Farouk Ben Abbes
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Farouk Ben Abbes est un citoyen belge[1], né à Bruxelles. Son nom est mentionné dans plusieurs enquêtes anti-terroristes. Le 6 juillet 2018, il est condamné à 4 ans de prison ferme pour avoir publié du contenu sur un site internet islamiste[2], les faits s'étant déroulés au cours de l'année 2008, alors qu'il se trouvait dans la bande de Gaza[3]. Il quittera le tribunal en homme libre, et fera appel de la décision.[4]
Biographie
Fils de M. Tahar Ben Abbes, retraité, ayant travaillé toute sa vie dans l'enseignement public, comme professeur de religion musulmane.
En 2006, Farouk Ben Abbes part étudier la langue arabe en Tunisie, dont il est originaire, et en Arabie saoudite[5]. Il s'installe ensuite au Caire (en Égypte) pour approfondir ses connaissances linguistiques.
En vue d'aider la population de Gaza, sous les bombardements de l'armée israélienne[6], il se rendra dans la bande de Gaza, où il expliquera: ''c'était une démarche humanitaire'' et "avoir passé son temps à rencontrer «toutes les franges de la population gazaouie»[7]. Il est arrêté le 3 avril 2009 à son retour de la bande de Gaza par les services de renseignement égyptiens. Il sera torturé et jeté en prison à l'isolement, avant d'être expulsé vers Bruxelles sans qu'aucune charge ne soit retenue contre lui et après que son nom ait pu être mentionné dans l'affaire dite de "l’attentat du Caire", en Égypte, le 22 février 2009 – au cours duquel la jeune Française de 17 ans, Cécile Vannier, est tuée.
Dès son retour à Bruxelles, Ben Abbes est interrogé par les autorités belges, puis quelques mois plus tard en juillet 2010, il est interpellé par la police française lors d'un voyage en France, mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme et placé en détention provisoire pendant 18 mois. Au cours de ses différentes auditions, Farouk Ben Abbes nie toutes les accusations portées contre lui. Faute d’éléments probants, une décision de non-lieu est prononcée dans cette affaire le par le juge d'instruction Christophe Tessier, pilier de l'anti-terrorisme[8], chargé du dossier[9]. Ben Abbes est remis en liberté, et décidera de rester en France. Son indemnisation par l'état fera l'objet de polémiques[10].
Ben Abbes emménage ensuite en région parisienne, où il est auto-entrepreneur[11] jusqu'en septembre 2015. Plus tard, il part vivre avec son épouse à Toulouse et poursuit des études en langues étrangères appliquées à l'Université Toulouse-Jean-Jaurès[5]. Sa vie bascule de nouveau après les attentats sanglants du 13 novembre 2015: comme des centaines de personnes "fichées S", au nom de l' état d'urgence, il est assigné à résidence et subira diverses perquisitions sans qu'aucune d'entre elles n'aient pu amener le moindre élément incriminant. Cependant, dans une France meurtrie, au lendemain des attentats perpétrés dans l'Hexagone, Ben Abbes devient très vite un coupable idéal. Des centaines d'articles peu scrupuleux des faits et fantasmant une réalité finalement peu connue sortent régulièrement à son sujet, écornant une image déjà fort peu enviable[12].
Les avocats de Ben Abbes sont à l'initiative de plusieurs plaintes déposées en diffamation [13], mais également du dépôt d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC[14]) concernant les mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance (MICAS)[15].
En mars 2016, Ben Abbes est condamné à trois mois de prison ferme pour avoir manqué aux obligations de son assignation à résidence à Toulouse[5], étant sorti du périmètre de la ville. À sa sortie de détention, il sera éloigné à Brienne-le-Château dans l’Aube, avant d’être renvoyé à Toulouse après une expulsion avortée[16],[17].
En juillet 2018, il comparaît devant le tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs à visée terroriste pour avoir traduit du contenu et publié[18] sur le forum islamiste Ansar al-Haqq[19] 10 ans plus tôt. Il est condamné à quatre ans de prison ferme ainsi qu'à une expulsion du territoire français[20]. Il fait appel de cette décision. L'instruction suit son cours. Alors que pour le représentant du ministère public Farouk Ben abbes est un homme «intelligent » doté d’une « capacité à influencer » « celui qui a failli donner au forum une ampleur internationale » [21] Ces avocats décrivent cette décision comme achevant un fiasco judiciaire, le délit pour lequel est condamné leur client ("apologie du terrorisme")[7]était régi par la loi de juillet de 1881 sur la liberté de la presse, ce qui devait conduire à sa relax. L'activité de leur client aurait été maquillée en délit ''d'association de malfaiteurs'' dans le seul but de garantir sa condamnation[22].
La chambre de l'instruction dans une décision rendue en décembre 2010 et après étude de l'ensemble des éléments avait retenu le caractère apologétique du contenu du forum '' et rien que cela''[23]. Était évoqué lors des débats, une affaire similaire et plus récente[24], la justice n'avait retenue que le caractère apologétique de l'infraction.
Dans le cas de Ben Abbes, cela aurait conduit à une relax.
Notes et références
- ↑ « "Djihad médiatique" : le mystère Farouk Ben Abbes », sur Europe 1, (consulté le 6 juillet 2018).
- ↑ « "Djihad médiatique" : 4 ans de prison ferme pour Ben Abbes », {{Article}} : paramètre «
périodique» manquant, paramètre «date» manquant (lire en ligne, consulté le 8 juillet 2018) - ↑ « Le mea culpa de Farouk ben Abbes, «simple traducteur» du jihad », Libération.fr, {{Article}} : paramètre «
date» manquant (lire en ligne, consulté le 9 juillet 2018) - ↑ « « Djihad médiatique » : procès en appel pour Farouk Ben Abbes, condamné à quatre ans de prison », Le Monde.fr, {{Article}} : paramètre «
date» manquant (lire en ligne, consulté le 14 juillet 2018) - ↑ 5,0 5,1 et 5,2 https://www.20minutes.fr/toulouse/1810559-20160321-djihadisme-proche-fabien-clain-prison-avoir-viole-assignation-residence
- ↑ (en) « Guerre de Gaza de 2008-2009 | Wikiwand », Wikiwand, {{Article}} : paramètre «
date» manquant (wikiwand.com/fr/Guerre_de_Gaza_de_2008-2009, consulté le 8 juillet 2018) - ↑ 7,0 et 7,1 « Le mea culpa de Farouk ben Abbes, «simple traducteur» du jihad », Libération.fr, {{Article}} : paramètre «
date» manquant (lire en ligne, consulté le 8 juillet 2018) - ↑ « Christophe Teissier, pilier discret de l'antiterrorisme », France Inter, {{Article}} : paramètre «
date» manquant (lire en ligne, consulté le 8 juillet 2018) - ↑ « Attentat au Bataclan : "des menaces ont été ignorées", écrit le Canard enchaîné », sur https://www.lesechos.fr/, (consulté le 4 novembre 2016)
- ↑ « Un islamiste reçoit 12 000 euros de trop lors de son indemnisation par l'Etat », Franceinfo, (lire en ligne, consulté le 9 juillet 2018)
- ↑ « AUX DELICES DE ROSTAND (BOBIGNY) Chiffre d'affaires, résultat, bilans sur SOCIETE.COM - 437664550 », sur www.societe.com (consulté le 10 juillet 2018)
- ↑ « L'islamiste Farouk Ben Abbes cité dans l'affaire du soldat Shalit », FIGARO, (lire en ligne, consulté le 9 juillet 2018)
- ↑ « Tribunal correctionnel de Marseille : un islamiste présumé s'en prend à la presse française », LaProvence.com, (lire en ligne, consulté le 10 juillet 2018)
- ↑ « Question prioritaire de constitutionnalité », dans Wikipédia, (lire en ligne)
- ↑ Modèle {{Lien web}} : paramètre «
titre» manquant. http://www.leparisien.fr/faits-divers/les-avocats-de-farouk-ben-abbes-trainent-la-loi-antiterroriste-au-conseil-constitutionnel-01-12-2017-7428195.php - ↑ « Farouk Ben Abbes peut-il encore rester à Brienne-le-Château ? », lest-eclair.fr, {{Article}} : paramètre «
date» manquant (lire en ligne, consulté le 9 juillet 2018) - ↑ « Anthony Buirette comparaîtra en septembre », lest-eclair.fr, {{Article}} : paramètre «
date» manquant (lire en ligne, consulté le 9 juillet 2018) - ↑ « Le mea culpa de Farouk ben Abbes, «simple traducteur» du jihad », Libération.fr, {{Article}} : paramètre «
date» manquant (lire en ligne, consulté le 11 juillet 2018) - ↑ Agence France-Presse, « "Jihad médiatique": le mystère Farouk Ben Abbes », La Croix, (lire en ligne).
- ↑ « Farouk Ben Abbes, figure de l'islam radical, condamné à 4 ans de prison ferme », sur lefigaro.fr, (consulté le 6 juillet 2018).
- ↑ « Farouk Ben Abbes, le «webmaster» du djihad condamné à quatre ans de prison ferme », leparisien.fr, 2018-07-06cest17:30:05+02:00 (lire en ligne, consulté le 9 juillet 2018)
- ↑ « Apologie du terrorisme », dans Wikipédia, (lire en ligne)
- ↑ « Cyber-jihad : Romain Letellier, alias Abou Siyad, condamné à un an de prison ferme », France Culture, (lire en ligne, consulté le 10 juillet 2018)
- ↑ « Un an de prison ferme pour le cyber-djihadiste normand », FIGARO, (lire en ligne, consulté le 11 juillet 2018)
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