Docteur Marie-Auguste Chabaud », Maroc Médical, no 485,‎ , p. 817-822.
  16. Chevassus-au-Louis N, « La résistance à l'Institut Pasteur : Une confrontation de la mémoire pastorienne aux sources archivistiques », Bulletin de l'association des anciens élèves de l'Institut Pasteur, vol. 192,‎ , p. 118-127. (lire en ligne)
  17. (en) Arthur Allen, The fantastic laboratory of Dr. Weigl : how two brave scientists battled typhus and sabotaged the nazis., New York, W.W.Norton § Company, , 400 p. (ISBN 978-0-393-35104-0 et 0-393-35104-1), p. 168-169.
  18. Service Historique de la Défense, dossier administratif de résistants. Archives militaires du Fort de Vincennes, côte GR16P 456515.
  19. Attestation d'appartenance aux Forces Françaises Combattantes, n°87.539 du 20 juin 1959, Ministère des Armées Terre, Direction du personnel militaire de l'Armée de Terre, bureau Résistance.
  20. Michael R. D. Foot (trad. de l'anglais), Des Anglais dans la Résistance : le service secret britannique d'action (SOE) en France, 1940-1944, Paris, Tallandier, , 885 p. (ISBN 978-2-84734-329-8 et 2-84734-329-6, EAN 9791021001947, OCLC 319951396), p. 537.
  21. Panthier Descola P. Étude expérimentale de la poliomyélite sur le rongeur. Thèse de Doctorat d’Etat de Médecine, Paris 1949, J. Peyronnet et Cie éditeurs.
  22. Berdonneau P, Serié Ch, Panthier R, Hannoun Cl, Pappaioannou S Ca et Georgieff P, « Sur l'épidémie de fièvre jaune de l'année 1959 en Ethiopie (frontière soudano-éthiopienne) », Bull. Soc. Pathol. Exot., vol. 54,‎ , p. 276-283. (lire en ligne)
  23. Panthier R, Hannoun C et de Looze L, « Recherche d'anticorps (virus amaril et autres arbovirus) dans des sérums prélevés en Ethiopie de 1954 à 1961 », Ann. Inst. Pasteur, vol. 109,‎ , p. 204-227. (PMID 14340584, lire en ligne)
  24. Sérié C, Casals J, Panthier R, Brès P et Williams MC, « Etudes sur la fièvre jaune en Ethiopie : 2. Enquête sérologique sur la population humaine », Bull. World Health Organ « 38 »,‎ , p. 843-861. (PMID 5303660, PMCID PMC2554526)
  25. Andral L, Brès P, Sérié C, Casals J et Panthier R, « Etudes sur la fièvre jaune en Ethiopie : 3. Etude sérologique et virologique de la faune sylvatique », Bull World Health Organ, vol. 38,‎ , p. 855-861. (PMID 5303661, PMCID PMC2554518)
  26. Panthier R, « Epidémiologie du virus West Nile : I. Introduction », Ann. Inst. Pasteur, vol. 114,‎ , p. 518-520. (PMID 5674587)
  27. Panthier R, Hannoun C, Beytout D et Mouchet J, « Epidémiologie du virus West Nile. Etude d'un foyer en Camargue : III. Les maladies humaines », Ann. Inst. Pasteur, vol. 115,‎ , p. 435-445. (PMID 5711530, lire en ligne)
  28. Joubert L, Oudar J, Hannoun C, Beytout D, Corniou B, Guillon JC et Panthier R, « Epidémiologie du virus West Nile. Etude d'un foyer en Camargue : IV. La méningo-encéphalite du cheval », Ann. Inst. Pasteur, vol. 118,‎ , p. 239-247. (PMID 5461277, lire en ligne)
  29. Jean-François Saluzzo, A la conquête des virus, Paris, Belin(maison d'édition), coll. « Pour la science », , 207 p. (ISBN 978-2-7011-4952-3 et 2-7011-4952-5, EAN 9782701178349), p. 76-79.
  30. (en) Hannoun C, Panthier R et Corniou B, « Isolation of Tahyna virus in the South of France », Acta Virol. « 10 », no 4,‎ , p. 362-364. (PMID 4380517)
  31. Patrice Debré, Jacques Monod, Paris, Flammarion, , 372 p. (ISBN 978-2-08-067173-8), p. 319.
  32. (en) Benoît Robert, « A history of the Molecular Biology Department », HAL archives-ouvertes,‎ 2014. (HAL pasteur-01719506, lire en ligne)
  33. Dedonder R, « Discours du 12 octobre 1987 », La Vie des Sciences, C. R. Acad. Sci. Paris, vol. 4, no 6,‎ , p. 465-472, p. 469 (lire en ligne)
  34. Institut Pasteur, « René Panthier (1915-1970) », Ann. Inst. Pasteur, vol. 3, no 121,‎ , p. 265-270. (PMID 4943131, lire en ligne)

Liens externes[modifier]

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