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Troisième grand génocide perpétré durant la Seconde Guerre mondiale

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Le troisième génocide réalisé au cours de la 2e guerre mondiale est celui de la population polonaise (non juive) établie en Volhynie et en Galicie orientale - aujourd’hui Ukraine occidentale. Il a été accompli dans les années 1943-1945 par les ultranationalistes ukrainiens. Des études historiques récentes permettent d’évaluer entre 120 000 à 200 000 les victimes civiles polonaises (non juives) tombées sous les coups des membres de l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens (OUN) et de l’Armée Insurrectionnelle Ukrainienne (UPA) avec la complicité d’une partie de la population ukrainienne. Ce génocide, au cours duquel les massacres furent conduits avec une barbarie toute particulière, a été qualifié de « genocidum atrox ». (44). L’article rend hommage aux Ukrainiens qui sauvèrent, au prix de leur vie, des Polonais et des Juifs mais il n’évoque pas en détail l’holocauste commis sur ce territoire dont le nombre des victimes est estimé à près à 850 000.


Les deux grands génocides de la 2e guerre mondiale[modifier]

Concernant le premier des génocides, celui accompli par les Allemands au cours de la 2e Guerre mondiale, beaucoup de choses sont connues. Les Allemands assassinèrent 6 millions de Juifs – dont 2,7 à 3 millions étaient citoyens polonais -, 3,3 millions de prisonniers de guerre soviétiques, plus de 3 millions de Polonais – dont un million environ appartenait à l’intelligentsia -, 267 000 Français et plusieurs millions de personnes d’autres nationalités.

Le second génocide – révélé et évalué en partie seulement -, c’est le génocide soviétique commis à l’instigation de Staline, Beria, Molotov et des autres dirigeants du Kremlin. Il faut souligner que celui-ci a été réalisé tout au long de la période du régime soviétique ( y compris pendant la guerre et l’après-guerre) et se souvenir, par exemple, de la grande famine provoquée en Ukraine entre 1932 et 1933 – au cours de laquelle plusieurs millions d’Ukrainiens moururent de faim -, ou de la grande épuration conduite par Genrik Iagoda et Nicolas Ejov dans les années 1934-1939, etc. A côté des Russes, furent aussi victimes du génocide soviétique des membres de différentes nations qui se trouvaient sous le pouvoir des Soviétiques : des Polonais (1,5 million ou plus, dont l’assassinat de 21 000 officiers et policiers retenus en captivité – événement connu sous le nom de « massacre de Katyn »), de nombreux Lithuaniens, Lettons, Estoniens, Moldaves, Roumains et encore des personnes d’autres nationalités. Au total le génocide soviétique aura anéanti plusieurs dizaines de millions de gens parmi lesquelles on compte aussi 140 à 200 000 Polonais qui habitaient la Biélorussie ou l’Ukraine avant 1939.


Quand eut lieu le 3e génocide ?[modifier]

Il a été perpétré dans les années 1943-1945 par les ultranationalistes ukrainiens à l’encontre de la population polonaise installée sur le territoire désigné de nos jours sous le nom d’Ukraine occidentale, lequel après la 1re Guerre mondiale faisait partie de la Pologne en raison des traités internationaux qui mirent fin à cette guerre. C’étaient d’anciennes voïvodies polonaises : celle de Volhynie, avec Loutsk pour capitale, et, en Galicie orientale, celles de Lvov, de Ternopol et Stanislavov (aujourd’hui, Ivano-Frankovsk). Les Nationalistes Ukrainiens tuèrent entre 120 000 et 200 000 Polonais qui vivaient sur ces territoires depuis des siècles. (29).(41).(42) (Jankiewicz (12) donne un nombre d’environ 160 000 victimes dont 48 000 identifiées).

La population des territoires mentionnés ci-avant était depuis des temps anciens très mélangée, simplement parce que, après les invasions tartares, sur les terres dépeuplées du fait de la guerre, s’installèrent des gens en provenance des différentes parties de ce qui constituait alors la Grande République Polono-Lituanienne, de sorte qu’à la période de l’Entre-deux-guerres, il était difficile d’y trouver des villages où à côté des Ukrainiens n’habitaient pas des Polonais et vice versa. (18).(40).(41).(43) Dans les villes, la part de la population polonaise était encore plus importante qu’à la campagne, en outre, on y trouvait un très grand nombre de Juifs (par exemple : à Lvov, en 1931, il y avait 63,50 % de Polonais, 11,30 % d’Ukrainiens et 24,12 % de Juifs et 0,78 % d’Allemands°). C’est en Volhynie que l’on comptait le moins de Polonais – seulement 16% - alors que dans la voïvodie de Ternopol, leur nombre avoisinait les 50 %. (38)

Dans quel cadre ce génocide advint-il ?[modifier]

A l’époque du « Printemps des Peuples » (en 1848), dans différents coins de l’Europe s’éveilla la conscience du particularisme de certains groupes de population. Cela a été le cas des Ukrainiens installés au sud de ce qui était alors l’Empire russe et en Galicie orientale qui était à cette époque une province de l’Empire austro-hongrois (et qui, après la 1re Guerre mondiale, fit partie de la Pologne renaissante). (11).(13)

Dans l’Empire russe, les Ukrainiens n’étaient pas considérés comme une nation en-soi et la langue ukrainienne était prise pour un simple dialecte russe. Toutefois, grâce à des écrivains s’exprimant en ukrainien, grâce à des poètes comme Chevchenko (1814-1861) ou des savants comme l’historien Hrouchevskyi (qui travaillait en Galicie), il se développa une langue littéraire ukrainienne. Déjà à l’époque du régime austro-hongrois, avant la 1re Guerre mondiale, dans la partie orientale de la Galicie (notamment dans la région de Lvov), cette langue fut rendue obligatoire dans les écoles non seulement pour les enfants ukrainiens mais aussi pour les enfants polonais, et cette tradition fut maintenue après le rattachement de la Galicie orientale à la Pologne (dans ce qui était de fait des écoles bilingues). (11).(13) C’était à n’en point douter une solution raisonnable de prendre en considération le caractère mélangé du peuplement de ce territoire.

Un nouvel élan se fit sentir dès avant la 1re Guerre mondiale, quand le particularisme national s’accompagna de l’apparition de mouvements politiques revendiquant l’indépendance de l’Ukraine. (28) Ces mouvements étaient fortement soutenus par l’Autriche-Hongrie afin de contrebalancer des tendances politiques polonaises similaires et aussi avec l’espoir de voir l’Ukraine se détacher de la Russie pour passer sous influence autrichienne. (11)

Dans la période de l’effondrement de l’Empire austro-hongrois, en 1918, une guerre polono-ukrainienne s’engagea au sujet de la Galicie orientale, conflit que les Ukrainiens perdirent. Les officiers de l’armée ukrainienne de libération, déçus par leur défaite, émigrèrent de Pologne, et c’est à Vienne, en 1929, qu’ils créèrent l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens (OUN) à caractère fasciste évident. (29).(32) L’OUN prit pour base de son idéologie le livre de Dmytro Dontsov intitulé « Le nationalisme ». Ce livre avait été écrit en 1926, presque concomitamment à « Mein Kampf » d’Adolf Hitler. (29).(32).(33)

Les thèses de Dontsov n’étaient pas moins radicales et sans scrupule que celles d’Hitler. Le nationalisme ukrainien promu par Dontsov et l’OUN se caractérisait par la mise en œuvre d’un égoïsme national poussé à l’extrême. Ses principales caractéristiques étaient : le totalitarisme – tout le pouvoir suprême était placé dans la main du chef et de son entourage restreint (la démocratie était bafouée), l’élitisme – seule l’élite peut gouverner, le reste de la nation étant considérée parfois comme du bétail, le racisme – seule la nation ukrainienne, jugée exceptionnelle, était digne de considération, les autres nations ne comptant pas. Dontsov professait une sorte de darwinisme social, c’est-à-dire qu’il pensait que les nations, comme tout espèce dans la nature, devaient lutter les unes contre les autres pour avoir leur place au soleil (mais la nation n’est pas équivalente aux espèces vivantes, elle obéit à ses propres règles). (33) Les thèses de Dontsov ignoraient tout principe humaniste ou chrétien. Dans son livre, « Le nationalisme », nous pouvons trouver des phrases comme celles-ci :

« La morale dont je parle ici rejette cette morale qui interdit de nuire à autrui, qui respecte la vie avant tout, qui déteste les instincts prédateurs. Toute la lutte pour l’existence est étrangère à une conception morale de la justice. Seuls des esprits bornés peuvent rejeter et condamner moralement la guerre, l’homicide, la violence… Ne sont bonnes que les idées morales qui profitent à la lutte concrète pour la vie… ».

C’est sur la base des thèses de Dontsov qu’a été élaboré le « Décalogue des Nationalistes Ukrainiens » dont on peut citer les deux « fleurons » suivants :

Septième commandement : « Tu n’hésiteras pas à commettre le crime le plus grand si celui-ci est exigé pour le bien de Notre Cause »

Huitième commandement : « C’est avec haine et ruse que tu accueilleras l’ennemi de Ta Nation » (29)

Selon le célèbre historien ukrainien Viktor Polichtchuk, la lecture du « Nationalisme » de Dontsov et du « Décalogue des Nationalistes Ukrainiens » fut un levain empoisonné sur lequel a poussé la génération des futurs assassins.

Rapidement l’OUN prit contact avec les Allemands pro-hitlériens (après les élections législatives de septembre 1930, le NSDAP – le parti Nazi – est devenu, avec 107 sièges, le 2e parti du Reichstag, le parlement allemand) et en échange d’actions d’espionnage en Pologne, elle reçut de leur part de l’argent, des armes et la possibilité de faire former ses cadres militaires. (29).(25) L’OUN était une organisation terroriste. Elle perpétra de nombreux attentats contre les Polonais et les Ukrainiens bien intentionnés à l’égard de la Pologne. L’attentat le plus retentissant eut lieu en 1934 contre le Ministre de l’Intérieur polonais, Bronislaw Pieracki qui recherchait un accord avec les Ukrainiens. (22).(32) Pour avoir participé à cet attentat, un des ses membres, Stepan Bandera, fut condamné à la peine de mort ; il fut libéré par les Polonais pendant la guerre et devint un peu plus tard le président de la fraction B de l’OUN. (32)

Aucune entente avec les membres de l’OUN n’était possible - ils ne souhaitaient qu’attiser la haine des Ukrainiens contre les Polonais. Toute entente les aurait menacés de perdre de leur influence. Leur emprise s’étendait principalement aux villes ; dans les campagnes, elle fut beaucoup moindre. (11).(32)

De nombreux témoignages datant de la période de l’entre-deux-guerres établissent que l’influence des nationalistes ukrainiens restait faible dans les campagnes. Les Polonais et les Ukrainiens y vivaient en bonne harmonie, le nombre des alliances « mixtes » y étaient élevé (comme chacun sait, les mariages ne sont pas contractés par haine). Dans ces unions, selon une tradition ancienne, les filles héritaient de la nationalité et de la religion de leur mère, quant aux fils, ils prenaient celles de leur père. (17).(18).(40).(41).(43) Les enfants des trois communautés présentes dans ces régions (les Ukrainiens, les Polonais, les Juifs) fréquentaient les mêmes écoles. On a donné l’exemple d’une d’entre elles dans laquelle le directeur était ukrainien, une enseignante juive enseignait la langue polonaise et des Polonais avaient en charge les autres enseignements, sans que personne ne s’en étonnât. (11) . Il ne s’agit pas pour autant de croire que, par le passé, les relations entre les Polonais et les Ukrainiens ont toujours été idylliques dans cette région et surtout pas d’ignorer la longue et complexe histoire au cours de laquelle ont évolué les rapports polono-russo-ukrainiens (souvent) conflictuels. Des études très approfondies ont été publiées sur ces questions. (1).(2).(3)

Ce n’est que peu avant la 2e Guerre mondiale que ces relations fondées sur la tolérance commencèrent à se déliter dans certains endroits et, après le déclanchement par l’Allemagne de la guerre contre la Pologne en 1939, il y eut des assassinats de soldats polonais qui rentraient du front. (18).(40).(41).(43)

Quand, après le 17 septembre 1939, les Soviétiques envahirent ces territoires, conformément au pacte Ribbentrop-Molotov, ils attisèrent les discordes entre les nationalités, selon le principe « diviser pour mieux régner », et partout ils établirent une discrimination à l’égard des Polonais. Ils déportèrent un nombre considérable de membres de l’intelligentsia polonaise et de paysans aisés, les livrant à l’errance et à la famine en Sibérie ou au Kazakhstan - des Ukrainiens et des Juifs communistes aidèrent le pouvoir soviétique dans ces déportations. (10).(32)

L’explosion véritable de la propagande nationaliste anti-polonaise et l’essor de l’OUN suivirent le déclanchement de la guerre germano-soviétique en 1941, après le retrait des Bolcheviques de la Volhynie et de la Galicie orientale. L’OUN disposant alors de la liberté d’agir organisa des entraînements imprégnés de la haine des étrangers, des Polonais, des Juifs, des Arméniens, des Russes, des Hongrois. On chantait des chansons du genre : « A mort, à mort, les Polonais et la commune judéo-bolchevique ». (40).(41).(43)

Les Ukrainiens de Volhynie et de Galicie orientale collaborèrent en masse avec les Allemands, ce qui ne fut pas le cas des Ukrainiens de la Grande Ukraine, à l’est de la rivière Zbroutch. (11).(18).(29).(31) Aux côtés d’une armée d’éclaireurs allemands, une section ukrainienne, organisée et commandée par les Allemands et les officiers ukrainiens, envahit Lvov au début de juillet 1941; cette section, dénommée « Nachtigall » (« Rossignol »), acquit tout de suite une terrible réputation en participant avec la milice ukrainienne à l’assassinat de 3 000 à 4000 Juifs et de nombreux Polonais, dont, entre autres, une centaine de jeunes collégiens et d’étudiants. (9).(11).(20).(29).(39).(40) Elle prit également part au meurtre, commis par les Allemands, d’un groupe d’une trentaine de professeurs appartenant aux meilleurs établissements d’enseignement supérieur, souvent savants de réputation mondiale. (40) Les Allemands créèrent en Galicie orientale et en Volhynie une police ukrainienne qui devait y assurer le maintien de l’ordre. Parmi les innombrables exactions commises par cette police ukrainienne à l’encontre des Polonais et des autres populations de la région, son forfait le plus abject reste sa participation à l’extermination des Juifs, qui fut réalisée par les Allemands principalement en 1942 et une partie de 1943. (31).(32).(36).(39) La population juive dans cette région (Volhynie et Galicie orientale) était très nombreuse – près de 900 000 personnes, et dans certaines petites villes, elle constituait la majorité des habitants. Le retrait de l’armée soviétique en 1941 avait été si rapide que très peu de Juifs avaient réussi à fuir avec les Soviétiques. On peut donc supposer que les pertes consécutives à l’extermination furent considérables, dépassant très certainement les 850 000 victimes. (14) La police ukrainienne (« Ukrainische Hilfspolizei ») surveilla d’abord le ghetto puis escorta les Juifs vers les lieux d’extermination, tout en empêchant les évasions, et de temps à autre, des policiers ukrainiens fusillaient des Juifs au vu et au su des Allemands. Après les actions de liquidation des ghettos, la police ukrainienne s’employa à rechercher les fugitifs juifs et à les livrer aux Allemands, quand elle ne les exécutait pas elle-même. (18).(36).(39).(40).(41).(43) Un rôle infâme fut également joué par une partie du clergé de l’Eglise gréco-catholique dans le processus de diffusion de l’idéologie ultranationaliste. L’Eglise gréco-catholique, tout en reconnaissant la suprématie du pape (on la désigne aussi comme Eglise « uniate »), observe une liturgie proche de l’Eglise orthodoxe et admet le mariage des prêtres. Autrefois, du temps des rois de Pologne, cette Église était établie sur l’ensemble du très grand espace constituant à l’époque la République polono-lituanienne, mais le régime tsariste qui suivit l’en extirpa de sorte qu’elle resta cantonnée au territoire de la Galicie orientale sur lequel celui-ci n’avait pas d’emprise. (7).(11) Une grande partie du clergé gréco-catholique soutint les mouvements nationalistes ukrainiens, sans doute en raison de la crainte de la propagation du communisme. Il suffit assez de mentionner que l’ouvrage « Le Nationalisme » de Dontsov a été réalisé dans l’imprimerie de l’ordre gréco-catholique des Basiliens. (7).(11).(29) Il y eut toutefois des ecclésiastiques, comme par exemple l’évêque Khomychyn, qui firent des mises en garde contre les inspirations païennes des Nationalistes ukrainiens et qui dénoncèrent l’incitation à la haine contre les autres nations prônées par les nationalistes rassemblés dans l’OUN. (5).(11)


Quand fut accompli le génocide contre les Polonais ?[modifier]

Comme cela a déjà été mentionné, en 1939, les membres de l’OUN commirent des assassinats contre des personnes seules ou des petits groupes de soldats polonais reculant sous la pression allemande, ainsi que contre des policiers et des civils fuyant devant les Allemands. (18).(40).(41).(43)

Sous l’occupation allemande, au tournant des années 1942-43, l’OUN créa son « bras armé », à savoir l’Armée Insurrectionnelle Ukrainienne (UPA). Les premières troupes de l’UPA furent alors constituées. En avril 1943, sur ordre de l’OUN, la police ukrainienne prit en masse le maquis (environ 5000 hommes armés), venant ainsi considérablement renforcer les forces de l’UPA. (11).(32).(43)

Non seulement l’UPA ne combattit pas les Allemands mais, tout au contraire, au fur et à mesure que le front bolchevique se rapprochait, elle réalisa des opérations en commun avec eux et, en échange d’informations d’espionnage, elle reçut de la Wehrmacht des armes et des munitions de guerre. (11).(31) Elle évita également de combattre les maquisards soviétiques parce qu’ils lui étaient incontestablement supérieurs. En revanche, les membres de l’OUN organisèrent un génocide de grande ampleur à l’encontre de la population polonaise sans armes des campagnes escomptant qu’en cas de référendum après la guerre, on ne compterait plus de Polonais sur ce territoire.

Ce génocide à grande échelle commença au début de l’année 1943 en Volhynie et se poursuivit en Galicie orientale l’année suivante. (11).(24).(18).(32).(40).(41).(43) Le jour du 11 juillet 1943 a été baptisé le « dimanche sanglant ». Ce dimanche-là, en Volhynie, les troupes de l’UPA attaquèrent simultanément près de 100 villages polonais et massacrèrent plus d’une dizaine de milliers de personnes. On assassina souvent dans les églises, profitant du fait que les gens s’y étaient rassemblés pour suivre la messe et qu’il n’était nul besoin de partir à leur recherche. Quelques prêtres périrent devant l’autel tandis qu’ils célébraient le culte (ainsi les pères Aleksandrowicz, Szawlowski, Kotwicki). (11).(43).

Il est évident qu’une action à telle échelle a exigé une planification centralisée et une organisation des plus sérieuses – ce n’est nullement l’action spontanée de paysans enragés comme cherchent à le faire croire de nos jours les apologistes de l’UPA en Ukraine occidentale.

L’extermination de villages entiers par les Nationalistes Ukrainiens dura jusqu’à la fin 1943 en Volhynie. Pour se sauver, les Polonais rescapés cherchaient à gagner les villes où se trouvaient des garnisons allemandes ou hongroises parce que ces villes n’étaient pas attaquées par l’UPA. Ou bien, se présentaient-ils spontanément comme volontaires pour partir travailler en Allemagne, ou encore, se sauvaient-ils vers la Pologne centrale. Il y eut très peu de villages où les Polonais réussirent à résister : ces villages qui ont été qualifiés de villages « d’autodéfense » étaient en fait des groupes de villages fortifiés où l’on avait réussi à rassembler un peu d’armement. (6).(16) Il faut savoir que ce n’est qu’en 1944 que furent constitués les premiers bataillons de partisans polonais, lesquels, avec le temps, finirent par former la 27e Division des Fantassins de l’Armée de Volhynie, division qui, avec près de 6000 soldats, combattit principalement les Allemands. (8).(43)

Après l’extermination du peuple polonais en Volhynie, l’OUN-UPA se porta vers le sud jusqu’en Galicie orientale (régions de Lvov, Ternopol et Stanislavov) pour tuer la population polonaise et les membres survivants des communautés juives qui se cachaient parmi elle. Cela dura jusqu’à l’année 1945. (11).(18).(32).(40).(41) Plus tard, les bandes nationalistes ukrainiennes se rendirent sur les territoires frontaliers restitués après la guerre à la Pologne, et là, elles se comportèrent exactement comme en Volhynie : elles massacrèrent et pillèrent la population polonaise, firent sauter les ponts et désorganisèrent complètement la vie économique. (11).(15).(30)


Comment fut accompli ce troisième génocide ?[modifier]

Généralement, la nuit ou au petit matin, on entourait les villages choisis. En tête, avançait une vague de meurtriers armés de haches, de fourches ou de tout autre outil agricole. Ils étaient à l’ordinaire très bien informés sur le nombre de personnes habitant la maison prise pour cible et s’employaient à les rechercher toutes en fouillant les greniers, les caves et tous les recoins. En second, un dispositif d’encerclement du village avait pour mission d’attraper tous les fuyards – ceux qui en faisaient partie étaient généralement porteurs d’armes à feu. Et enfin, un troisième cercle composé de femmes et d’adolescents ukrainiens avaient en charge, juste après les massacres des habitants, de piller tout ce qui tout leur tombait sous la main et de le charger dans des chariots préparés à cet effet. On incendiait ensuite la maison si elle n’était pas trop près d’une habitation ukrainienne. (11).(43) S’ils en avaient le temps, les membres de l’UPA ne se contentaient pas d’exécuter les victimes mais ils les torturaient – ils leur arrachaient les yeux, ils leur coupaient les mains et les jambes, ils leur arrachaient la langue ou le sexe, ils éventraient les femmes enceintes et leur mettaient des pierres dans le ventre à la place du fœtus ou bien un chat vivant avant de leur recoudre le ventre, etc. (11).(18).(19).(43) Les tortures les plus ignobles ont été celles pratiquées sur des enfants : on les clouait dans leur berceau ou bien par la langue sur le bord d’une table, ou encore on les empalait les poteaux des clôtures. La sauvagerie de ces méthodes était sans limite. (18).(19).(40).(41).(43) Les plus abominables des crimes furent ceux commis au sein des familles. Le commandement de l’OUN, dans un souci de défense de la pureté de la race, ordonnait aux maris ukrainiens de tuer leurs épouses polonaises et leurs filles, ainsi qu’il ordonnait aux fils se sentant Ukrainiens de tuer leur mère et ses sœurs polonaises. Ainsi, toutes les actions qualifiées de crimes les plus graves par les législations de tous les pays civilisés du monde étaient considérées par l’OUN-UPA comme un devoir et comme des actes héroïques. (17).(18).(40).(41).(43)

Les pertes de la population polonaise furent immenses : on les estime entre 120 000 et 200 000 victimes dont 60 000 pour la seule Volhynie. Celles d’entre elles qui ont pu être identifiées représentent environ 50 000 personnes. Les meurtres furent commis dans plus de 4 200 localités. (12).(24).(41).(42)

Le professeur Szawlowski, juriste spécialiste des génocides, a créé pour l’épouvantable génocide perpétré par l’OUN-UPA une catégorie juridique particulière qu’il a dénommée « genocidum atrox », c’est-à-dire, génocide « cruel, sauvage ». (44)

Heureusement, le commandement des résistants polonais, qui s’organisèrent en une armée dénommée « Armée de l’Intérieur » (« Armia Krajowa ») et en « Bataillons de paysans » (« Bataliony Chlopskie »), dès leur mise en place, interdit catégoriquement à ses soldats de tuer des femmes, des enfants ou des hommes sans défense, ainsi que de s’acharner sur des prisonniers de guerre ou de piller et de brûler les biens des Ukrainiens. (43)

L’UPA n’était pas l’unique formation armée des Ukrainiens. Ainsi, les Allemands, au moment où ils commencèrent à perdre des batailles sur le front Est, donnèrent leur accord aux Ukrainiens pour qu’ils créent la 14e Division de grenadiers SS (connue encore sous le nom de Division SS-Galizien) . Près de 80 000 personnes se présentèrent pour en faire partie, mais moins de la moitié fut engagée. (11).(23).(29) Cette division subit d’énormes pertes lors de la bataille de Brody contre les Soviétiques. Après sa recomposition, elle fut employée principalement à la pacification des campagnes et compte à son actif quelques massacres particulièrement cruels à l’encontre de la population civile : entre autres, à Palikrovy (région de Brody), les soldats de la Division SS-Galizien, de concert avec l’OUN-UPA, assassinèrent 365 Polonais ; à Podkamien (également dans la région de Brody) furent tués près de 600 Polonais, principalement des femmes et des enfants ainsi que quelques ecclésiastiques et un Juif qui s’était mis en sécurité parmi les Polonais. (11).(18).(23).(29)

Les Juifs qui réussissaient à s’enfuir du ghetto se réfugiaient souvent auprès de la population polonaise. Ainsi, à Hanatchov, près de Lvov, lors de l’attaque des Allemands et de l’OUN-UPA, les 2 et 3 juillet 1944, au cours de laquelle furent exécutées plus de 112 personnes, on dénombrait 15 Juifs qui s’étaient cachés chez des Polonais ; parmi la soixantaine de membres de l’AK (Armia Krajowa : Armée de l’Intérieur) qui défendirent ce village, on comptait 2 Russes et 8 Juifs. (18)


Est-ce que les Polonais se défendirent ?[modifier]

En Volhynie, les faits de résistance furent rares. Pour plusieurs raisons.

Les Allemands punissaient de peine de mort ou de camp de concentration les Polonais qui détenaient des armes, et ce n’est vraiment qu’à la fin de l’occupation que cette interdiction commença à s’assouplir (d’abord en Volhynie). Par contre, les Ukrainiens possédaient des armes -comme, par exemple, celles détenues par des policiers déserteurs-, et par ailleurs, la détention d’armes ne leur était pas interdite.

Les Polonais n’avaient plus de classe dirigeante, surtout dans les campagnes lieux des massacres, parce que, dans les années 1940-1941, les Soviétiques avaient déporté en Sibérie l’intelligentsia polonaise. (11).(43)

Il était très difficile d’organiser la moindre conspiration parce que, dans la majorité des villages, la population était très mélangée et les Polonais étaient constamment surveillés par les Ukrainiens qui n’hésitaient pas à les dénoncer aux Allemands. (11).(29).(32).(43)

Néanmoins, il a été créé quelques bases d’autodéfense fortifiées, constituées de plusieurs villages, qui survécurent jusqu’à l’arrivée de l’Armée rouge. Celle de Pchebraje, où ont trouvé refuge environ 18 000 personnes, en est un des meilleurs exemples. (6).(16).(27).(43)


Quelles furent les relations des Soviétiques avec les mouvements d’autodéfense et de résistance polonais (Armia Krajowa et Batalion Chlopskie)?[modifier]

Durant la période où ces territoires étaient sous l’occupation allemande, la résistance polonaise collabora à plusieurs reprises avec les résistants soviétiques, et les villages polonais reçurent souvent la protection de la résistance soviétique en vertu du principe « Vous nous nourrissez et nous soignez, nous vous protégeons contre les bandes de l’UPA ». Plus tard, après l’occupation de ces espaces par l’armée soviétique, celle-ci, au début, toléra les soldats de l’AK (Armia Krajowa) - ce sont eux qui l’aidèrent notamment à prendre Lvov, mais très peu de temps après débutèrent les arrestations en masse et les persécutions, principalement des officiers qui encadraient l’AK. (8).(40).(46)

Quand la guerre prit fin, les bandes armées de l’OUN-UPA se déplacèrent dans les districts du sud-est de la Pologne renaissante, région où habitaient encore pas mal de minorités ukrainiennes. Les troupes de l’UPA se conduisirent là comme en Volhynie, brûlant les villages polonais et exécutant les habitants. (15) L’Etat polonais déploya contre celles-ci une assez grande force armée, toutefois ce n’est que le déplacement, à la fin 1947, de la minorité ukrainienne habitant ces territoires vers l’URSS (dans le cadre d’échanges de population) ou vers d’autres parties (au nord et à l’ouest) de la République Polonaise (Opération Vistule) que les combats prirent fin, ce qui épargna de nombreuses victimes supplémentaires dans les deux nations. (11).(30).(35) Enfin, la vie a fini par reprendre normalement dans cette région. Les populations ukrainiennes expulsées reçurent, dans les zones de peuplement de l’ouest ou du nord de la Pologne, des propriétés agricoles souvent bien meilleures que celles qu’elles avaient dues abandonner. Le déplacement de personnes vers des terres inconnues est très douloureux, surtout pour les plus âgées d’entre elles, mais, à dire vrai, il était de loin préférable à d’interminables combats et à de nouvelles pertes humaines. (30).(35)


Quel fut le soutien de la population ukrainienne à Bandera et à ses partisans ?[modifier]

La situation de ceux qui contestaient l’UPA était bien difficile parce que l’UPA punissait de mort la moindre insubordination voire la moindre critique. (18).(40).(41).(43) Néanmoins, il existe nombre d’exemples d’Ukrainiens lesquels liés d’amitié à des Polonais les prévinrent des attaques en leur conseillant de fuir, ou bien, au moment des agressions, d’Ukrainiens qui ont caché chez eux des Polonais, parfois en les faisant passer pour des proches (en disant « C’est mon enfant »), ou encore qui transportèrent en cachette des blessés à l’hôpital. Ce sont de vrais héros de l’Ukraine et de l’humanité. Malheureusement, plus d’une fois, l’UPA leur fit payer ces actes de leur vie. (18).(26).(40).(41).(43)


Quelles sont les sources portant à notre connaissance ce génocide ?[modifier]

Durant plusieurs dizaines d’années, le génocide est resté un sujet tabou car il était très dérangeant pour les autorités communistes. Un tournant décisif fut l’ouvrage publié en 2000 par les auteurs Wladyslaw et Ewa Siemaszko (deux tomes faisant 1434 pages). (43) Les auteurs ont décrit ce qui s’était passé en Volhynie, dressant la liste des victimes identifiées et la liste des villages où des massacres se sont déroulés (de nombreux villages ont disparu de la carte), et ont apporté beaucoup d’autres données encore. Tout ce qu’ils présentent dans leur ouvrage est très sérieusement étayé par un nombre considérable de documents et de témoignages. Quelques années plus tard furent publiés trois livres concernant les trois autres voïvodies concernées, travail d’une équipe de chercheurs de Wroclaw dirigée par S. Siekierka. (18).(40).(41) Il ressort de ces ouvrages et d’autres travaux encore que le nombre global des victimes du génocide perpétré par les Nationalistes Ukrainiens se situe entre 120 000 (29) et 200 000 (24).(41).(42) - le plus vraisemblablement 160 000 ou 170 000.


Les membres de l’UPA et de la Division SS-Galizien ont-ils été punis pour leurs crimes à la fin de la guerre ?[modifier]

S’agissant de l’UPA, beaucoup de ceux qui participaient à cette organisation périrent dans les batailles auxquelles ils participèrent sur le territoire polonais. Beaucoup également moururent de la main du NKWD dès qu’ils retournèrent en URSS. Les Soviétiques fusillèrent beaucoup de membres de l’UPA et leurs familles furent déportées en Sibérie ou au Kazakhstan. C’est seulement un très petit nombre qui put gagner l’Allemagne de l’Ouest et de là partir vers le Canada, les États-Unis et l’Australie. (4).(32) Néanmoins, beaucoup de civils, de policiers, des personnes qui avaient collaboré avec les Allemands s’étaient enfuis plus tôt avec les Allemands qui se repliaient vers l’Ouest – ce fut le cas notamment des membres de la Division SS-Galizien. Ceux-ci, du fait qu’ils étaient formellement citoyens polonais évitèrent d’être livrés aux bolcheviques et purent, pour une partie d’entre eux, rester en Angleterre et, pour l’autre partie, émigrer vers des contrées plus éloignées. (23) Le leader de l’OUN, Stepan Bandera resta en Allemagne où il fut assassiné par un agent de l’URSS. (37)

Quand l’Ukraine devint indépendante en 1991 à la suite de l’effondrement de l’URSS, une partie de la diaspora des Ukrainiens rentra au pays natal et la propagation du nationalisme radical et des idées fascistes contenues dans l’ouvrage de Dontsov, « Le Nationalisme » reprit de nouveau. Ils y créèrent maints partis politiques dont l’un des plus connus est Svoboda (« La Liberté ») lequel a été et est encore aujourd’hui représenté au parlement de l’Ukraine. (21)

A Lvov se trouve une imposante statue de Bandera. Dans beaucoup d’autres villes de l’ouest de l’Ukraine, on trouve sa statue et celles d’autres chefs de l’UPA qui ont du sang innocent sur les mains, comme par exemple celles de Choukhevytch ou Klatchkivskyi. Des rues ou des places portent aussi leurs noms. Cela prouve qu’il existe toujours une menace de voir renaître un nationalisme radical et fascisant dans l’Ukraine occidental et qu’il vaut mieux ne pas prendre cela à la légère. (21).(32)


Conclusion[modifier]

Il y a déjà quelque temps, le 11 juillet 2013, s’est déroulée à Varsovie une marche funèbre – à laquelle ont participé près de 6 000 personnes – pour commémorer le 70e anniversaire du « dimanche sanglant » de Volhynie. Des cérémonies semblables eurent lieu le même jour dans de nombreuses villes de Pologne, surtout à l’Ouest du pays où des populations rescapées furent installées après que les territoires qu’elles avaient habités avaient été intégrés à l’URSS.

Aujourd’hui, au moment où l’Ukraine devrait être associée à l’Union Européenne (le premier volet de l’accord d’association entre l’Union Européenne et l’Ukraine a été signé le 21 mars 2014), il convient de ne pas oublier les différents événements du passé et également de garder présent à l’esprit le fait qu’en Ukraine occidentale les traditions fascistes restent encore très vivaces. Qui en douterait est invité à se pencher sur la plan de la ville de Lvov. Il y trouvera la rue Taras Tchouprynka (Roman Choukhevytch) lequel a ordonné l’assassinat de toute la population non ukrainienne, sans exception, des enfants au berceau jusqu’aux femmes et aux vieillards. Il y trouvera aussi la rue Dmytro Dontsov, théoricien de l’idéologie fasciste ukrainienne et il y verra enfin l’endroit où est érigée la monumentale statue de Stepan Bandera, chef de l’OUN, lui-même condamné à mort pour l’assassinat du ministre polonais Pieracki et pour de nombreux autres actes terroristes. Qui en douterait devrait- comme nous y invite Francis VALLAT (45) - constater qu’en Ukraine, le parti Svoboda, parti important détenteurs de postes ministériels au sein du gouvernement, est composé en grande partie de militants néonazis et dispose de ses propres milices armées, sans oublier que jusqu’en 2004 le logo du parti était le symbole nazi. Fort de la connaissance de cette histoire récente, il est plus facile de comprendre la position actuelle des Ukrainiens de l’Ukraine orientale. Ils parlent russes, leurs parents et grands-parents ont combattu les Allemands dans les rangs de l’Armée Rouge et nombre d’entre eux furent les victimes des partisans de Bandera lesquels, craignant de les voir s’allier aux Soviétiques, les massacrèrent avec la même barbarie qu’ils le firent pour les Polonais. Chez de nombreux Ukrainiens de l’Est existent la peur de devoir être dirigés par les descendants des membres de l’OUN-UPA et de la division SS-Galizien qui perpétuent les points de vue de ces organisations – le principal objectif de Svoboda n’est-il pas la réduction voire la suppression de l’identité russe présente en Ukraine ?



Appendice[modifier]

Eléments biographiques des principaux dirigeants nationalistes ukrainien mentionnés dans l’article

  • Stepan BANDERA (1909-1959)

Né dans le village de Uhrynov, près de Stanislavov (actuel Ivano-Frankovsk), dans la famille d’un prêtre gréco-catholique. Il fréquenta le lycée de Stryj. À partir de 1933, chef de la direction de l’OUN pour la partie de l’Ukraine appartenant à la Pologne. Organisateur d’actes terroristes contre les activistes polonais ainsi que les activistes ukrainiens hostiles à l’OUN. Condamné à mort pour sa participation à l’assassinat du ministre polonais Pieracki, (22) sa peine fut commuée en prison à vie suite à une amnistie. Libéré de prison au début de la guerre en 1939. En 1940, lors de la scission de l’OUN, il devint le chef de l’OUN-B. Il collabora avec l’Abwehr (service de renseignement allemand) et dans le cadre de cette collaboration il mena à bien la création de deux bataillons ukrainiens sous commandement allemand : Nachtigall et Roland. Le bataillon Nachtigall entra en Galicie, aux côtés de l’armée allemande, au moment du déclenchement de la guerre germano-soviétique en juin-juillet 1941. Bandera ordonna à son bras droit, Jaroslaw Stecko, de proclamer, sans l’accord total des Allemands, l’institution d’un État Ukrainien à Lvov en juillet 1941. Pour cela, il fut assigné à résidence à Berlin. De là, il garda la possibilité de continuer à diriger l’OUN. Le 15 septembre 1941, il fut interné dans le camp de concentration de Sachsenhausen – avec des conditions spéciales de détention et une relative liberté -, d’où il fut libéré le 27 septembre 1944. Après la guerre, il s’installa à Munich d’où il chercha à faire renaître l’OUN. C’est dans cette ville qu’il fut assassiné par un agent soviétique. (37)

  • Mykola LEBED (1909-1998)

Il naquit dans la commune de Bobrka dans les environs de Lvov. Il effectua ses études au lycée de Lvov. Dès 1930, il devint membre de l’OUN. Coorganisateur de l’attentat contre le ministre Pieracki ; pour ce, condamné à mort, sa peine fut commuée en emprisonnement à vie, et il fut libéré en 1939 pendant les premiers évènements de la guerre. Après la destitution par les Allemands du gouvernement Stecki, il collabora toujours avec l’Abwehr, en déclarant ouvertement au nom de l’OUN de Bandera la guerre aux Juifs et aux Soviétiques. Après l’assignation à résidence à Berlin de Bandera et de Stecki, il est devenu le dirigeant de l’OUN pour les régions ayant appartenu précédemment à la Pologne – l’UPA qui dépendait de l’OUN était sous ses ordres, il est donc responsable de l’organisation des massacres de Volhynie. Il remplit la fonction de chef de l’OUN jusqu’en août 1943. En outre, il fut le chef du Service de sécurité de l’OUN, le service le plus « sanguinaire » de l’organisation. En août 1943, la direction de l’OUN lui confia la mission de négocier avec les Alliés en vue d’une défaite attendue des Allemands. Après la guerre, il a fui aux États-Unis où il entreprit de collaborer avec les services d’espionnage américains. (19).(29)

  • Roman CHOUKHEVYTCH « Taras Tchouprynka » (1907-1950)

Né dans la commune de Javorov, près de Lvov. En 1925, il devint membre d’organisations nationalistes ukrainiennes. En 1926, il commit un attentat contre l’inspecteur d’académie Sobinski, ce forfait étant le début d’une longue activité de terroriste. Diplômé de l’Ecole Polytechnique de Lvov, il devint membre de la direction de l’OUN. De 1940 à 1941, il dirigea l’OUN-B. En 1941, il devint l’adjoint du chef des affaires politiques allemand du bataillon Nachtigall. En 1942, il accéda au poste de sous-commandant du 201e bataillon Schutzmannschaften, commandé par le général Von dem Bach-Zelewski, et chargé de combattre les partisans soviétiques en Biélorussie. Au printemps 1943, il fut le cofondateur de l’UPA. Responsable du génocide de la population polonaise en Volhynie et en Galicie orientale. Mort en 1950, près de Lvov, encerclé par les hommes du NKWD. (19).(29)

  • Dmytro KLATCHKIVSKYI « Klym Savour » (1911-1945)

Né à Zbaraj près de Ternopol. Il étudia à l’Université de Lvov. En 1943, en devenant le dirigea(deux tomes faisant 1434 pages).nt de l’UPA, il fut l’exécutant direct des décisions de l’OUN. Responsable des massacres de Volhynie. Mort en 1945 lors d’un affrontement avec le NKWD. Une statue en son honneur a été érigée à Zbaraj et à Rovne. (19).(29)

Références[modifier]

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  3. Beauvois D. 1993. La bataille de la terre en Ukraine (1863-1914). Les Polonais et les conflits socio-ethniques. Presse Universitaire de Lille.
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