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Andréa Kotarac

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Andréa Kotarac
AndreaKotarac.jpg
Andréa Kotarac en 2021.

Date de naissance 1989 (31-32 ans)
Lieu de naissance Thonon-les-Bains (France)
Nationalité Française
👔 Profession [[profession::Fonctionnaire]]
Fonction1 Conseiller régional
d'Auvergne-Rhône-Alpes
À Partir Du Fonction1
Jusqu'Au Fonction1
(3 ans et 8 mois)
Élection1 13 décembre 2015
Président 1 Laurent Wauquiez
Circonscription 1 Métropole de Lyon
Groupe Parlementaire 1 RCES (2016-2019)
Non-inscrit (2019)
Successeur 1 Yann Crombecque
Parti PS (2008)
PG (2009-2019)
LFI (2016-2019)
PL (depuis 2021)

Andréa Kotarac, né en 1989 à Thonon-les-Bains (Haute-Savoie), est un homme politique français.

D’abord membre du Parti de gauche et de La France insoumise, il est élu conseiller régional d'Auvergne-Rhône-Alpes en 2015. Il démissionne de ce mandat après avoir apporté son soutien à la liste présentée par le Rassemblement national aux élections européennes de 2019. Le RN l’investit ensuite comme tête de liste aux élections régionales de 2021 en Auvergne-Rhône-Alpes.

Situation personnelle[modifier]

Andréa Kotarac naît en 1989 à Thonon-les-Bains (Haute-Savoie)[1]. Il a des origines iraniennes par sa mère et serbes du côté de son père : son grand-père paternel, serbe, a combattu aux côtés de la France durant la Première Guerre mondiale[2].

Il effectue ses études secondaires dans sa ville natale, où il prend part au mouvement contre le contrat première embauche (CPE) alors qu'il est lycéen[3].

Parcours politique[modifier]

Débuts à gauche[modifier]

Il commence en politique en s’engageant contre l'extrême droite[4]. D’après Le Parisien, il est interpellé en 2012 après une échauffourée avec des sympathisants d’extrême droite, à proximité de l’université Lyon-III[4]. L’élu écologiste Jean-Charles Kohlhaas affirme à son sujet en 2019 : « Il a été formé au sein du mouvement de lutte antifa. Il a pris des coups dans les manifestations (et s'est retrouvé en garde à vue). Il était vraiment à 10 000 lieues du Front national[5]. »

En 2008, à 19 ans, il milite pendant quelques mois au Parti socialiste (PS)[3]. Aux élections municipales de , il se présente à Thonon-les-Bains sur une liste d'union de la gauche conduite par le socialiste Georges Constantin, mais celle-ci est battue et il n’intègre pas le conseil municipal[6]. Peu après, il contribue activement à Pour la République sociale (PRS), association politique de Jean-Luc Mélenchon préfigurant le Parti de gauche (PG), que rejoint Andréa Kotarac dès sa fondation en 2009[2]. Il est ensuite tête de liste du Front de gauche aux élections municipales de 2014 dans le 8e arrondissement de Lyon, où il obtient 5,4 % des voix exprimées[7].

Tête de liste PG-Europe Écologie Les Verts au premier tour des élections régionales de 2015 en Auvergne-Rhône-Alpes pour la métropole de Lyon, il rejoint au second tour la liste d’union de la gauche du socialiste Jean-Jack Queyranne, ce qui lui permet d’être élu au conseil régional[4],[8].

Deux ans plus tard, il est conseiller au pôle numérique de Jean-Luc Mélenchon dans le cadre de sa campagne présidentielle, lors de laquelle il met en place des meetings électoraux simultanés par hologramme, une première en France[9]. Aux élections législatives qui suivent, il se présente dans la septième circonscription du Rhône sous l’étiquette de La France insoumise (LFI), créée en 2016 par Jean-Luc Mélenchon : il est éliminé au premier tour, arrivant en troisième position avec 13,3 % des suffrages exprimés[10].

Ralliement au RN[modifier]

Le , à douze jours des élections européennes, il surprend en appelant à voter pour le parti d’extrême droite Rassemblement national (RN) à ce scrutin[11]. Dans L'Opinion, Thierry Mariani, issu de LR et candidat sur la liste RN conduite par Jordan Bardella, révèle l’avoir plusieurs fois rencontré depuis un an[12],[13]. Andréa Kotarac justifie sa prise de position en ces termes : « J'appelle à voter pour la seule liste souverainiste, qui met en avant l'indépendance de la France et qui est la mieux à même de faire barrage à Emmanuel Macron et à son rouleau compresseur anti-social[4] ».

Lors du dernier meeting du Rassemblement national en vue des élections européennes qui se tient à Hénin-Beaumont, il est particulièrement applaudi lorsqu’il déclare à la tribune : « Si mes grands-parents ont versé du sang face au nazisme, ils ne l'ont pas fait pour l’écriture inclusive ou le communautarisme[14] ». À la suite de sa consigne de vote, il est exclu du Parti de gauche et du groupe Rassemblement citoyen, écologiste et solidaire (RCES) du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes, et annonce qu’il démissionne de son mandat régional « par respect » pour ses électeurs[4],[15],[9].

En , il devient assistant parlementaire du député européen Hervé Juvin[14]. Il prend ensuite la direction de la revue IDées, censé servir de réflexion aux parlementaires européens RN et à leurs alliés[9].

Investi tête de liste du RN-Parti chrétien-démocrate aux élections métropolitaines de 2020 dans la métropole de Lyon, il réunit 11,4 % des suffrages exprimés au premier tour et 12,2 % au second dans la circonscription de Rhône Amont, tandis que ses listes obtiennent 7,7 % sur l’ensemble de la métropole et aucun élu[16].

Au début de l’année 2021, refusant toujours d’adhérer au RN, il lance le Parti localiste, avec Hervé Juvin. Cette formation entend défendre l’écologie, l’identité et le principe de subsidiarité, en « complément » d’un RN jugé trop centralisateur[17],[18].

Alors qu'Andréa Kotarac souhaite conduire la liste RN aux élections régionales de 2021 en Auvergne-Rhône-Alpes, le magazine Marianne indique : « Comme souvent au RN, une guerre de clans se joue en coulisses. Andrea Kotarac compte des soutiens dans la frange droitière du parti, lui qui a sympathisé à Lyon avec des proches de Marion Maréchal. À l’inverse, des élus très proches de Marine Le Pen, dont Bruno Bilde, Steeve Briois et David Rachline, poussent Alexis Jolly[19]. » Il est finalement désigné tête de liste[20].

Prises de position[modifier]

Andréa Kotarac s’intéresse à la géopolitique, notamment aux pays d’Europe de l'Est, où vit une partie de sa famille[5]. Tout comme Jean-Luc Mélenchon, il déplore l’éclatement de la Yougoslavie dans le cadre des guerres des années 1990[2]. En 2018, il s’affiche sur Twitter aux côtés d’Alexandre Zakhartchenko, dirigeant de la République populaire de Donetsk, État sécessionniste de l'Ukraine[4]. Le , il participe au forum de Yalta organisé par le président de la fédération de Russie, Vladimir Poutine ; alors que des personnalités de la droite radicale française (Thierry Mariani et Marion Maréchal) sont présentes à cet événement et que sa démarche est désapprouvée par la direction de LFI, il reconnaît l’annexion de la Crimée par la Russie et déclare[4],[21] :

« Je ne suis pas d’accord avec Mariani et Maréchal sur de nombreux sujets. Mais sur la défense de la souveraineté nationale et sur la nécessité de s’allier à la Russie, je suis d’accord. […] Une partie de la gauche française ne considère pas la Russie en ennemi, bien au contraire. »

Au sein du Parti de gauche et de La France insoumise, Andréa Kotarac défend une vision souverainiste et anti-communautariste. Il affirme qu’« être eurosceptique, ce n'est pas être nationaliste, au contraire : c'est souhaiter la paix »[2]. Il quitte LFI peu après d’autres cadres du mouvement, dont le conseiller diplomatique de Jean-Luc Mélenchon Georges Kuzmanovic, tenant comme lui d'une ligne souverainiste, sur fond de désaccord sur la politique migratoire[2]. Disant apprécier la « fibre sociale » de Marine Le Pen, Andréa Kotarac critique alors la mise en avant au sein de LFI de « concepts diviseurs », comme les « réunions réservées aux femmes » ou « l’écriture inclusive »[21], et déclare également[9] :

« [Jean-Luc Mélenchon] a pris une pente qui ne me convenait plus. Lorsque nous luttions contre le communautarisme, il manifestait avec les Frères musulmans contre l’islamophobie. Quand La France insoumise s’attachait hier aux pompiers, aux policiers et aux agents territoriaux, aujourd’hui, il n’y est plus question que de violences policières. »

À l’été 2019, avec les députés européens Thierry Mariani, Nicolas Bay et Virginie Joron, il se rend en Syrie, participant à un entretien avec le président Bachar el-Assad, accusé de crimes contre l'humanité durant la guerre civile syrienne[14]. Au Rassemblement national, il devient un proche de l’entourage de Marion Maréchal et des milieux catholiques, une situation qui déplaît à une partie de la direction du RN — notamment à Bruno Bilde et David Rachline — qui comptait sur ce transfuge de la gauche pour marginaliser ces courants[9],[19].

Notes et références[modifier]

  1. « Andréa Kotarac », sur lyonmag.com (consulté le 3 mars 2021).
  2. 2,0 2,1 2,2 2,3 et 2,4 Vincent Michelon, « Européennes : qui est Andréa Kotarac, l'élu insoumis qui appelle à voter pour le Rassemblement national ? », sur lci.fr, (consulté le 3 mars 2021).
  3. 3,0 et 3,1 « Andréa Kotarac : "Il faut du courage et de la détermination pour se présenter face à un baron comme Collomb" », sur lyonmag.com, (consulté le 3 mars 2021).
  4. 4,0 4,1 4,2 4,3 4,4 4,5 et 4,6 « Européennes : qui est Andréa Kotarac, l'élu de La France insoumise qui appelle à voter pour le Rassemblement national ? », sur francetvinfo.fr, (consulté le 3 mars 2021).
  5. 5,0 et 5,1 Caroline Girardon, « Portrait – Lyon : Andréa Kotarac, un «antifa» passé du côté de l’extrême droite », sur 20minutes.fr, (consulté le 3 mars 2021).
  6. « Résultats des élections municipales de 2008 – Thonon-les-Bains », sur interieur.gouv.fr (consulté le 3 mars 2021).
  7. « Résultats des élections municipales 2014 : Lyon 8e arrondissement », sur lexpress.fr (consulté le 3 mars 2021).
  8. « Résultats des élections régionales de 2015 : Auvergne - Rhône-Alpes », sur interieur.gouv.fr (consulté le 4 mars 2021).
  9. 9,0 9,1 9,2 9,3 et 9,4 Charles Sapin, « Comment l’ex-Insoumis Andréa Kotarac a réussi sa percée au RN », sur lefigaro.fr, (consulté le 3 mars 2021).
  10. « Élections législatives de 2017 : Rhône - 7e circonscription », sur assemblee-nationale.fr (consulté le 3 mars 2021).
  11. Abel Mestre, « Élections européennes : Andréa Kotarac, élu régional « insoumis », appelle à voter pour le Rassemblement national », sur lemonde.fr, (consulté le 3 mars 2021).
  12. Raphaël Proust et Ivanne Trippenbach, « De Mélenchon à Le Pen, le «point Poutwin» d’Andréa Kotarac », sur lopinion.fr, (consulté le 7 mars 2021).
  13. Hadrien Mathoux, « Andréa Kotarac, le "rouge-brun" qui embarrasse la France insoumise », sur marianne.net, (consulté le 3 mars 2021).
  14. 14,0 14,1 et 14,2 Ivanne Trippenbach, « Andrea Kotarac devient assistant parlementaire européen du RN », sur lopinion.fr, (consulté le 3 mars 2021).
  15. « Conseil régional : Andréa Kotarac a remis sa démission », sur leprogres.fr, (consulté le 3 mars 2021).
  16. « Résultats de l'élection à la métropole de Lyon de 2020 », sur interieur.gouv.fr (consulté le 3 mars 2021).
  17. « Deux proches du Rassemblement national fondent le Parti localiste », sur lemonde.fr, (consulté le 4 mars 2021).
  18. « Andrea Kotarac lance le Parti localiste avec Hervé Juvin (RN) », sur lyonmag.com, (consulté le 4 mars 2021).
  19. 19,0 et 19,1 Louis Hausalter, « Régionales : Andrea Kotarac, le transfuge mélenchoniste qui divise le RN », sur marianne.net, (consulté le 3 mars 2021).
  20. « Régionales 2021 : Andrea Kotarac tête de liste du Rassemblement National en Auvergne-Rhône-Alpes », sur lyonmag.com, (consulté le 3 mars 2021).
  21. 21,0 et 21,1 « Un élu insoumis étrille LFI en direct et appelle à voter RN », sur huffingtonpost.fr, (consulté le 3 août 2019).

Voir aussi[modifier]

  • Liste des conseillers régionaux de la métropole de Lyon

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