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Alkebulan (Afrique)

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Alkebulan, ou Alkebu-lan, est une appellation autochtone ancienne concernant l'Afrique. Selon différentes recherches et témoignages à travers les époques, Alkebulan serait l'authentique nom du continent que l'on appelle aujourd'hui communément Afrique. Il serait selon certains auteurs contemporains, mais aussi issu du courant des Lumières, un nom local ayant primeur, donné à l'Afrique par ses habitants ou descendants avant la présence européenne. Il arrive toutefois que ses tenants avancent des théories contradictoires sur l'origine du mot et son sens. Toutefois cette hypothèse repose sur des preuves littéraires rares mais avérées et anciennes.

Étymologie[modifier]

Selon Cheikh Anta Diop[modifier]

Dans son ouvrage Kemetic History of Afrika, Cheikh Anta Diop déclare qu'Alkebulan serait le nom le plus ancien et le seul d'origine indigène de l'Afrique, le mot « Afrique » ayant en effet été utilisé par les Grecs et les Romains et diffusé ensuite en occident. Selon lui, le terme signifierait « mère de l'humanité » ou « Jardin d'Éden » et aurait été utilisé par les Maures, les Nubiens, les Numides, les Khart-Haddans (Carthaginois) et les Éthiopiens[1]. Il ne donne cependant pas de détails sur l'origine ou la langue dont serait issu ce terme.

Hypothèse arabe[modifier]

Une étymologie voudrait qu'Alkebu-Lan soit issu de l'arabe et signifie « terre des noirs »[2]. Cette interprétation est incompatible avec l'histoire littéraire de l'arabe où les individus noirs sont qualifiés par les termes Asouad (signifiant noir) ou historiquement Abed ou Abeed (en) (esclave)[3].

Cependant, d'autres racines étymologiques désignant des éléments climatiques et géographiques de l'Afrique pourraient avoir été à l'origine du mot. C'est le cas de Qibli[4], signifiant les rafales de sable chaud et sec en provenance de l'Afrique Sub-Saharienne[5], de Al-Qibalana (racine q-b-l) désignant en principe la Qibla (قبلة), soit le sens de direction de la prière vers la Mecque. En revanche, au Maghreb, Qibla/Qiblah dans les dialectes locaux signifie aussi « Sud »[6], et pourrait présenter un lien linguistique potentiel. Le peuple Kabyle du Maghreb, se dénommant eux-mêmes en berbère Iqbayliyen, ou aqbayli peuvent aussi être en lien linguistiquement avec cette appellation au moment de la conquête arabe dans la mesure ou l'appellation Qabail en arabe lié au Kabyle signifie « tribus »[réf. nécessaire].

Dans les écrits européens (XVIe-XVIIe siècles)[modifier]

La mention du nom d'Alkebulan se retrouve également dans l'analyse comparée des variations d'appellations du continent Africain en Europe. Il est généralement associé aux peuples arabes.

Pour André Thévet explorateur et géographe, en 1575, l’appellation par les peuples locaux Alkebulan est avérée comme le montrent deux extraits de sa Cosmographie universelle en moyen français :

« Cela procédait, d'autant que Alkebulan, savoir, le vent, y soufflant du Midi, qui est chaud et humide, corrompant le sang en nos corps, causait l'affaiblissement, puis l'ardeur de la fièvre ayant saisi le cerveau, était occasion de ces rêveries frénétiques : joint que les eaux y sont malsaines, et par conséquent l'air n'y vaut rien[7]. »

Décrivant ici le climat nord-africain, il revient plus loin dans l'ouvrage de la façon suivante :

« Les Arabes, Adémiens, & Éthiopiens lui donnent le nom d'Alkebulan : les Indiens & Javanais Besecath : à cause du vent Méridional qui y règne plus que tous les autres[8]. »

Plus tard, des ouvrages encyclopédiques, géographiques, ou étymologiques européens vers le XVIIe siècle écrits par Louis Moréri, érudit, encyclopédiste et généalogiste ou encore Antoine Phérotée de La Croix, calqué sur ceux d'Olfert Dapper, humaniste hollandais y font aussi référence.

Dans Le Grand dictionnaire historique ou Le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane, Louis Moréri évoque ainsi ce nom de la façon suivante en vieux français :

« Cette partie du Monde que nous appelons Afrique, est nommée Africa par les Latins, par les Italiens & par les Espagnols, par les Anglais et autres peuples de l'Europe, Ephrikia par les Turcs ; Alkebulan par les Arabes ; Besecath par les Indiens, et Iphrikia ou Aphrikia par les peuples du pays. Les Grecs l'ont nommée Lybie, puis Afrique[9]. »

Olfert Dapper, Humaniste hollandais, en fait mention dans Naukeurige Beschrijvinge der Afrikaensche Gewesten, connu en français sous le nom de Description de l'Afrique, paru en hollande en 1676 et traduit en français pour parution en 1686, ce qu'A. P. de La Croix reprendra plus tard.

« Feftus & les plus célèbres geographes conviennent unanimement à dériver le mot d’Afrique de la langue Grecque. »

puis ;

« Elle étoit aussi appellée communément chez eux Lybie ; Mais aujourd’hui il n’y a qu’une partie de l’Afrique qui porte ce nom. Les Grecs lui donnoient encore plufieurs autres noms comme Olympie, Oceanie, Coriphe, Hefperie, Ortygie, Ammonide, Éthiopie, Cyrene, Ofiufe, Cephenie & Erie. Mais les Latins se sont contentez de ceux de Lybie et d’Afrique. Le premier selon leur sentiment à tiré son origine de Libye fille d’Ephaphus fils de Jupiter, & le second d,Afer fils d’Hercule le Libyen. Thevet dans la Géographie dit que les Mores l’appellent Alkebulan et les Indiens Bezecath[10]. »

Antoine Phérotée de La Croix, dans le discours préliminaire de Relation universelle de l'Afrique, ancienne et moderne évoque les notes de l'explorateur et écrivain-géographe français André Thévet au sujet d'Alkebulan :

« Les Mores, dit Thévet, la nommèrent Alkebulan, les Indiens Bezecath, les Arabes Ifriquie, mot qui vient de Faruch et signifie une chose séparée, comme est l'Afrique[11]. »

Il semble que les variantes locales furent différentes entre elles, mais que l'appellation européenne transmise par les Grecs se soient imposée dans l'époque moderne au détriment d'autres appellations, incluant Alkebulan.

Les écrits européens font la lumière sur la confusion contemporaine entre Arabes et Maures, subtilité qui peut expliquer pourquoi le dialecte maure tiendrait Alkebulan comme nom de l'Afrique et non la langue arabe directement bien que de les racines étymologiques soit intrinsèquement liées.

Usage contemporain[modifier]

Aucune source antique ne semble corroborer un usage ancien du terme et les travaux le relayant ne mentionnent pas les circonstances, le lieu ou l'auteur de sa découverte[1],[12].

Les sources contemporaines semblent néanmoins valider ce fait tout en diversifiant les appellations connues pour le continent par d'autres nations extérieures à l'image de l'Inde, ou de la Turquie, cité par Phérotée de La Croix et Moréri[réf. nécessaire].

Le terme Alkebulan est popularisé par son usage dans plusieurs discours, panafricains et néo-panafricains l'utilisant pour revendiquer une culture africaine ancestrale commune subvertie par les incursions européennes sur le continent[13].

Il est également connu parmi les afro-descendants et Africains, en particulier dans un contexte contemporain de réappropriation de leur culture historique.

Dans son roman auto-édité, Affairs of a Bowlers Heart, Darrel Dawson prend également ce parti. « Toutes les nations africaines sont devenues des sociétés intégrées quand les Perses, les Hittites, les Grecs, les Romains et les Arabes ont envahis ces régions dans les royaumes de Kush et Khemet en Alkebu-Lan aussi connu sous le nom d'Afrique »[14]. Il utilise aussi le terme pour décrire ce qui selon lui constituait la société africaine primitive, qu'il décrit comme très avancée, comportant des fermes, animaux domestiqués et foyers de peuplements important dès 10 500 av. J.-C.. Cette hypothèse n'est pas corroborée par la recherche archéologique datant la domestication du bétail en Afrique vers 7 500 à 6 000 ans av. J.-C. et précédant l’agriculture[15],[16].

Dans la culture[modifier]

  • Al-Kabulan est un titre de jazz de l'artiste Nolan Shaheed (en) sorti en 2015.
  • Alkebu-Lan - Land Of The Blacks est un album du groupe Mtume sorti en 1975.

Références[modifier]

  1. 1,0 et 1,1 (en-US) « What Is Africa's Original Name? », sur The Guardian, (consulté le 10 juillet 2020)
  2. « La carte de ce que serait l'Afrique si l'Europe ne l'avait jamais colonisée », sur Atlantico,
  3. (en) John Ralph Willis, Slaves and Slavery in Africa: Volume One: Islam and the Ideology of Enslavement, Routledge, (ISBN 978-1-317-79213-0, lire en ligne)
  4. David Bramoullé, Les Fatimides et la mer (909-1171), Brill, , 776 p. (lire en ligne), p. 86.
  5. Le Routard, « Libye, Climat et météo », sur Routard.com, (consulté le 10 juillet 2020)
  6. (en) Monica Rius, « Finding the Sacred Direction : Medieval Books on the Qibla », Astronomical Society of the Pacific Conference Series, vol. 409,‎ , p. 177 (lire en ligne, consulté le 11 juillet 2020).
  7. André Thévet, La cosmographie universelle d'André Thevet, cosmographe du roy : Livre Troisième de la cosmographie universelle d'A. Thevet, (lire en ligne), chapitre 1. (Orthographe modernisée dans la citation.)
  8. André Thévet, La cosmographie universelle d'André Thevet, cosmographe du roy : Livre Troisième de la cosmographie universelle d'A. Thevet, (lire en ligne), chapitre 1.
  9. Louis Moréri, Le Grand dictionnaire historique : ou Le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane, (lire en ligne), p. 151.
  10. Olfert Dapper, "Naukeurige Beschrijvinge der Afrikaensche Gewesten" : Description of Africa, Amsterdam, Chez Wolfgang, Waesberge, Boom, & Van Someren, (lire en ligne), p. 2
  11. Antoine Phérotée de La Croix, Relation universelle de l'Afrique, ancienne et moderne : discours préliminaire, (lire en ligne), p. 36.
  12. (en) Yosef ben-Jochannan, Africa: Mother of Western Civilization, Black Classic Press, (ISBN 978-0-933121-25-6, lire en ligne)
  13. « Découvrez le nom original de l’Afrique et comment elle a obtenu son nom actuel », sur AfrikMag, (consulté le 10 juillet 2020)
  14. (en) Darrel Dawson, Affairs of a Bowlers Heart, Lulu.com, (ISBN 978-1-304-19593-7)
  15. Jared Diamond, De l'inégalité parmi les sociétés, essai sur l’homme et l’environnement dans l’histoire [« Guns, Germs and Steel. The Fates of Human Societies »], Gallimard, coll. « NRF essais », (1re éd. 1997), 484 p. (ISBN 978-2-07-075351-2).
  16. Raymond Lanfranchi et Dominique Schwartz, Paysages quaternaires de l'Afrique centrale atlantique, IRD Editions, , 535 p. (lire en ligne), p. 216-217.

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