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Les Pieds dans le PAF

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L’association Les Pieds dans le PAF est née en 1988 (création officielle en mars 1989) de la rencontre entre des étudiants en communication de l’association Intercom et des lycéens qui avaient publié une pétition contre le décalage horaire des émissions intéressantes à la télévision. Dans le contexte issu de la privatisation de TF1 en 1987 et de la naissance du CSA en janvier 1989, elle a contribué à faire émerger plus nettement les programmes de télévision, et les médias en général, comme un problème public en portant la parole des téléspectateurs dans la presse, en particulier des jeunes téléspectateurs (lycéens, étudiants) auprès des institutions et au sein du mouvement associatif. Avec ANTEA, La télé est à nous, et MTT, elle fait partie d'une nouvelle vague d'associations créées dans la deuxième moitié des années 1980[1].

Naissance de l'association - 1988-1989[modifier | modifier le wikicode]

Une pétition lancée en juin 1988 par Guillaume Soulez, lycéen en classe-prépa à Claude-Monet puis à Fénelon (Paris), avait été signée dans différents lycées et universités et par plusieurs personnalités (R. Debray, N Mamère, J. Lacouture, E. Badinter, P. Vidal-Naquet, etc.). La mention de son existence dans Télérama dans son numéro 2021 (5 octobre 1988) eut un effet boule de neige auprès des spectateurs qui firent circuler la pétition et auprès des médias eux-mêmes (l'association fit, par exemple, la Une de Politis (numéro 52, 24 février 1989). Finalement 50 000 signatures furent recueillies. L’association Intercom était, elle, issue du mouvement lycéen et étudiants de 1986 contre les projets Monory -Devaquet. Rassemblant des étudiants et une trentaine d’universités à Paris (dont Paris VIII, Paris Y, Paris 111) et en province comme Lyon et Rennes, cette association a organisé en avril 1987 des assises nationales des formations à la communication rassemblant 250 personnes à Paris VIII pour dénoncer « le mythe de la communication ».

À l’époque, parmi les trois choix des lycéens au moment de leur pré-inscription en université 25 % (environ 250 000) choisissaient le domaine de la communication et de l’information alors que celui-ci représentait dans le secteur public environ 10 000 étudiants. La rencontre entre des lycéens « voulant changer le rapport du public à la TV » et des étudiants critiques sur le système d’enseignement de la communication en France débouche sur la création officielle de l’association le 2 mars 1989. Certains enseignants, universitaires, journalistes, cadres de l’éducation populaire et militants politiques de gauche chaperonnent cette naissance. La présence de Catherine Tasca au Ministère de la communication est aussi un facteur positif pour les débuts de l'association.

L’association définit plusieurs orientations et décide une stratégie basée sur une montée en puissance. Les Pieds dans le PAF se définit comme une association de réflexion et d’action, se situant entre l’éducation populaire traditionnelle (LFEEP, Léo Lagrange, FFMJC,…) et les mouvements d’opinion qui sont apparus au cours des années 80 et 90.

Les Pieds dans le PAF considère en particulier que la question de la télévision (et de l’ensemble des médias par extension) est une question politique et sociale majeure, même si elle intéresse peu les responsables politiques, les militants politiques et / ou associatifs et les intellectuels, et même si organiser les téléspectateurs critiques constitue un véritable pari[2].

L’association choisit en particulier comme orientation le consumérisme téléphile (mise au point d'une Déclaration des droits des téléspectateurs en 1990 avec d'autres associations de téléspectateurs) et n’a jamais participé aux campagnes de l’ordre moral contre le sexe et la violence à la TV. Les Pieds dans le Paf se sont intéressés, à la fois à l’organisation générale des médias (groupes, interdépendances) et surtout aux programmes. Ils souhaitaient arriver à dégager des outils pour créer des labels de qualité des programmes. Les Pieds dans le PAF ont agi pour que le téléspectateur soit reconnu comme actif. Ils ont notamment relancé, à l’image de la "semaine de la presse à l’école", la "semaine du Jeune Téléspectateur Actif’ (JTA) créé en 1979 par les CEMEA (mouvement d'éducation populaire fondé sur les méthodes actives d'apprentissage)[3].

1989 - 1994 : un activisme tout azimut[modifier | modifier le wikicode]

La trentaine de militants bénévoles du début s'organise progressivement.

L’association regroupe des adhérents individuels (environ 1 000 au plus fort) et des groupes régionaux, départementaux, locaux (environ 70 en 1994) et des associations ou structures locales partenaires (MJC, établissements scolaires,…) L’association a organisé une Université d’été en 1991 sur le thème « médias et banlieues ».

L'association développe les relations avec les institutions (Ministères, CSA,…) : rencontres régulières, indépendance financière (30 % du budget en subventions) et esprit critique. L’association a constitué un groupe de réflexion composé d’une dizaine de députés, à l’Assemblée nationale (M. Françaix, C. Kert, H. Bouchardeau, S. Royal,…)

L'association organise des rencontres régulières avec les médias, constitue un réseau de soutiens plus ou moins déclarés[pas clair]… L’association a une revue de presse impressionnante : plus de 1 000 articles dont une du Monde, un passage à "Ciel mon mardi", aux "Dossiers de l’écran", à l’Assiette anglaise, au 19/20 de FR3,…

L'association développe des liens avec l’éducation populaire, en particulier pour développer une éducation aux médias critique. L’association est membre du CNAJEP (membre du CA entre 1990 et 93, membre du bureau entre 93 et 94 et animation de la commission communication), elle occupe différents postes au CA de l’INJEP, au CNEPJ, siège en suppléant au Conseil National de la Vie Associative et siège avec 3 membres du "collège jeune" pendant trois renouvellements à la Commission de classification des œuvres cinématographiques (1990-92-94) auprès du Centre national du cinéma. L’association est d’abord soutenue par la Ligue française de l'enseignement puis par la fédération Léo Lagrange. L’association est agréée Jeunesse et Sports, à partir de 1993. L’association, notamment au travers de la semaine du JTA, a créé des "clubs de téléspectateurs actifs". Ils ont aussi existé dans des foyers de jeunes travailleurs, des maisons de la jeunesse et de la culture et dans des centres sociaux[4]

Les Pieds dans le PAF ont participé à une centaine de colloques ou débats en cinq années. À l’origine l’association a été présente dans les Journées des téléspectateurs organisées à l’initiative de Catherine TASCA dans une dizaine de grandes villes en France en 1989. Les Pieds dans le PAF est notamment intervenu dans un colloque européen à Bruxelles en 1990, dans un débat sur les reality-shows à la Vidéothèque de Paris, dans un colloque sur la guerre du Golfe à Nantes. L’association a été très active lors des différents Carrefours médias jeunesse de Niort.

L'association crée ou soutient des publications. Le groupe de l'École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses publie La Voix du Regard. L’association publie, à partir de la guerre du Golfe, « L’Envers des médias », bulletin trimestriel édité par le Collectif de réflexion et d’action sur les médias qui regroupe une dizaine d’associations et de collectifs. 10 numéros seront publiés jusqu’à la fin 1993. L’association soutient la création de trois revues : « Télé fiction » en avril 1991 et « Homozapiens » en juin 1993. Ces deux revues ne tiendront pas longtemps. En revanche, AnimeLand, consacrés aux dessins animés et aux mangas, lancé en 1991, existe toujours et s’est considérablement développé . Enfin, l’association a été associée au lancement de Téléscope "[1]" par le Centre national de documentation pédagogique en 1991.

L’association cherche à développer un réseau européen d'association de téléspectateurs. En 1989, à l’occasion d’une Rencontre européenne sur les médias au nouveau CNIT de La Défense, "Les Pieds dans le PAF" a été à l’instigation de la première rencontre européenne des téléspectateurs à la Vidéothèque de Paris[5]. Allemands, Espagnols, Italiens, Belges, Danois, Britanniques, Néerlandais et Français lancent la Fédération européenne des téléspectateurs qui sera reçue plusieurs fois au Parlement européen[réf. nécessaire].

Tout au long de cette période, l'association souhaite rendre visible son action, en agissant comme un véritable mouvement d’opinion. L’association crée un badge, montré à 7 sur 7 par Régis Debray. Puis, en février 1989, lors de l’installation du CSA, elle organise une manifestation publique. L’association a organisé plusieurs opérations "coup de poing" : recours auprès du CSA (porté par le jeune avocat Arnaud Montebourg) au moment du changement de capital de La 5 (au profit de Lagardère), manifestation devant France 2 contre le septième passage de Jean-Marie Le Pen à "L’heure de vérité", participations à plusieurs manifestations contre les discriminations, record du nombre d’heures passées devant la TV (en liaison avec Skyrock), collecte d’images pour la télévision roumaine, présentation d’un candidat des téléspectateurs aux élections cantonales de 1992 à Boulogne-Billancourt, action en justice contre "Témoin n°1" en liaison avec le Syndicat de la magistrature, distributions de tracts à l’entrée des 7 d’or…

La fin du mouvement national[modifier | modifier le wikicode]

À partir de la fin 1993, les dirigeants de l’association ont, pour la plupart, trouvé un emploi (ils étaient tous bénévoles et l’association n’a plus les moyens de payer des permanents), ou se sont engagés dans un militantisme au sein des partis politiques, notamment à Génération écologie (Patrick Farbiaz). Certains groupes locaux ont continué à avoir une activité, notamment le groupe de Nantes qui associe critique des médias et formation à l'image.

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Caroline Ulmann-Mauriat, "Les associations d'auditeurs et de téléspectateurs", in L'écho du siècle (J-N. Jeanneney et A. Chauveau dirs), Paris, Hachette Littératures, , 602 p., pp. 505-507
  2. journals.openedition.org
  3. CEMEA
  4. persee.fr
  5. UQAC (Université du Québec à Chicoutimi)

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