A Grip on Life

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Une prise sur la vie

A Grip on Life
Image illustrative de l’article A Grip on Life
Auteur Romain Gandillet
Langue Anglais
Traduction française
Traduction Dorian Pâquet
Date fictive Pendant la pandémie de Covid-19

A Grip on Life (français : Une prise sur la vie), P. L28, est une nouvelle de Romain Gandillet publiée en 2021.


A Grip on Life est originellement rédigé en anglais par l'écrivain français Romain Gandillet entre le et le .

Une traduction française est effectuée par Dorian Pâquet le 13 mars 2021.


Le narrateur se promène dans sa ville. Soudain, une ombre apparaît. Cette ombre se révèle être celle d'un malfaiteur qui vole l'amulette du protagoniste. Ce dernier va tout faire pour le récupérer... Va-t-il réussir ?


Page de couverture de la nouvelle rédigée originellement en anglais. Le texte est navigable à loisir via un menu si l'image ici présente est cliquée.

Saturday midnight. I was calmly strolling down the derelict streets of the city, walking along an abandoned channel. Leaves were swiftly rustling out in the chilly open, like a murmur praying to be heard.

Street lamps were dimly lit up, projecting their sad yellowish halos on that dreaded pavement which must’ve been trodden countless times, time and time again, wearing it out, tiring it…

Pleasant fragrances of amber — that sweet, old amber, reminiscent of the ancient days — were entering my nostrils, and were soothing me under the black canvas of that sacred summer evening.

I felt undisturbed. Weightless. Serene. Damned mask off, feeling happy, hands in my pockets, hoodie being worn, a smile on my innocent, gleaming face.

Suddenly, I could spot a vague silhouette. There. Right in front of my eyes. Its were shining in a sinister manner, staring at my skin. As my pulse began to quicken, I came to realize that the shadow could bounce on me anytime. I stood idle. Right where I was. Between panic and fear. I had no other choice but to do a one-eighty in frenetic haste. The enigma started attacking me directly, head to shoulders. I started fighting, — kicking, — helpless.

“Leave me alone! Dog! Rascal!” I shouted.

The scene turned fierce. Weird. Wild. Intense. I felt like my clothes were being ripped by the monster’s own bare hands. I had no possibility of escaping, as it would run back to me as soon as I’d walked even a few centimeters away from it.

“Help!!” I shrieked at the top of my shrill voice, emptying all the air, heart, and soul I had left in my weary lungs.

My yell to the rescue was in vain. No-one gave any signs of life, let alone responded. The only thing I’d have ultimately got out of that situation would’ve been the eventuality of me getting arrested for nighttime disturbances.

“Hey, you! Just what on earth do you think you’re doing? Didn’t I just tell you to leave me alone?!” I muttered, face to face, eye to eye, clenching my teeth with a hopefully menacing expression, my eyes angry and wide open.

Sadly, all my cries were muffled by the nocturnal echoes. A final punch whacked and nailed me to the cold, rigid ground. I was having the impression that my fragile skull was on the verge of collapsing, cracking wide open. Suffering would inevitably ensue.

Thankfully, I felt nothing.

The mysterious creature laughed to itself for a bit. It saw my defeat as an advantageous opportunity to outright steal my amulet! It was there, deep in my left pocket. That thing was very precious to my eyes, as it had belonged to my grandfather. Losing it was one of the worst things that happened to me. That was the last darned straw.

— H… Hey! No… wait! That’s mine! Give it back!

I’d jolted up from the cool tarmac and begun to run after the thief. The chase must’ve been quite a sight to behold for the entire neighborhood.

I found myself running. Running along the river. Running at a fast pace, in fact, as fast as my short, stout legs could possibly carry me. My breath went quickly dying away.

The thief was far ahead of me. I could not catch up with it. I simply could not.

Then, for some unknown reason, the dastardly beast thought it was a good idea to throw my amulet in the darned river as if it were a mere piece of junk! For real, now. I had lost one of the most valuable things known to me. A fateful choice thus came along. Would I want to stop there? Or be brave, and attempt to fetch the blasted amulet down there?

The decision was readily made. My palms jutting forward, I prepared to plunge from a high standpoint. 3, 2, 1, go! Down I dived into the greenish-blue, toxic-seeming water. Upon contact with the dirty fluid, I almost hit the rock bed, and soon after started searching for the lost artifact. I knew… I knew it was somewhere down deep, among the mossy minerals. The villain was looking at me ominously and quizzically. I responded with a perplexed look.

After several long minutes of unsuccessful searching, my right foot fell upon something metallic and plastic. It felt round to the touch. It definitely was my amulet. It got clutched and fished up by my toes. At least they’d have been useful for something.


The baddie said from up top, loudly and proudly:

“So you found your stupid toy, huh?”

After it had rolled its eyes while smiling threateningly, it simply concluded:

“Night, loser. Don’t let the bed bugs bite!”

The shadow ambled away with a mocking, greasy laugh.

I smiled in a polite yet phony way to myself, as to reconcile the sarcastic and cruel side of what the hell had just happened.

I found myself completely drenched. From head to foot. I was not only covered in utter filth, but also very confused by all those events. I couldn’t believe all that must have happened to me.

I’d just realized that, sometimes, no matter what, no matter how badly one wants something in life, the latter will find a way to screw that sad fellow up. Can we always ensure having… a grip on life?

I let out a short, tired sigh.

Heck. Let’s head home. Let’s enjoy a bath. You — behind the pages — and me.

Traduction française (D. Pâquet)[modifier]

Page de couverture de la nouvelle traduite en français par Dorian Pâquet. Le texte est navigable à loisir via un menu si l'image ici présente est cliquée.

Samedi, minuit. Je déambulais calmement dans les rues délabrées de la ville, marchant le long d’un canal abandonné. Les feuilles bruissaient doucement dans l’air frais, tel un murmure priant pour être entendu.

Les lampadaires éclairaient faiblement, projetant leurs tristes halos jaunâtres sur ce redoutable trottoir qui avait dû être foulé d’innombrables fois, encore et encore, l’usant, le fatiguant…

D’agréables parfums d’ambre — ce vieil ambre doux, rappelant les jours anciens — entraient dans mes narines et m’apaisaient sur le fond sombre de cette divine soirée d’été.

Je me sentais intouchable. Léger comme l’air. Serein. Ce fichu masque enlevé, je me sentais heureux, les mains dans les poches, en sweat à capuche, un sourire sur mon visage innocent et radieux.

Soudain, j’aperçus une mystérieuse silhouette. Là. Juste sous mes yeux. Cela brillait sinistrement et fixait ma peau. Alors que mon pouls s’accélérait, je réalisai petit à petit que l’ombre pouvait bondir sur moi à tout moment. Je restai figé. Juste là où j’étais. Entre la panique et la peur. Je n’avais pas d’autre choix que de faire demi-tour les jambes à mon cou. La créature commença à m’attaquer directement, de la tête aux épaules. Je commençai à me débattre, — à donner des coups de pied, — sans défense.

« Laisse-moi tranquille ! Chien ! Coquin ! » criai-je.

L’agression devint féroce. Bizarre. Sauvage. Intense. J’avais l’impression que le monstre déchirait mes vêtements à mains nues. Je n’avais aucune chance de m’échapper, car il revenait vers moi en courant dès que je m’éloignais de lui ne serait-ce que de quelques centimètres.

« À l’aide ! » criai-je de toute ma voix stridente en siphonnant tout l’air, le cœur et l’âme qui me restaient dans mes poumons fatigués.

Mon appel à la rescousse fut vain. Personne ne donna le moindre signe de vie. La seule chose que j’aurais finalement tirée de cette situation aurait été l’éventualité de me faire arrêter pour tapage nocturne.

« Hé, toi ! Mais qu’est-ce que tu crois faire ? Je ne viens pas de te dire de me laisser tranquille ? » marmonnai-je, face à face avec la chose, mes yeux dans les siens, en serrant les dents avec une expression que j’espérais menaçante, le regard furieux et les yeux grands ouverts.

Hélas, tous mes cris furent étouffés par l’air épais de la nuit. Un dernier coup de poing me heurta et me cloua au sol froid et rigide. J'avais l’impression que mon crâne fragile allait se fendre en deux. La souffrance allait inévitablement s’ensuivre.

Par chance, je ne ressentis rien.

La mystérieuse créature rit un peu dans ses moustaches. Elle semblait voir ma défaite comme une opportunité pour me voler quelque chose. Mon amulette était là, au fond de ma poche gauche. Cet objet était très précieux à mes yeux, car il avait appartenu à mon grand-père. La perdre aurait été l’une des pires choses qui me soient arrivées. Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase.

— H… Hé ! Non, attends ! C’est à moi ! Rends-la-moi !

Je me levai d’un bond du macadam frais et me mis à courir après le voleur. La poursuite dut servir de spectacle à tout le voisinage.

Je me suis retrouvé à courir. Je courais le long de la rivière. À un rythme rapide, en fait, aussi vite que mes petites jambes robustes pouvaient me porter. Mon souffle se coupa rapidement.

Le voleur avait beaucoup d’avance sur moi. Je ne pouvais pas le rattraper. Je ne pouvais tout simplement pas.

Puis, pour une raison qui m’échappait, l’ignoble bête prit mon amulette pour un simple déchet et la jeta dans la rivière. Comme si c’était une bonne idée. J’avais perdu l’une des choses les plus précieuses que je connaisse. Pour de vrai, cette fois. Un choix fatidique se présenta à moi. Voudrais-je m’arrêter là ? Ou être courageux, et tenter d’aller chercher cette maudite amulette en bas ?

Je ne pris pas beaucoup de temps à me décider. Les paumes en avant, je me préparai à plonger de haut. Trois, deux, un, c’est parti ! Je plongeai dans l’eau bleu-verdâtre, à l’apparence toxique. Au contact du fluide trouble, je faillis percuter le lit de roches, mais sitôt après je me mis à la recherche de l’artefact perdu. Je savais… Je savais qu’il était quelque part au fond, parmi les minéraux moussus. Le méchant me regardait d’un air mauvais et interrogateur. Je lui répondis d’un regard perplexe.

Après plusieurs longues minutes de recherches infructueuses, mon pied droit buta sur quelque chose de métallique et de plastique. Il était rond au toucher. C’était bien mon amulette. Je l’attrapai et la repêchai par mes orteils. Au moins, ils auront été utiles à quelque chose.

Hourra !

Le méchant dit d’en haut avec force et fierté :

« Alors, tu as trouvé ton stupide joujou, hein ? »

Après avoir roulé des yeux tout en souriant d’un air menaçant, il conclut simplement :

« Bonne nuit, loser. Ne laisse pas les punaises des lits te piquer ! »

L’ombre s’éloigna avec un rire moqueur et gras.

Je me suis souri poliment mais avec fausseté, comme si je voulais essayer de concilier les côtés sarcastique et cruel de ce qui venait de se passer.

Je me suis retrouvé complètement trempé. De la tête aux pieds. J’étais non seulement couvert de crasse, mais j’avais aussi l’esprit très confus par tous ces événements. Je n’arrivais pas à croire tout ce qui avait dû m’arriver.

Je venais de me rendre compte que, parfois, quoi qu’il arrive, peu importe à quel point on veut quelque chose dans la vie, celle-ci trouve le moyen de nous bousiller. Peut-on toujours être sûr d’avoir… une prise sur la vie ?

Je laissai échapper un court soupir fatigué.

Zut. Rentrons à la maison. Prenons un bain. Toi — derrière les pages — et moi.

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