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Réflexion morale sur la guerre

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La guerre est une question philosophique majeure car elle pose d’importantes questions sur la nature humaine, les relations intersubjectives, la polémologie et fait intervenir de nombreuses branches de la philosophie comme la métaphysique, l'épistémologie, la philosophie politique ou la philosophie éthique.

La guerre peut-elle être déclarée «juste» ?[modifier]

Un essai philosophique sur la notion de “guerre juste” a été théorisé par Thomas d'Aquin[1]. Le philosophe Hugo Grotius discute le sujet [2]. Selon lui, une guerre peut être qualifiée de «juste» lorsqu'elle respecte les conditions suivantes:

  • Jus ad bellum (Droit d’entamer la guerre) : la guerre doit être déclarée en dernier recours, menée pour une juste cause, dans une intention juste, en utilisant des moyens qui soient proportionnés aux fins (à l'agression),avec un espoir raisonnable de succès.
  • Jus in bello (Droit dans la guerre) : la guerre doit être conduite en respectant les règles de discrimination (sélectivité des objectifs et des actions) et de proportionnalité (dosage des moyens employés en regard des fins visées)
  • Jus post bellum (Droit à la sortie de la guerre)

L’éthique et la morale dans la guerre se veulent quasi-instinctive et universelle, ce qui viendrait ainsi confirmer l’existence des guerres justes. « Les dilemmes de la guerre » questionne l’adéquation entre les moyens et les fins[3]. C’est l’invention du concept de l’échelle mobile qui prône que « plus la guerre est juste, plus il y a de droits ». Avec le concept de guerre absolue, Clausewitz affirme que, malgré la limitation intrinsèque par un code guerrier, la guerre tend à n’obéir qu’à la guerre, et cette escalade, qui n’est pas automatique à chaque conflit, contrairement à ce que peut penser Walzer obéit à une morale extrinsèque qui n’est pas « philantropique » comme peut le penser Clausewitz, mais qui est purement humaine[1].

Vision des philosophes et hommes politiques[modifier]

Les philosophes n’ont pas cessé d’être confrontés au problème concret de la guerre, et de le traiter sur le papier[4]. Il y a ceux qui voient une nécessité métaphysique dans la guerre comme Georg Wilhelm Friedrich Hegel et son idée de consolidation de la « santé morale des peuples » par la guerre, ou Héraclite qui fait de la guerre une confrontation des contraires, la voie vers l’harmonie. D'autres insistent sur l’art de la guerre : la force ou la ruse, la stratégie et l’autorité présupposées : c’est par exemple le cas de Cicéron, Sun Tzu ou Nicolas Machiavel. Enfin il y a les penseurs politiques du contrat social tels Hugo Grotius et ses Lois de la guerre et de la paix, Jean-Jacques Rousseau et son manuscrit inachevé des Principes du droit de la guerre, et Thomas Hobbes qui,quand il écrit le Léviathan, a en tête les guerres intestines de son pays, l’Angleterre.

Points de vue réalistes[modifier]

  • Des théoriciens ont émis l'hypothèse que la guerre était aussi une nécessité naturelle pour réguler la population humaine. C'est une idée qui semble assez communément partagée, qui voudrait que malgré son « intelligence » l'humanité ne saurait se réguler autrement, mais cette théorie est infirmée par au moins deux faits ;
  1. les guerres même les plus sanglantes ont eu un impact provisoire et limité sur la démographie humaine (la dernière guerre mondiale ayant même suscité un baby boom).
  2. Quand le niveau de vie augmente, la population se stabilise, et en Europe depuis la période de paix (interne au moins), la démographie s'est rapidement stabilisée.
  • John Foster Dulles, alors Ministre des Affaires étrangères du Président Eisenhower, a déclaré qu'il y eût deux moyens pour soumettre un pays, par la force des armes et par le contrôle de son économie.
  • Jacob Bronowski - mathématicien, philosophe et poète réfugié en Angleterre et aux États-Unis durant les années 1930-40 a estimé que la guerre était le résultat de la conjonction d'une technologie appropriée et de la logique du pillage. L'agriculture avec la domestication des animaux et des plantes a fait sortir l'humanité de l'errance perpétuelle. La domestication du cheval s'insèrerait alors dans cette logique du pillage, le cheval permettant à des nomades de faire des razzias chez des cultivateurs fixés à leurs terres, et aux temps des semailles et des récoltes et voler le fruit de leur travail. La frayeur suscité par ces cavaliers serait la source de la légende du « centaure ». Une tradition de pillage et d'ailleurs de guerre par des cavaliers a persisté en de nombreux lieux et époques, en Afrique, Amérique et Asie.

Points de vue pragmatiques[modifier]

  • Si l'on admet que l'état de guerre est un penchant fréquent - sinon naturel- des relations entre les Hommes, l'instauration de la paix doit résulter d'une construction motivée par l'idée que le compromis doit être préféré à la plus grande victoire. La régulation et le traitement de la guerre sont l'un des sujets majeurs pour les acteurs politiques et religieux et depuis quelques années par l'Organisation des Nations unies et d'autres institutions internationales et des organisations non gouvernementales.
  • Les responsables des nations ont considéré depuis longtemps que l'éventualité des guerres étant fréquente, il convenait de s'y préparer. La préparation de ces guerres se fait le plus souvent par l'entraînement d'une ou plusieurs armées. Après la Seconde Guerre mondiale, les états ont créé l'ONU qui développe par la coopération et la diplomatie des stratégies de préparation et de maintien de la paix (avec, l'aide de contingents de casques bleus lorsque le stade du conflit armé est atteint).

Points de vue dénonciateurs de la Guerre[modifier]

  • Paul Valéry: «la guerre est un conflit social opposant des hommes qui ne se connaissent pas aux dépens d'homme qui ne se connaissent que trop bien sans jamais s'être vraiment battu».
  • Rosa Luxemburg : « Les guerres sont un phénomène barbare, profondément immoral, réactionnaire et contraire aux intérêts du peuple » (Déclaration devant le tribunal de Francfort, ).
  • En 1932, à l'initiative de la Commission internationale de coopération intellectuelle (CICI) pour de la Société des Nations, Albert Einstein a questionné Sigmund Freud :"Pourquoi la guerre ?"[5] et, au terme d'une longue réponse, Freud conclut son courrier par « Tout ce qui travaille au développement de la culture travaille aussi contre la guerre ».

Vision de la non-violence[modifier]

Depuis l'histoire de la libération de l'Inde, effective au milieu du XXe siècle, le Mahatma Gandhi fait école auprès de certains courants minoritaires qui réfléchissent à des moyens «non-violents» pour régler les conflits entre nations. Ses disciples dénoncent et cherchent à réformer les réflexes ancestraux des nations et des peuples vis-à-vis des guerres.

Vulgairement, nous pourrions dire que le fait de sacrifier des êtres humains au nom d’une cause, quel qu’en soit le motif et le but, est aux antipodes d’une action morale telle que thématisée par le philosophe allemand Kant[6].

Vision des religions[modifier]

Christianisme[modifier]

« De la famine, de la peste et de la guerre délivre-nous, Seigneur ».
« La course aux armements est une plaie extrêmement grave de l'humanité et lèse les pauvres d'une manière intolérable (GS 81, § 3) »[7].
Toute guerre est interdite en raison des meurtres, violences, maux et injustices qu'elle entraîne. Elle doit être délibérément et raisonnablement évitée. Durant les conflits armés, L'Église et la raison humaine réaffirment la validité permanente de la loi morale: les pratiques délibérément contraires au droit des gens et à ses principes universels sont des crimes.

Positivement la doctrine sociale de l'Église met en avant :

  • La solidarité
  • la destination universelle des biens
  • l'option préférentielle pour les pauvres
  • Le fait que « Le développement est le nouveau nom de la Paix » (cf Encyclique Populorum Progressio de Paul VI).

Islam[modifier]

Bouddhisme[modifier]

Voir aussi[modifier]

  • Aguigui Mouna

Notes et références[modifier]

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