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Architecture sacrée en France et en Belgique : Art déco et modernisme

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À compter de la fin du XIXe siècle, de nouvelles techniques architecturales s'invitent dans la construction religieuse. Aujourd'hui, ces édifices forment un vaste domaine d'étude de l'architecture et des tendances artistiques.

L'architecture des nouveaux édifices était souvent simple et fonctionnelle et à la recherche de solutions innovantes au point de vue technique. Le béton, par exemple, devient un des principaux matériaux innovants. Au point de vue du style, le modernisme apparaît pour la première fois comme style architectural dans les années 1920 puis se développe à l'échelle mondiale dans les années 1930 en concurrence avec l'art-déco. Contrairement à l'art-déco, le modernisme tourne le dos aux traditions architecturales du passé, s'intéresse peu à la décoration et assure principalement la fonction du bâtiment.

Histoire[modifier]

Les conséquences de la Première Guerre mondiale[modifier]

Les destructions causées par la Première Guerre mondiale en Europe ont nécessité la construction de nombreuses nouvelles églises dans les années 1920-1930, notamment en France et en Belgique.

En France, l'article 2 de la loi de séparation de l'Église et de l'État fait abandonner le régime concordataire français. Cette loi est promulguée le et elle instaure un régime où la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne plus aucun culte[1]. Mais l'Union sacrée vient ressouder les Français de toutes tendances après la guerre. Les églises détruites pendant la Première Guerre mondiale sont alors restaurées et de nouvelles sont construites là où après les hostilités il ne restait plus rien. Le patriotisme manifesté par l'Église catholique pendant la guerre la réhabilite aux yeux des défenseurs de la laïcité. Les bâtiments de l'Église apparaissant comme le symbole de l'identité religieuse, surtout dans les régions rurales, et l'Église joue dès lors un rôle significatif dans l'organisation des travaux de reconstruction.

Dans les régions fortement touchées par la guerre, la restauration et la construction d'églises n'étaient certainement pas une priorité par rapport à la reconstruction des routes ou des bâtiments administratifs ou encore nécessaires à l'économie du pays. C'est pourquoi, dans les années 1920, seuls quelques bâtiments sont remis dans leur état primitif. En priorité ceux qui étaient classés monuments historiques[2][réf. non conforme]. Dans la plupart des cas, ces restaurations sont réalisées en matériaux et suivant des plans traditionnels. Les formes architecturales néoromantiques ou néo-gothiques, familières aux yeux des Européens, permettant de reprendre les options décoratives habituelles et l'utilisation de la brique, matériau des plus économique, oblige les architectes à reproduire, consciemment ou non, l'aspect des bâtiments disparus.

Revenus dans leurs villes et villages détruits à la fin 1918 et en 1919, les habitants cherchent en premier lieu à se reconstruire un logement. Puis, ils tentent de recréer autour d'eux les emblèmes de leur identité, l'école, le clocher et ils entreprennent alors la reconstruction des sanctuaires. Les économies forcées dans l'après-guerre conduisent en général à des simplifications ou à la stylisation. Toutefois, parmi les reconstructions se retrouvent dans certains cas des exemples où sont soulignées la richesse, la théâtralité du style éclectique de la seconde moitié du XIXe siècle. Parmi ces dernières, la reconstruction de la basilique Notre-Dame de Brebières à Albert, restaurée par le Louis Duthoit, fils d'Edmond Duthoit, l'architecte qui l'avait édifiée en 1885, en est un exemple.

Quelques exemples[modifier]

Église Notre-Dame du Raincy[modifier]

Article détaillé : Église Notre-Dame du Raincy.
Église Notre-Dame du Raincy.

L'église Notre-Dame du Raincy, en Seine-Saint-Denis, est l'une des premières où le béton armé dicte lui-même la forme et l'apparence du bâtiment, sans imiter les analogues historiques. C'est un des bâtiments emblématiques de l'architecture moderne.

L'histoire de sa construction est directement liée à la Première Guerre mondiale, parce que l'argent pour la construction de l'église a été donné par le père de l'un des jeunes soldats victime de la guerre, à condition que cette église paroissiale devienne un monument dédié à tous les morts à la guerre. La Société de Saint-Jean pour le développement de l'art chrétien a pris l'initiative d'organiser un appel d'offres pour la construction d'un bâtiment économique, à laquelle ont participé l'architecte Auguste Perret et son frère, architecte également, Gustave Perret, en proposant un projet économique d'église en béton armé dont le prix s'élèverait à 300 000 francs seulement. C'est leur projet qui est choisi et la construction de l'église commence en 1922. En utilisant du béton armé comme matériau de base, les frères Perret ont fait la démonstration qu'une église de 3 500 places pouvait être construite en 13 mois seulement.

Le concept architectural de cette église peut sembler assez traditionnel : il est basé sur un plan basilical à trois nefs, avec, du côté Est, une abside en demi-cercle et, à l'Ouest, une tour monumentale avec un clocher. Cependant, ce schéma traditionnel prend un caractère absolument révolutionnaire grâce au béton armé utilisé à la fois à l'extérieur et à l'intérieur du bâtiment.

Les voûtes en béton et les arcs transversaux reposent sur 32 fines colonnes légères cannelées de 11 mètres de hauteur et de 43 cm de diamètre[3][réf. non conforme]. Cette structure en béton est la plus simple et elle connaît dès le début du XXe siècle une large diffusion dans le génie civil, dans le domaine industriel, et celui du chemin de fer et des installations sportives. Mais elle est à l'époque tout à fait atypique et particulièrement originale pour un bâtiment religieux à usage d'église. Comme les murs sont libérés de la fonction de support, grâce aux colonnes, les architectes décident de les réaliser entièrement en claustra garnis de vitraux, comme seule décoration intérieure. La stylisation de béton des vitraux traditionnels utilisée par les frères Perret dans cette église deviendra plus tard la base d'une grande variété d'expériences d'architectes modernistes après la Seconde Guerre mondiale.

Église Saint-Augustin (Forest)[modifier]

Article détaillé : Église Saint-Augustin (Forest).

L'église Saint-Augustin située à Bruxelles dans la commune de Forest est un exemple caractéristique du style moderniste d'architecture sacrée. Conçue avant la Première Guerre mondiale, elle n'est finalement réalisée qu'en 1935. Si elle avait été construite en Russie à cette époque, elle aurait probablement été classée de style constructiviste, remarque l'historienne Ekaterina Cheko. En Belgique, elle est classée de style Art Déco[4],[5].

Pour Ekaterina Sheko, les dessins des formes de l'église Saint-Augustin sont d'une grande logique et même d'une beauté particulière[6]. C'est une construction en béton, monolithique, qui entoure une haute tour centrale visible des huit ruelles convergeant radialement vers la place, au centre de laquelle elle est située (Place de l'Altitude 100, à Forest). Cependant, malgré l'exactitude des lignes de dessin du projet urbanistique, cette construction, comme dominante architecturale urbaine, s'avère agressivement étrangère à l'architecture des immeubles à appartements des quartiers résidentiels environnants et au parc adjacent, le Parc de Forest[7].

Église Sainte-Suzanne (Schaerbeek)[modifier]

Une autre construction caractéristique de l'histoire du modernisme est l'église Sainte-Suzanne dans l'agglomération de Bruxelles, construite entre 1925 et 1928 par l'architecte Jean Combaz[8].

C'est un exemple caractéristique de l'évolution de l'art dans l'Église catholique, fondé en grande partie sur le développement religieux, spirituel et créatif qui a succédé à la Seconde Guerre mondiale à partir de concepts complètement différents de la sacralité. Le concile Vatican II (1962-1965) a eu notamment pour objectif de rendre la prédication chrétienne plus compréhensible par les contemporains. L'art de l'église devait devenir l'un des principaux guides pour parvenir à une meilleure compréhension du monde moderne. Pour l'historienne E. Chako, le résultat de cette politique au début du XXIe siècle est qu'il ne subsiste plus dans l'Église catholique qu'un seul type d'art sacré, une architecture qui s'adapte de plus en plus aux modes actuelles. L'architecture des édifices sacrés est vidé des éléments de base et des archaïsmes des traditions catholiques anciennes dans un esprit plus proche du protestantisme.

Autres exemples d'églises de style art déco ou moderne de France et de Belgique des années 1930[modifier]

Références[modifier]

Bibliographie[modifier]

Cette bibliographie recense trop d'ouvrages (septembre 2023).
Les ouvrages doivent être « de référence » dans le domaine du sujet de l'article dans lequel ils apparaissent. Il est souhaitable — si cela présente un intérêt — de les citer comme source et de les enlever de la section « bibliographie ».
  • (ru) Ekaterina Dmitrievna Sheko (Екатерина Шеко), « L'architecture sacrée en France et en Belgique entre les deux guerres : de l'Art déco au modernisme (Сакралная архитектура Франции и Белгии мехду двух великих войн : разварот от арт-десо к модернизму) », 32, Moscou,‎ (lire en ligne) université orthodoxe Saint Tikhon (en)
  • « Inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale, église Sainte-Suzanne à Schaerbeek ».
  • « Inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale, église Saint-Augustin à Forest »
  • (ru) V.Voukachinovitch (Вукашинович В.), Renaissance liturgique au XX s (Литургическое возрождение в ХХ веке.), Христианская Россия.,‎ , p. 46.
  • Cappronnier J-С., « L’art sacré entre les deux guerres: aspects de la Première Reconstruction en Picardie // In Situ. », 12/2009., Revue des patrimoines.,‎
  • Cordeiro P., Béton sacré église St Augustin à Forest (Sacraal beton. De Sint-Augustinuskerk te Vorst), M&L,, , p. 41–56.
  • M D Culot, Les frères Perret, l'oeuvre complète, Paris, Norma, Institut français d'architecture, .
  • Culot М. D., Archives d’architecture moderne., Bruxelles, AAM,‎ 1999.
  • Dumoulin A, Reconnaître Paris d'église en église, Paris, Massin, 2008.
  • Dupré C., Notre-Dame-du-Travail (Paris), une église au tournant du XIXe siècle et XXe siècle, In Situ. Revue des patrimoines,
  • Frémaux C., La construction d’églises dans la seconde moitié du XXe siècle: une affaire d’État? De Georges Clémenceau à Jacques Chirac: l’Etat et la pratique de la loi de séparation., Villeneuved’Ascq, :CEGES-IRHiS, Université Lille,
  • Lambrichs A., Religieuze Art Deco. Art Deco architectuur Brussel 1920-1930, Bruxelles, (Catalogue d’exposition), Archives d’Architecture Moderne, .
  • Spapens C., L'église Sainte-Suzanne à Schaerbeek, CIDEP, .
  • Travaux du Centre national des constructions d’églises (CNCE). Rapport général présenté à l’Épiscopat :Pour une politique d'équipement religieux, février 1970.

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