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Pensée d'Edmund Husserl

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portrait d'Edmund Husserl
Edmund Husserl dans les années 1910.

Face au subjectivisme et à l'irrationalisme du début du XXe siècle la pensée de Edmund Husserl est, selon la plupart des commentateurs, entièrement dominée par le souci de retrouver des bases solides pour les sciences. Écartant les sciences exactes au prétexte qu'elles n'auraient rien à nous dire globalement sur le rapport de l'homme au monde, sa phénoménologie « évacue les questions traditionnelles sur le monde (par exemple, la question de son existence ou de sa non-existence) pour développer une interrogation sur le sens de la transcendance du monde, c'est-à-dire sur son mode d'être » selon Jean-François Lyotard[1]. Husserl, convaincu, comme l'écrit Pierre Thévenaz[2], de la valeur et de l'unité de la raison (donc de la science et de la philosophie comme mathesis universalis), en entreprend une critique radicale.

Désormais toute la réflexion phénoménologique est dominée moins par la description des choses, des phénomènes qui se dévoilent, que par le problème (d'inspiration kantienne) de la « constitution », problème « transcendantal » de la constitution du sens de ce monde « réduit ». « La première mention du concept de « réduction » (thème central de sa pensée) se trouverait dans un texte de l'été 1905 tandis que le premier exposé explicite et complet se lit précisément dans ces Cinq Leçons faites à Gœttinguen sur L'idée de la phénoménologie »[3]. Dans le sillon ouvert par Descartes, Husserl parle encore d'une réduction gnoséologique[4]. La réduction phénoménologique transcendantale ou Époché, dans sa radicalité, s'affirmera plus tard dans les « Ideen I ».

Les livres à la base de cet article sont essentiellement ceux de Jean-François Lyotard, Renaud Barbaras, Emmanuel Housset, ainsi que de l'article de Pierre Thévenaz dans la revue en ligne Revue de théologie et de philosophie de 1952[5].

L'évolution de sa pensée[modifier]

Mouvement général[modifier]

À lire Pierre Thévenaz[3], la démarche de Husserl serait « sinueuse tâtonnante, reprise constante exploration à l'aveuglette ». Paul Ricœur[6] remarque, par exemple, « on a dit qu'en 1901 Husserl était réaliste et qu'en 1911 il est idéaliste », contradiction que cet auteur préfère attribuer à la prise en compte successive mais sans reniement de la première position, d'un autre niveau de réflexion et d'analyse par une conscience qui oscille entre plusieurs moments de son ascèse[7] . Pierre Thévenas[8], parle d'un « mouvement irrépressible de dépassement perpétuel qui est un des caractères les plus frappants de cette philosophie du dynamisme intentionnel de la conscience ». Il ne faut pas considérer chacune de ses œuvres isolément en n'y voyant que l'application successive d'une méthode originale à des sujets divers : logique, temps, structure de la conscience, évidence, intentionnalité, crise des sciences, etc. L'histoire de cette pensée peut être schématisée par une spirale reprenant d'ouvrage en ouvrage inlassablement les mêmes thèmes pour les approfondir sans cesse[N 1]. Il ne faut donc pas y voir non plus, comme chez Leibniz, une suite de points de vue où s'exprimerait de façon toujours nouvelle une même intuition fondamentale[8]. « Nous devons y voir au contraire un effort patient pour amener à la clarté une visée d'abord obscure et tâtonnante, de sorte que les dernières œuvres sont dans une large mesure indispensables à la véritable intelligence des premières »[8]. Vers 1905 Husserl passe par une crise intérieure très sérieuse qui l'amène à douter de sa propre qualité de philosophe. La pensée de Husserl comparée à celle de Descartes apparaît, si l'on suit Pierre Thévenas[9] tel un écheveau embrouillé.

La pensée de Husserl tournerait autour de notions inlassablement reprises et approfondies tout long de ses œuvres tels : la Réduction phénoménologique, l'Intentionnalité, la Subjectivité transcendantale, le Moi transcendantal, l'Intersubjectivité, le Monde de la vie. L'évolution de cette pensée peut être grossièrement résumée à travers les moments qui suivent :

  1. La démarche cartésienne qui aboutit à l'ego est une première application de la méthode de la réduction
  2. La radicalisation de cette première réduction appliquée au cogito donne la conscience en tant qu'elle est « conscience de quelque chose » ou « intentionnalité » et non substance mondaine
  3. Le monde et les choses du monde deviennent de simples phénomènes vis-à-vis d'une conscience dorénavant constituante. S'interroger sur le sens de la transcendance du monde c'est s'interroger sur son mode d'être Jean-François Lyotard[1].
  4. Toute donation d'objet suppose au préalable une corrélation du moi et de l'objet plus fondamentale impliquant un nouveau sens du monde
  5. Le Moi transcendantal comme premier aboutissement
  6. La genèse du monde de la vie
  7. L'intersubjectivité

Du point de vue des œuvres[modifier]

La publication à partir de 1950 des Husserliana[10], aurait permis de mieux comprendre l'évolution de sa pensée de 1900 à 1938 . Le premier volume des Husserliana publié en 1950 contient notamment, le texte original allemand des Méditations cartésiennes, inédit jusqu'à cette date. Texte dont on peut situer l'origine en 1929, où, invité par l'Institut d'Études germaniques de Paris et par la Société française de Philosophie, Husserl avait prononcé en Sorbonne des conférences en allemand sous le titre Introduction à la Phénoménologie transcendantale, rédigé à son retour à Fribourg , traduit en français sous le titre de Méditations cartésiennes et publié à Paris en 1931[3].

Le second volume de ces archives, nous éclairrait sur une tout autre phase de la pensée de Husserl, celle qui sépare les Logische Untersuchungen (1900) ou Recherches logiques et les Ideen I (1913). « Jusque-là, on avait peine à s'expliquer le passage qui menait des premières préoccupations logiques, de la critique du psychologisme et du relativisme, des premières analyses phénoménologiques, bref de ce qu'on croyait pouvoir qualifier de réalisme des essences idéales ou de nouveau platonisme, jusqu'à l'idéalisme transcendental des Ideen, où l'on voyait pour la première fois intervenir la fameuse « réduction phénoménologique » qui semblait comme tomber du ciel. Husserl était-il vraiment réaliste en 1900 et idéaliste en 1913 ? »[11].

Le troisième volume ' amorce la publication intégrale des Ideen dont Husserl, en 1913, n'avait livré que la première partie[12].

Du point de vue des thèmes[modifier]

S'agissant du démarrage de la « phénoménologie », Jean-François Lyotard[1],l'attribue à la découverte de l'« intentionnalité » conduisant au refus husserlien de distinguer entre intériorité et l'extériorité (sujet face au monde). Au début du XXe siècle une analyse de la conscience relève sans conteste, de la psychologie, c'est-à-dire d'une méthode qui serait selon Husserl, impuissante à éclaircir l'objectivité absolue. Husserl innoverait en ne se demandant pas ce qui se passe dans la conscience, devant la « chose » qui nous sollicite, mais ce que « nous entendons par... », ce que nous avons dans l'esprit[13].

De formation scientifique, Husserl aurait été hanté par le problème du fondement des sciences depuis son premier ouvrage Philosophie der Arithmetik (1891), jusqu'à sa mort[8]. Dès les premières interrogations sur les fondements des mathématiques, il se serait trouvé renvoyé à la logique, puis à l'épistémologie, et enfin à l'ontologie. Par ailleurs tout au long de sa carrière, Husserl serait demeuré convaincu de l'unité de la raison (donc de la science et de la philosophie en une espèce de « mathesis universalis »)[14]. Husserl souscrirait à l'espérance cartésienne de faire de la philosophie une « science universelle » , possédant des fondements absolument certains, sur laquelle les autres sciences pourront prendre appui[15]. En effet pour Husserl toute science porterait en elle « l'idée téléologique que le savant veut non seulement porter des jugements, mais les fonder » [16],[N 2].

En 1913 sont publiées les Idées directrices pour une phénoménologie et une philosophie phénoménologique pures ou Ideen I, dont Renaud Barbaras[17] résume ainsi l'idée directrice : « les Ideen I tentent d'expliciter le passage de l'époché ( ou Réduction phénoménologique) au transcendantal, c'est-à-dire de montrer que le résidu de l'époché est bien la conscience ». Plus tard, avec les Méditations cartésiennes, correspondant à deux conférences de 1929, il se préoccupe de donner aux sciences un fondement absolu, qu'elles auraient en visée même lorsqu'elles y échouent[13]. Dans ce livre, Husserl reprendrait de façon nouvelle la démarche radicale des Méditations métaphysiques de Descartes pour fonder l'édifice de la « phénoménologie transcendantale ». Il y transparaîtrait déjà la double préoccupation de la phénoménologie : la visée d'un fondement objectif absolu ainsi que l'analyse de l'intentionnalité du savant en quête de l'objectivité absolue[13]. Jean-François Lavigne[18] qualifie Les méditations de texte fondateur à travers lequel Husserl déploie d'une manière publique et synthétique l'ensemble du programme de la « phénoménologie transcendantale ».

C'est en faisant appel à la méthode dite de la « réduction phénoménologique »̆ que Husserl dépasserait les positions objectiviste ou psychologique qui dominaient la philosophie de son temps . Le concept de réduction apparaît explicitement dans l'œuvre de Husserl autour des années 1907 dans une publication intitulée L'idée de la phénoménologie. Dans cette œuvre, Husserl parlerait encore d'une réduction gnoséologique[4]. La première réduction phénoménologique a pour objet la recherche d'un fondement indubitable pour la « connaissance » et pour ce faire, le monde naturel du sens commun est simplement « mis entre parenthèses »; cette opération n'est pas un déni du monde ni une mise en doute de son existence. Comme le fait remarquer Pierre Thévenaz[14], un des effets cachés de la réduction phénoménologique est de tracer une coupure non plus entre les disciplines rationnelles (philosophie et science) et la connaissance naturelle, mais entre la philosophie (transcendantale, non-mondaine) et la science rejetée du côté du monde naturel.

Dans les années 1934-1936 avec la crise de l'humanité européenne et de la philosophie, Husserl nous inviterait à reconnaître dans la raison philosophique le sens, l'unité et la « « téléologie » cachée de l'histoire européenne (thème central développé dans la Krisis).̽

La radicalisation du projet cartésien[modifier]

Husserl endosserait l'espérance cartésienne d'une philosophie comme « science universelle , possédant des fondements absolument certains », et à ce titre pouvant servir d'appui aux autres sciences[15],[N 3]. La phénoménologie cherche à résoudre la vieille question du fondement radical de toute l'entreprise de la raison philosophique. S'interdisant la facilité du recours à Dieu, le fondement ultime ne pourra être que du côté du sujet. Il s'agira de trouver une évidence absolue qui, comme ie « phénomène », porterait en elle-même sa légitimation qui se donnerait elle-même comme première et absolue et n'aurait besoin de rien d'autre pour être fondée, bref une source radicale d'« apodicticité » qui donnerait son sens à la science et à la raison en général. Pour ce faire, la méthode à mettre en œuvre consiste à ramener la connaissance à « des intuitions absolues au-delà desquelles on ne peut remonter ».

Les sciences modernes n'auraient pas, selon Husserl, la capacité d'interroger par elles-mêmes, leur propre fondement, l'ambition de la phénoménologie va être de procurer à leurs formations théorétiques, sens et validité, en mettant à jour leur fondement ultime[19]. La recherche d'un fondement indubitable passe par la suspension de notre croyance naïve et dogmatique en l'existence ou la nature ontologique du monde (attitude naturelle), et ce afin d'atteindre son mode de donation (Wie ihrer Gegebenheitsweis). Ensuite, le premier principe à observer : « ne jamais admettre comme valable aucun jugement, qui ne soit puisé dans l'évidence, c'est-à-dire dans des expériences où, les choses et faits en question, nous sont présents « eux-mêmes » »[15]. En neutralisant par la méthode de la réduction, la thèse du monde, « l'« époché » permet d'interroger le sens d'être du monde qui nous est donné [...] de saisir ce que signifie exister pour ce monde, dont on ne peut justement pas douter »[20]. La première réduction phénoménologique cherche un fondement indubitable pour la connaissance et pour ce faire, le monde naturel du sens commun est simplement mis entre parenthèses, cette opération ne doit pas être comprise comme un déni du monde ni la mise en doute de son existence[4]. Mais avec la réduction phénoménologique on assiste non seulement à la suspension de tout jugement d'existence et de valeur sur les objets, mais encore à une rupture radicale avec le monde naturel et l'attitude naturelle de la connaissance[12].

La question du temps[modifier]

Après les Ideen I qui en donnait une première formulation, c'est dans son livre Leçons pour une phénoménologie de la conscience intime du temps[21] que Husserl expose l'essentiel de sa compréhension de l'essence du temps. Husserl y délaisse le temps objectif pour s'intéresser au temps apparaissant à la temporalité vécue . Dans la « constitution » du temps objectif Husserl va distinguer trois niveaux qu'il fait dériver les uns des autres en vertu d'un rapport de fondation écrit Renaud Barbaras[22]. Comme le note Rudolf Bernet[23], la question relative à l'essence du temps est immédiatement détournée vers la question de son origine, elle-même axée sur « les formations primitives de la conscience du temps », dont il se propose de comprendre les modalités de constitution . Mettre en évidence cette constitution consiste à remonter du temps immanent, apparaissant, à son mode d'apparition, c'est-à-dire aux vécus spécifiques en lequels se constitue l'apparaître du temps[24],[N 4].. De cette approche il ressort plusieurs découvertes fondamentales à savoir:

  1. « Le temps n'est pas simplement un objet de la conscience, parmi les autres, mais la conscience est elle-même intrinsèquement structurée de façon temporelle; voire même que le temps joue un rôle primordial dans l'auto-constitution du « flux absolu de la conscience » » écrit Alexander Schnell[25].
  2. L'analyse phénoménologique fait percevoir l'unité de la conscience qui embrasse à la fois le présent et le passé, note Gérard Granel[26]. Par le jeu de la rétention le « maintenant » est systématiquement accompagné de la conscience du « tout-juste-passé ».
  3. Husserl introduit la notion de « tempo-objet », qui ne sont pas de l'ordre du perçu mais qui ont pour fonction de manifester l'unité d'une durée ( une mélodie par exemple), à partir de laquelle il va tirer sa compréhension de ce qu'il appelle la « conscience constitutive du temps »[27].

La science éidétique[modifier]

En rupture avec les thèses issues du positivisme et de l'empirisme Husserl s'intéresse à la manière dont chaque objet se constitue dans notre regard. Le mode de constitution des essences de choses le conduit dès le début à considérer la possibilité d'une « science éidétique », note Jean-François Lyotard[28]. Dans la pensée de Husserl, « l'essence n'est pas définie seulement comme « quiddité », ce que la chose est (son quid), mais comme la condition nécessaire de possibilité de certaines déterminations : c'est ce sans quoi tels contenus disparaîtraient. Tout ce qui appartient à l'essence d'un individu , un autre individu peut le posséder » écrit Renaud Babaras[29]. La notion d'essence est à distinguer de généralités purement inductives telles que lion, chaise, étoile selon les exemples qu'en donne Emmanuel Levinas[30].

Avec la « réduction éidétique » , la phénoménologie devient une science des essences note Emmanuel Housset[31]. Ce n'est plus l'expérience seule qui donnerait la chose même, celle-ci pense Husserl, demande la mise en œuvre de connaissances a priori qui ne sont pas seulement antérieures à l'expérience mais qui sont comme chez Kant indépendantes de l'expérience. Cet a priori est ancré dans ce que Husserl appelle une intuition « éidétique » spécifique qui nous met en présence d'essences universelles (par exemple le coq , le nombre deux, l'objet en général), de la même façon que l'intuition sensible nous met en présence d'objets individuels (comme une chose jaune particulière, une paire d'objets particuliers)[N 5]. « La connaissance a priori n'est plus une connaissance déterminée par son antériorité vi-à-vis de toute connaissance d'objet, mais est une connaissance de l'être même des choses » écrit Emmanuel Housset[32]. L'intuition de l'essence sera au même titre que l'intuition de l'individu conscience de quelque chose qui est donné en personne dans cette intuition[29].

Ainsi conçue la « science éidétique » est d'abord une « description qui vise à rendre raison de l'essence d'un phénomène à partir de la série des variations dont est susceptible son appréhension »[33]. Husserl aspire ensuite à construire une science des essences par quoi l'être des choses, et de toutes les choses, nous serait donné . Il découvre « les lois éidétiques qui guident toute connaissance empirique [...] Il distinguera hiérarchiquement et en partant de l'empirique 1/ les essences matérielles (celles de vêtement par exemple) étudiées par des ontologies ou sciences éidétiques matérielles-2/ les essences régionales (objet culturel) coiffant les précédentes- 3/ enfin l'essence d'objet en général »[28]. Or, l'intuition de l'essence est au même titre que l'intuition de l'individu conscience de quelque chose qui est donné en personne dans cette intuition[29].

Jean-François Lyotard[34] résume ainsi les conclusions importantes de cette première étape : « À chaque science empirique correspond une science éidétique concernant l'« eidos » régional des objets étudiés par elle, la phénoménologie elle-même est à cette étape définie comme science éidétique de la région conscience ; en d'autres termes dans toutes sciences empiriques de l'homme se trouve impliquée nécessairement une essence de la conscience »

Le tournant transcendantal[modifier]

Pierre Thévenas[35] parle à propos des trois ouvrages, Idées directrices pour une phénoménologie et une philosophie phénoménologique pures, Méditations cartésiennes et La Crise des sciences européennes et la phénoménologie transcendantale : de « trilogie de la phénoménologie transcendantale ». L'idée de transcendantal recouvre chez Husserl un domaine plus large que dans son sens classique. Il y a du « transcendantal » toutes les fois où il est question de l'ultime source de la connaissance à savoir : « l'auto-méditation du sujet connaissant »[36]. « Cette expression concerne la « vie de la conscience » au sein de laquelle se met en place le monde « pré-donné » y compris l'être du philosophe comme homme de ce monde [..] et qui précède toute mondanéité comme sa condition de possibilité », que la réduction a pour objet de suspendre, note Eugen Fink[37]. « L'idée d'une phénoménologie transcendantale, d'un idéalisme transcendantal passant par le chemin de la réduction phénoménologique trouve sa première expression publique dans les Cinq conférences qui portent le titre de L'idée de la phénoménologie » écrit Paul Ricœur [38].

Renaud Barbaras[17] écrit : « les Ideen I tentent d'expliciter le passage de l'époché ( ou Réduction phénoménologique) au transcendantal, c'est-à-dire de montrer que le résidu de l'époché est bien la conscience » Avec la« subjectivité transcendantale » on dépasse le traditionnel problème de la transcendance, c'est-à-dire du lien entre la conscience et son objet[N 6], que Husserl qualifie de faux problème. Si problème il y a, cela viendrait d’abord de la méconnaissance de la vraie nature de la subjectivité, qui est transcendantale et non mondaine[39]. Pour lui, tout objet pensable reste selon les principes de la constitution transcendantale une formation de sens de la subjectivité pure.

Le Moi, la subjectivité transcendantale[modifier]

L'aboutissement du mouvement qui depuis Descartes conduit la philosophie à faire du Je et de la conscience de Soi le point de départ de toute pensée et le fondement de toute connaissance certaine, est le « Moi transcendantal » ou « subjectivité transcendantale ». Eugen Fink[40], disciple de Husserl, affirme :« Toute philosophie accomplit sur le mode subjectif de la prise de conscience de soi l'opération de fondation »>.

À l'époque des Recherches logiques, Husserl refusait de penser le « Moi » comme quelque chose de spécifique distincte des vécus. Ceci le conduisait à réduire le « Moi » à la « totalité unifiée » des vécus qui du même coup constituaient l'unité de la conscience. Dans ces conditions cette dernière ne pouvait être rien d'autre qu'une « visée », ce qui était confirmé de plus par l'affirmation renouvelée de son caractère essentiellement intentionnel[41].

C'est dans les « Ideen » qu'est apparue la nécessité de les distinguer et d'assurer la première place à la relation entre chaque vécu avec le moi « pur ». En effet tout acte intentionnel : « le fait d'être dirigé sur, occupé à, de faire l'expérience de... enveloppe dans son sens d'être un rayon qui émane du « moi », qui constitue un point d'origine, un pôle égologique qui demeure identique dans la suite des vécus »[41]. « Il y aura désormais deux faces dans tout vécu une face orientée sur l'objet et une face orientée subjectivement c'est-à-dire procédant du moi »[42].

Revenant dans les Méditations cartésiennes[43], sur le concept d'ego qui exprime la continuité du « moi », Husserl ne le considère plus comme un concept vide. Car, le « moi » existant, qui vit comme ceci ou cela, effectuant des actes qui ont un sens objectif nouveau, acquiert spontanément ce que Husserl appelle des habitus, c'est-à-dire des modes d'être qui peuvent devenir comme une « propriété permanente nouvelle »[44]. À la différence de Emmanuel Kant le « moi » de la réduction, « le moi transcendantal », « n'est pas une conscience conçue logiquement mais une conscience naturelle », écrit Jean-François Lyotard[45]. Husserl insiste sur le fait que le moi empirique dit « moi de l'attitude naturelle, est aussi et à tout instant moi transcendantal », mais regardé d'un point de vue différent. La différence entre « moi empirique » et « moi transcendantal » c'est que le premier est « intéressé au monde » alors que le moi « transcendantal », par la réduction, tel un « spectateur désintéressé » s'arrache au monde pour mieux le voir. « Le monde se révèlera être une réalité constituée par la conscience pure [...] la découverte de la subjectivité pure comme lieu originaire de toute donation de sens [...] permet de comprendre le véritable sens du monde » écrit Emmanuel Housset[46], dans son ouvrage intitulé Husserl et l'énigme du monde.

La genèse du monde[modifier]

Le « monde de la vie », est une expression traduite de l'allemand Lebenswelt, que Husserl s'approprie, plus comme une « rubrique problématique » que comme un concept parfaitement constitué[47]. À toutes les étapes de la pensée évolutive de Husserl, remarque Mario Charland[48], dans son mémoire, les thématiques du « monde de la vie » comme celle de la « réduction » sont, explicitement ou implicitement, présentes. Il y a avec la Krisis[49] un renversement complet de perspective, maintenant ce n'est plus l' ego mais « le monde qui est l'objet d'une pure évidence, monde donné « anté-prédicativement » et qui demeure présent pendant tout le processus de réduction »[50]. S'agissant du monde de la vie, de sa genèse, la question du « comment de la donnée d'avance », selon l'expression de Husserl, se pose[51]. Comme l'écrit Dan Zahavi[52],« le monde de la vie deviendra une première rubrique intentionnelle, l'index, c'est-à-dire, le fil conducteur pour les questions en retour qui porteront sur la diversité des modes d'apparition et leurs structures intentionnelles ». Pour un tel changement de sol, de l'ego vers le monde pré-donné de la vie, il faut que celui-ci présente un caractère plus systématique de manière que tout ce qui appartenait au monde « anté-prédicatif » atteigne la scientificité même de ce concept note Mario Charland[53], dans son mémoire. Qu'en est-il de ce monde que nous fait découvrir l'intentionnalité et qui dépasse l'opposition de l'homme et du monde ? Pour Emmanuel Housset[54] « il s'agit de décrire l'unité du mouvement par lequel l'homme vise le monde et du mouvement par lequel le monde s'annonce à l'homme »

Le monde de la vie, dans lequel je suis moi-même incorporé, n'est pas un simple monde des choses, mais il est tout à la fois, en arrière-plan, un monde de valeurs, de biens et un monde pratique. Cette notion désigne en gros, « le monde tel qu'il se donne par opposition au monde exact construit par les sciences modernes de la nature », les phénoménologues parlent aussi de monde pré-scientifique [N 7]. On peut inclure dans ce concept toutes les prestations, concrètes comme abstraites, qu'un ego peut effectuer dans le cours naturel de sa vie (perception d'objet, de chose, de personne, pensée en général, jugement scientifique, hypothèse métaphysique, croyance de toutes sortes, etc.). Il contient aussi des environnements idéaux, corrélats des actes de connaissance comme les nombres qui se rencontrent dans les actes de numération.Paul Ricœur[55], note à ce propos que l'illusion la plus constante qui caractérise la « thèse du monde » est la croyance naïve à l'existence « en soi » de ce monde et que toute perception empirique d'objet aurait a priori un caractère d'évidence que n'aurait pas la simple réflexion[N 8].

Dans une note Julien Farges rapporte cette analyse : « l’histoire de ce mot fait apparaître une évolution qui part du monde de la vie « Welt des Lebens », qui passe par le monde du vivant « Welt des Lebendigen », pour nous conduire jusqu’au monde vécu « erlebte Welt », tout cela s’exprime en une seule et unique formule, celle de la « Lebenswelt » ». En résumé la Lebenswelt signifierait selon cet auteur[56], le passage d’une vie située « dans un monde » à une vie « vivant le monde » lui-même, et qui façonne celui-ci tout autant qu’elle est façonnée par lui. Cette évolution et cette sédimentation de sens fait, dans une autre contribution de Julien Farges[57], de la notion de Lebenswelt « un foyer de tensions entre une mondanéisation de la vie et une subjectivation du monde, qui signifie qu’il n’y va pas en elle de l’une ou l’autre de ces deux tendances, mais bien de l’articulation, de la corrélation même entre un « vivre » et un « monde » ».

Dans la Krisis un nombre important de paragraphes comporte cette expression de « monde de la vie » étudié sous divers angles, par exemple, vis-à-vis des sciences, dans l'œuvre de Kant, face à l'attitude naïve, de la nécessité d'une ontologie du « monde de la vie ».

L'intersubjectivité[modifier]

Les Méditations cartésiennes[58], nous apprennent que c'est à l'intérieur de l'Ego que se constitue tout sens d'être. Il s'ensuit que pour cet Ego, l'affirmation de l'existence d'une autre conscience constituante, à la base du phénomène de l'intersubjectivité, est contradictoire. Husserl pense arriver à lever cette contradiction « à condition de descendre à un niveau de profondeur suffisant »[59] . Pour définir le sens d'être du monde objectif, il s'agit d'éclairer le rapport entre intersubjectivité et objectivité. Dans l'analyse traditionnelle « on considère comme intersubjectif tout ce qui est « indépendant » de toute conscience quelle qu'elle soit et est par conséquent objectif » écrit Bernard Bouckaert[60], dans un article de la Revue philosophique de Louvain. Une telle conception tend à confondre intersubjectivité et universalité. À l'inverse, remarque cet auteur, chez Husserl l'objectivité est qualifiée d'intersubjective, non parce qu'elle est universelle mais« parce qu'elle dépend constitutivement d'une pluralité de sujets ». Cette définition n'est pas seulement sémantique, elle souligne une différence d'ordre ontologique entre le concept classique et le concept husserlien [61].

Grâce à cette conception de l'intersubjectivité Husserl détermine « le sens d'être du monde objectif qui est d'être un monde commun où chaque chose est la même pour tous ». Loin de se résumer à n'être qu'une question d'anthropologie phénoménologique régionale distinguant le Je du Nous, Husserl comprend l'intersubjectivité , comme une dimension essentielle du monde. Mais l'accès à ce monde commun présuppose que je peux transgresser ma propre sphère absolue pour poser la transcendance d'autrui[62],[N 9],[N 10]. Emmanuel Housset écrit[63] « ce qui semblait une transcendance seconde par rapport à la transcendance du monde s'annonce au contraire comme une transcendance première en soi [...] De fait seule l'expérience de l'autre homme peut me sortir des limites de mon propre monde. C'est en constituant le sens d'autrui que le sujet peut constituer le monde commun [...] L'altérité du monde objectif [...] ne peut être comprise qu'à partir de l'expérience d'une pluralité d' ego unis en une même communauté ».

Références[modifier]

  1. 1,0 1,1 et 1,2 Jean-François Lyotard 2011, p. 15
  2. Pierre Thévenaz 1952, p. 27,note lire en ligne
  3. 3,0 3,1 et 3,2 Pierre Thévenaz 1952, p. 10 lire en ligne
  4. 4,0 4,1 et 4,2 Mario Charland 1999, p. 1 lire en ligne
  5. Pierre Thévenaz 1952 lire en ligne
  6. Paul Ricœur, p. XXXI
  7. Paul Ricœur, p. 4 eme de couverture
  8. 8,0 8,1 8,2 et 8,3 Pierre Thévenaz 1952, p. 21 lire en ligne
  9. Pierre Thévenaz 1952, p. 9 lire en ligne
  10. Archives inédites d'Husserl déposée, pour les protéger du régime nazi, à Louvain en Belgique
  11. Pierre Thévenaz 1952, p. 13 lire en ligne
  12. 12,0 et 12,1 Pierre Thévenaz 1952, p. 14 lire en ligne
  13. 13,0 13,1 et 13,2 Pierre Thévenaz 1952, p. 22 lire en ligne
  14. 14,0 et 14,1 Pierre Thévenaz 1952, p. 27 note lire en ligne
  15. 15,0 15,1 et 15,2 Méditations cartésiennes, p. 11
  16. Méditations cartésiennes, p. 9 § 4
  17. 17,0 et 17,1 Renaud Barbaras 2008, p. 84
  18. Les méditations cartésiennes de Husserl, p. 4ème de couverture
  19. Dan Zahavi 1993, p. 364-365 lire en ligne|
  20. Renaud Barbaras 2008, p. 82
  21. Edmund Husserl 1994, p. 14
  22. Renaud Barbaras 2008, p. 142
  23. Rudolf Bernet 1987, p. 502lire en ligne
  24. Renaud Barbaras 2008, p. 126
  25. Alexander Schnell 2016, p. 66
  26. Gérard Granel 1968, p. 38
  27. Husserl 1994, p. 40
  28. 28,0 et 28,1 Jean-François Lyotard 2011, p. 20
  29. 29,0 29,1 et 29,2 Renaud Barbaras 2008, p. 40
  30. Emmanuel Levinas 2011, p. 232 lire en ligne
  31. Emmanuel Housset 2000, p. 111
  32. Emmanuel Housset 2000, p. 90
  33. article Phénoménologie Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 615
  34. Jean-François Lyotard 2011, p. 21
  35. Pierre Thévenaz 1952, p. 17 lire en ligne
  36. Krisis, p. 113
  37. Eugen Fink 1974, p. 27
  38. Paul Ricœur, p. XXXIV
  39. Pascal Dupond 2017, p. 10 lire en ligne
  40. Eugen Fink 1974, p. 184
  41. 41,0 et 41,1 Renaud Barbaras 2008, p. 107
  42. Renaud Barbaras 2008, p. 108.
  43. Méditations cartésiennes, p. 22.
  44. Renaud Barbaras 2008, p. 109
  45. Jean-François Lyotard 2011, p. 31.
  46. Emmanuel Housset 2000, p. 19
  47. Julien Farges 2010, p. 18
  48. Mario Charland 1999, p. 6 lire en ligne
  49. Krisis
  50. Mario Charland 1999, p. 162 lire en ligne
  51. Krisis, p. 175 §43
  52. Dan Zahavi 1993, p. 367 lire en ligne
  53. Mario Charland 1999, p. 161 lire en ligne
  54. Emmanuel Housset 2000, p. 17
  55. Paul Ricœur, p. XVI
  56. Julien Farges 2010, p. 19
  57. Julien Farges 2006 § 7/8 lire en ligne
  58. Méditations cartésiennes
  59. Renaud Barbaras 2008, p. 148
  60. Bernard Bouckaert 2001, p. 633 lire en ligne
  61. Bernard Bouckaert 2001, p. 637 lire en ligne
  62. Emmanuel Housset 2000, p. 221
  63. Emmanuel Housset 2000, p. 226

Notes[modifier]

  1. « Paul Ricœur remarquait dans les Ideen I, première œuvre de maturité de Husserl un mouvement de construction en spirale, tel que les études initiales servent de béquilles, mais seulement de béquilles, aux études postérieures et de niveau supérieur, qui devaient seules faire apparaître le véritable sens de la réduction et de la constitution »-Gérard Granel 1968, p. 20 note1
  2. La fondation ci requise signifie la légitimation ultime, celle qui, de par son « évidence » indéniable clôt toute recherche ultérieure d'une justification plus satisfaisante. « L'expérience de l'« évidence » [...] constitue la base de la science authentique »-Bruce Bégout 2016, p. 31
  3. « Il semblait naturel à Descartes que la science universelle dût avoir la forme d'un système déductif, système dont tout l'édifice reposerait ordine geometrico sur un fondement axiomatique servant de base absolue à la déduction »-Méditations cartésiennes, p. 6
  4. Renaud Barbaras qui consacre une vingtaine de pages de son livre à la conception du temps de Husserl, note « le parallèle avec la chose est absolu : le temps perçu, objectif, est constitué à partir d'un temps senti qui est une donnée absolue [...] ce temps immanent fait l'objet d'une évidence phénoménologique »-Renaud Barbaras 2008, p. 125
  5. « Avant de faire de la physique, il faut étudier ce qu'est le fait physique [...] aucune psychologie empirique ne peut être entreprise si l'essence du psychique n'a pas été saisie [...] En d'autres termes il faut définir les lois éidétiques qui guident toute connaissance empirique »-Jean-François Lyotard 2011, p. 19
  6. « comment l’intériorité ou l’immanence d’un moi naturel ou mondain peut-elle s’ouvrir sur l’extériorité du monde ? »
  7. « La vie est ce donné primitif qui s'articule progressivement dans le cadre d'une relation, c'est-à-dire d'une expérience, dans le contexte de laquelle se constitue simultanément et interactivement la subjectivité d'un sujet et l'objectivité du monde »-Jean-Claude Gens 2010, p. 69
  8. « Toute pensée scientifique et toute problématique philosophique comportent des évidences préalables : que le monde est, qu'il est toujours d'avance là [...] toute visée présuppose le monde dans son être, comme horizon de tout ce qui vaut indubitablement, ce qui implique un certain stock de choses connues et de certitudes soustraites au doute » écrit Husserl-Krisis, p. 126
  9. « L'expérience des autres comme alter ego, est la condition pour que le monde apparaisse comme monde objectif [...], le monde comme monde commun est une structure a priori du nous transcendantal »-Emmanuel Housset 2000, p. 227
  10. « Alors que Descartes transcende le cogito par Dieu, Husserl transcende l'ego par l'alter ego ; ainsi cherche-t-il dans une philosophie de l' intersubjectivité le fondement supérieur de l'objectivité que Descartes cherchait dans la véracité divine » écrit-Paul Ricœur 1954, p. 77

Liens externes[modifier]

Bibliographie[modifier]

  • Edmund Husserl (trad. Paul Ricœur), Idées directrices pour une phénoménologie, Gallimard, coll. « Tel », , 567 p. (ISBN 2-07-070347-9).
  • Edmund Husserl (trad. Henri Dussort, préf. Gérard Granel), Leçons pour une phénoménologie de la conscience intime du temps, PUF, coll. « Épiméthée », , 4e éd., 202 p. (ISBN 2 13 044002 9).
  • Edmund Husserl (trad. Gérard Granel), La crise des sciences européennes et la phénoménologie transcendantale, Gallimard, coll. « Tel », , 589 p. (ISBN 2-07-071719-4).
  • Edmund Husserl (trad. Mlle Gabrielle Peiffer, Emmanuel Levinas), Méditations cartésiennes : Introduction à la phénoménologie, J.VRIN, coll. « Bibliothèque des textes philosophiques », , 136 p. (ISBN 2-7116-0388-1).
  • Michel Blay, Dictionnaire des concepts philosophiques, Larousse, , 880 p. (ISBN 978-2-03-585007-2).
  • Eugen Fink (trad. Didier Franck), De la phénoménologie : Avec un avant-propos d'Edmund Husserl, Les Éditions de Minuit, coll. « Arguments », , 242 p. (ISBN 2-7073-0039-X).
  • Jean-François Lyotard, La phénoménologie, PUF, coll. « Quadrige », , 133 p. (ISBN 978-2-13-058815-3).
  • Renaud Barbaras, Introduction à la philosophie de Husserl, Les Éditions de la transparence, coll. « Philosophie », , 158 p. (ISBN 978-2-35051-041-5).
  • Emmanuel Housset, Husserl et l’énigme du monde, Seuil, coll. « Points », , 263 p. (ISBN 978-2-02-033812-7).
  • Philippe Arjakovsky, François Fédier et Hadrien France-Lanord (dir.), Le Dictionnaire Martin Heidegger : Vocabulaire polyphonique de sa pensée, Paris, Éditions du Cerf, , 1450 p. (ISBN 978-2-204-10077-9).
  • Julien Farges, « Monde de la vie et primordialité chez Husserl », Revue Philosophie, Editions de Minuit, no 108,‎ , p. 15-34 (ISBN 9782707321497).
  • collectif (préf. Jocelyn Benoist), La conscience du temps. Autour des Leçons sur le temps de Husserl, J.Vrin, (ISBN 978-2-7116-1887-3).
  • Gérard Granel, Le sens du temps et de la perception chez E.Husserl, Gallimard, coll. « Bibliothèque de philosophie », , 280 p..

Articles connexes[modifier]

  • Moi transcendantal
  • Lexique de phénoménologie
  • Idées directrices pour une phénoménologie et une philosophie phénoménologique pures
  • La Crise des sciences européennes et la phénoménologie transcendantale
  • Méditations cartésiennes
  • L'idée de la phénoménologie
  • Leçons pour une phénoménologie de la conscience intime du temps
  • Monde de la vie
  • A priori corrélationnel (Husserl)
  • Intentionnalité
  • Perception (phénoménologie)
  • Intersubjectivité (phénoménologie)
  • De la phénoménologie
  • Sixième Méditation cartésienne
  • Monde ( phénoménologie)

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