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Passage (Renaud Camus)

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Passage, publié en 1975, est le premier roman de Renaud Camus, salué par Roland Barthes. La particularité de ce roman est sans doute de ne pas en être un au sens classique : en effet, on y trouve ni récit, ni personnage, à moins de considérer que les mots et les phrases sont les personnages du livre, vivant aventures et déformations tout au long du texte.

L'exercice de lecture est donc inhabituel. L'esprit repère vite les caractéristiques du texte : des références et des citations non citées, dont les ouvrages et les auteurs sont plus ou moins explicites (George Sand, Alain Robbe-Grillet, Marguerite Duras, Vladimir Nabokov, Henry James, Mazo de la Roche,... ), mais également des références à des films (India Song, la Bandera, Blow up,...), des mots qui jouent comme des leitmotives, des phrases comme des refrains, des scènes qui se retrouvent et se déforment...

Le jeu intervient à trois niveaux : le mot, la phrase, la scène.

Avant même les jeux élaborés, tel l'anagramme, le jeu sur les mots se repère à la simple lecture : famille autour d'un mot (indien d'Inde, indien d'Amérique, Indiana, Indianapolis, bateau qui s'appelle L'Indus, provinces de l'Inde, l'Indre, etc), mot apparaissant sous ses différents sens (marquise titre nobiliaire, marquise d'un tableau, marquise verrière, îles Marquises), jeu sur les homonymes (vert, verre, vers, (verre blanc, vers blancs (et « supprimer les blancs » (typographie), « massacre des Blancs »)), vair (fourrure), vair (blason)), jeu sur les îles, glissement des orthographes (vérandah/véranda, bazaar/bazar, etc). On peut faire des collections par thème, les variations sur les anges, les voitures, les états d'Amérique, les dessins de quadrillages, ou plus généralement les dessins géométriques, les palmiers, les couleurs, les noms des reines d'Angleterre, etc.

Le même jeu se retrouve au niveau des phrases. Les expressions, les phrases, reviennent : « à profil perdu », « il marche, un livre sous le bras », « l'espèce de palmier que dessinent, sur son ventre et sur son dos, les poils », « leurs lames de bois, différemment inclinées suivant les volets, ne laissent entre elles que de minces bandes de lumière », « la représentation continue », « une dizaine de femmes identiques...», « les dates ne coïncident pas », « le reflet et la transparence superposent les images »..., chaque mot, chaque phrase ou presque, est repris, résonne ailleurs, de la même façon ou à peine transformé.

Et le jeu est repris une troisième fois au niveau des scènes : scène de drague dans les jardins, un hangar, scène de baise, explication des règles du tennis, bruit du jeu de tennis, écriture de Parsifal, mariage princier, soirée de concert, hall de cinéma, femme lisant, homme à bicyclette les ailes dans le dos, description à travers une jalousie, façade d'un immeuble en verre, ...

La lecture prend une autre dimension, il ne s'agit plus de comprendre ce qui est écrit, mais de le laisser se déposer en soi, afin de le reconnaître, quand une page, dix pages plus loin, il réapparaît, identique ou subtilement modifié. Tout revient, jamais identique, « ou bien si? ». Les noms se transforment, Streter, Stretter, Straitter, Straighter, Para, Parry, Peary, une même scène dans les écuries reprend les prénoms de Serge, Maurice, Gabriel. Le chien est jaune, blanc, beige, rouge. Les scènes à multiples partenaires font varier les positions, le rôle des protagonistes,... Art subtil de la déformation, on se croirait dans un dessin d'Escher, quand l'oiseau blanc à gauche de la page devient un poisson noir à droite. Ou l'inverse.

Le paradoxe est sans doute que ce texte composé en grande partie de citations finit non plus par nous renvoyer hors de lui, à la recherche des textes cités, mais au contraire à nous donner le désir de rester à l'intérieur de lui, à la recherche des jeux internes, des renvois et des déformations.

Influences[modifier]

  • Raymond Roussel Comment j'ai écrit certains de mes livres
  • Jean Starobinski Les mots sous les mots: les anagrammes de Ferdinand de Saussure
  • Roland Barthes
  • Jean Ricardou

Liens externes[modifier]

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