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Hyperhumanisme

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On peut considérer que l'hyperhumanisme, comme le transhumanisme et le posthumanisme, au tournant du millénaire, constituent des tentatives de renouveler l'humanisme traditionnel bourgeois individualiste discrédité par les guerres et les génocides du XXe siècle en s'appuyant sur l'émergence et la puissance des technologies numériques. Il constitue une option qu'on peut caractériser comme un technohumanisme. Il se fonde sur la multiplication des hyperliens numériques qui permettent de développer une "conscience augmentée" collective, planétaire en temps réel: une situation inédite dans l'histoire de l'humanité.

Cependant, à la différence du transhumanisme et du posthumanisme, l'hyperhumanisme ne se fonde pas tant sur la puissance de l'intelligence artificielle, sur une "intelligence augmentée" collective, ni sur le développement des biotechnologies pour ouvrir une nouvelle perspective humaniste. Il récuse toute idée de "mur du futur" ou "singularity" (lorsque l'intelligence artificielle égalerait puis dépasserait l'intelligence humaine, et soutient que la technologie numérique favorise paradoxalement le développement de plus de conscience humaine et d'une éthique planétaire.

Autre différence notable: à l'opposé des trans- et posthumanisme, l'hyperhumanisme considère que le progrès éthique collectif est plus important que le progrès technologique pour l'avenir de l'humanité, tout en soulignant qu'il est plus difficile et plus incertain. En ce sens, l'hyperhumanisme admet être en soi un nouveau mythe, porteur d'espoir, qui s'inscrit dans la suite du mythe de Sisyphe, prônant la persistance et l'optimisme en l'homme malgré le découragement quotidien que lui oppose la réalité.

Origine[modifier | modifier le wikicode]

Marc Roux, lui-même membre de l'association transhumaniste TechnoProg, relève l'apparition du concept en 2004 [1] "Son initiateur semble être Hervé Fischer, un artiste-philosophe franco-canadien, mais le terme a été repris par le philosophe Jean-Michel Besnier[2] et le biologiste et futurologue Joël de Rosnay"[3]. Définissant l'hyperhumanisme comme "plus d'humanisme grâce aux hyperliens numériques" Hervé Fischer, dans le chapitre 12 "L'hyperhumanisme" de son livre La planète hyper [4] et dans un article paru en 2004 dans la revue Argument [5] intitulé L'hyperhumanisme contre le posthumanisme, oppose le concept d'hyperhumanisme aux thèses du philosophe allemand Peter Sloterdijk[6] et aux théories du transhumanisme et du posthumanisme que développent le britannique Max More, fondateur dans les années 1990 de l'Extropy Institute en Californie et l'américain Ray Kurzweil qui prédit une révolution anthropologique: la Singularity.

L'hyperhumanisme est un mouvement d'origine et de culture francophones, tandis que le trans- et le posthumanisme sont d'e signatures anglophones américaines.

Qu'est-ce que l'hyperhumanisme?[modifier | modifier le wikicode]

Marc Roux écrit: "Selon Hervé Fischer, c’est d’abord le choix délibéré de remettre l’humain au centre de l’univers. Les humains, sortis de l’évolution darwinienne, possèdent en effet une “liberté cyberprométhéenne de procréateurs de leur univers”[7]. Leur technique comme leur culture, ne s’opposent pas la nature qui leur est consubstantielle. Ils doivent alors assumer les risques de la technoscience devenue le “moteur de l’évolution humaine”, mais se garder de toute rupture pour préférer la continuité humaine. (…) Enfin l’hyperhumanisme valorise, dans une acceptation laïque, la dimension spirituelle de l’humain, et fait l’éloge de la complexité, de la diversité et de la divergence.“[8] Dans Nous serons des dieux (2006), il affirme que l'hyperhumanisme repose sur "la foi en l'homme." "Nous l'appelons l'hyperhumanisme, parce que c'est un humanisme fort et fondé sur les liens de solidarité entre les hommes. (...) Cette foi est suspectible d'inspirer une nouvelle transcendance."[9] Lors de sa conférence au Forum mondial des sciences sociales d'octobre 2013 à Montréal, Hervé Fischer lie les concepts d'hyperhumanisme et de "conscience augmentée favorisée par l'âge du numérique"[10].

Jean-Michel Besnier développe une approche humaniste et critique. Dans un article intitulé "Les nouvelles technologies vont-elles réinventer l'homme? il écrit, évoquant l'idéal d'un homme nouveau: "Les nouvelles technologies réinventent un homme selon leur format et leurs exigences fonctionnelles. C’est ce monde en devenir qui justifie l’impression d’une cassure dans le processus de co-évolution qui décrivait le régime de construction de l’humanité. L’homme nouveau, proclame-t-on, saura s’adapter à ses machines, quitte à devenir méconnaissable. Il satisfera au vœu formulé par Francis Galton, au début du xxe siècle, qui attendait de la biologie qu’elle donne les moyens d’améliorer l’espèce humaine de sorte qu’elle soit à la hauteur des machines."[11]

Le philosophe Luc Ferry prend lui aussi position en critiquant le transhumanisme et le posthumanisme pour leur préférer l'hyperhumanisme. Dans un livre de 2016, sous le titre "La révolution transhumaniste. Comment la technomédecine et l’ubérisation du monde vont bouleverser nos vies", consacrant un chapitre au transhumanisme, "il fait une distinction entre deux courants. D’une part, un transhumanisme « à visage humain », qu’il juge acceptable : il s’agit selon lui d’un « hyperhumanisme », héritier des philosophes français des Lumières, qui croyaient en la « perfectibilité potentiellement infinie de l’être humain ». D’autre part, il identifie un courant plus extrême, le « posthumanisme », qui prévoit « une hybridation systématique homme-machine », combinant la biologie, la robotique et l’intelligence artificielle – ce qui reviendrait à fabriquer« une tout autre espèce », très éloignée de l’Homo sapiens. Le désir d’immortalité passerait ainsi de la religion à la science." [12]

Joël de Rosnay, biologiste et futurologue, reprenant à son tour le concept d'hyperhumanisme, associe plutôt l'hyperhumanisme à l'intelligence collective qu'il juge de ce fait "augmentée": "Imaginons que l'espèce humaine parvienne à faire un saut quantitatif et qualitatif, au-delà du transhumanisme, vers ce que j'appellerai l'hyperhumanisme. Au-delà d’une « philosophie » qui se concentre exclusivement sur l'individu et semble dénier à la collectivité les capacités d’évoluer en complémentarité et en symbiose avec les machines numériques et l'intelligence artificielle, c’est, au contraire, vers la symbiose intégrée et collective que doit se diriger l’humanité. Et c’est là tout le défi que devront relever les Terriens du IIIème millénaire."[13]

Actualité de l'hyperhumanisme[modifier | modifier le wikicode]

Le débat est donc ouvert. Il a pris de plus en plus d'ampleur, opposant généralement les visions américaines techno-optimistes et les points de vue européens plus philosophiques et critiques. Les prises de positions les plus récentes en France viennent du philosophe des sciences Joël de Rosnay. Il lie l'hyperhumanisme à une "intelligence collective augmentée" : "Une autre voie est possible, l’hyperhumanisme. C’est à ce stade que l’intelligence artificielle peut aider à ouvrir une autre voie. Une voie qui permettrait de dépasser le caractère individualiste, élitiste ou égoïste des promoteurs du transhumanisme, c’est-à-dire de considérer l’intégration des humains et leur symbiose plutôt que leur transformation individuelle[14]. À la suite de la publication de son livre Je cherche à comprendre, les codes cachés de la nature, [15] il déclare « Élitiste, égoïste et narcissique, le transhumanisme s’adresse à l’individu et son rêve d’immortalité. (...) l’hyperhumanisme parle à la société et peut conduire à une collectivité mieux organisée, respectueuse, capable de créer une nouvelle humanité. »[16]

On se doit d'observer que l'hyperhumanisme n'a jusqu'à présent pas connu le succès médiatique du transhumanisme ni du posthumanisme, le progrès technologique étant peut-être plus populaire que le progrès éthique. Et plus important encore, les mouvements américains jouissent du support de l'University of Singularity, appuyée par la compagnie Google et l'un de ses inspirateurs les plus reconnus, Ray Kurzweil.

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Marc Roux, TECHNOPROG - le transhumanisme au service du progrès social, FYP editions, (ISBN 9782364051287, lire en ligne)
  2. Jean-Michel Besnier, Demain les posthumains : le futur a-t-il encore besoin de nous ?, Paris, Hachette, coll. « Haute Tension », , 216 p. p. (ISBN 978-2213655949) ; Fayard/Pluriel, 2012, (ISBN 978-2818502822)
  3. « L'avenir de l'humanité réside dans l'intelligence collective augmentée », sur www.letemps.ch,
  4. Hervé Fischer, La planète hyper, de la pensée linéaire à la pensée en arabesque, Montréal, vlb, , 290 p. (ISBN 9782890058590), p. 217-252
  5. « L'hyperhumanisme contre le posthumanisme : article - Revue Argument », sur www.revueargument.ca (consulté le 28 juillet 2018)
  6. Déjà en 1999 le philosophe allemand Peter Sloterdijk, lors d'une conférence intitulée “Règles pour le parc humain: une lettre sur l'Humanisme de Heidegger”, consacrée aux relations entre l'humanisme et la génétique, qui est publiée dans l'hebdomadaire Die Zeit, envisageait “la domestication humaine”. On lui attribue le premier usage du concept de "posthumanisme".
  7. Hervé Fischer, CyberProméthée ou l'instinct de puissance, éditions vlb, Montréal,
  8. Marc Roux, TEHNOPROG – le transhumanisme au service du progrès social, p. 143 sqq
  9. Hervé Fischer, Nous serons des dieux, Montréal, éditions vlb, , 281 p. (ISBN 9782890059436), p. 251- et suivantes
  10. « Forum mondial des sciences sociales, Montréal, 2013, Cahier spécial du journal Le Devoir »
  11. Jean-Michel Besnier, « Les nouvelles technologies vont-elles réinventer l'homme? », Études, 2011, 6, tome 414,‎ (www.cairn./revue-etudes-2011-6-page-763)
  12. « Transhumanisme et ubérisation. Une origine, deux destins. », sur lemonde.fr
  13. « Une autre voie est possible: l'hyperhmanisme »,
  14. Joël de Rosnay, « Intelligence artificielle : le transhumanisme est narcissique. Visons l'hyperhumanisme », leplus.nouvelobs.com,‎ (lire en ligne)
  15. Joël de Rosnay, Je cherche à comprendre les codes cachés de la nature, édition Les liens qui libèrent, 2016.
  16. Entrevue avec Gabrielle Lefevre, https://blogs.mediapart.fr/gabrielle-lefevre/blog/170218/du-trans-au-post-jusqu-l-hyper-humanisme, jeudi 20 octobre 2016. Voir aussi: Caroline Lachowsky, Pourquoi viser l'hyper-humanisme? Entrevue de Joël de Rosnay du 11 janvier 2017 sur Radio France International

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